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Le festival « La voix est libre » est menacé. Mobilisons nous !

Ecoutez l’émission du 11avril avec Blaise Merlin
Depuis une décennie ce festival est l’un des seul à défendre des artistes inclassables (connus ou pas, qu’il s’agisse de Joëlle Léandre, Akosh S., Dgiz, Fantazio, Catherine Jauniaux, JF-Pauvros, Natacha Muslera…) dans une salle parisienne prestigieuse, les Bouffes du Nord. Nous présentons chaque année des projets de créations (qui intègrent le théâtre, la poésie, le cirque et la danse à l’image de Josef Nadj, Camille Boitel, Jörg Müller, Jeanne Mordoj…) devant un public fervent, jeune, mélangé – les dernières éditions se sont jouées à guichets fermés – ainsi que des dizaines de programmateurs, responsables de scènes nationales, CDN, festivals et autres structures venus de toute la France. La Voix est Libre, c’est aussi une réflexion incessante sur le sens d’une création ouverte, libre et exigeante dans une société en pleine mutation, avec les interventions inoubliables de personnalités telles qu’Édouard Glissant, Albert Jacquard, Serge Latouche, Miguel Benasayag ou encore de l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan…

Or, comme nous l’explique Blaise Merlin le programmateur et fondateur du festival pour la première fois depuis 2003, l’ADAMI ne renouvelle pas son aide de 12 000€ (sur un budget de 120 000€) au festival Jazz Nomades/La Voix est Libre, mettant en péril les 14 spectacles (dont 5 créations trans-disciplinaires) présentés cette année ainsi que l’ensemble du travail de la structure. Cette défection brutale est d’autant plus inexplicable que l’ADAMI avait toujours assuré l’équipe du festival de sa confiance et expliqué qu’un festival ne pouvait être écarté de son dispositif de soutien sans être prévenu suffisamment à l’avance. Le festival commence dans moins de deux mois, les contrats sont déjà négociés, les billets d’avion et de train des artistes, achetés, le personnel de production et de communication non-permanent est au travail …

Aujourd’hui l’équipe du festival, qui s’entasse à 4 dans un bureau avec des salaires minimums, travaillerait-elle 10h par jour pour la mort d’un espace d’expression nourrissant l’espoir de toute une génération d’artistes et de spectateurs pour lesquels il est vital de résister au clivage des genres et des identités humaines, à l’économicisation et la segmentation de toute forme de pensée, de création et de rencontres ? Est-il utopique de croire que l’on puisse encore défendre sans concession des valeurs telles que la liberté d’expression, la culture, la création, le vivre-ensemble, la déghettoïsation, la curiosité, le partage, dans le respect des lois, du code du travail, avec le soutien des institutions et des sociétés civiles ? Que restera-t-il dans cinq ans, dix ans, vingt ans, si même une action aussi plébiscitée que « La voix est libre » sur le plan médiatique, public, artistique et professionnel (pour ne pas dire éthique, politique et philosophique), encore pleine d’énergie et de promesse, sur le point de défendre des projets artistiques sur le plan national et international, venait à exploser en plein vol?

1 commentaire

  • Eugénie Barbezat dit :

    le 13 avril, la presse « Nationale » s’empare de l’affaire !
    > De : Blaise merlin [mailto:blaisemerlin@jazznomades.net]
    > Envoyé : mercredi 13 avril 2011 11:38

    > Objet : URGENT / Article Libération – La Voix est Libre
    >
    > Bonjour,
    >

    > veuillez trouver ci-joint l’article de Dominique Queillé paru dans Libération ce matin, page 27.
    >
    >
    > Bien cordialement,

    >
    > Blaise Merlin/l’Onde & Cybèle
    >
    > Directeur artistique
    >
    Le même jour l’ADAMI par la voix de son directeur, s’en inquiète … le mail ci-dessous est un tissus de menaces implicites !!!!

    Le 13/04/11 11:40, « Bruno BOUTLEUX » a écrit :

    > Bonjour
    >
    > L’Adami devient la cible de nombreux médias. C’est d’une très grande injustice et nous n’en resterons pas là.
    >
    > Je le regrette.
    >
    > Sachez aussi que de nombreux financeurs s’interrogent sur cette vague démesurée de réactions.
    >
    > B Boutleux
    >
    Enfin, la réponse, mesurée de Blaise Merlin.

    >
    Cher Bruno,

    Je m’en suis strictement tenu à la ligne de conduite que je vous avais annoncé. Nous n’avons mis en ligne sur notre blogue aucun mail ou réponse tenant des propos diffamatoires où accusateurs à l’encontre de l’ADAMI (nous en avons même mis certains enligne en coupant les propos qui pouvaient l’être avec l’accord de leur rédacteurs), nous nous sommes UNIQUEMENT contenté du communiqué que je vous ai tranmis dès le départ, en insistant par la suite, comme vous m’avez demandé de le faire, sur le soutien fidèle et appuyé de l’ADAMI depuis 2003 (comme cela est déjà dit dans notre communiqué).

    Encore une fois en-dehors de la situation catastrophique dans laquelle cette décision nous plonge je n’ai aucun grief vis-à-vis de l’ADAMI et de ses administrateurs, bien au contraire, et nous nous sentons nous-même dépassés par l’ampleur et la virulence de certaines réactions qui nous parviennent, en particulier de la part des artistes mais aussi de la presse et des professionnels.

    A fin que cela soit entendu et qu’aucune fausse accusation ne soit portée à notre égard, j’envois cette réponse à l’ensemble des partenaires, artistes et journalistes qui ont reçu nos informations.

    Bien cordialement,

    Blaise Merlin/l’Onde & Cybèle
    Directeur artistique


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