Radio : émissions 2013

Rétention : le respect des droits des étrangers, c’est pour quand ?

Téléchargez l’émission du 14 janvier avec Clemence Richard de la cimade Écoutez l’émission du 14 janvier avec avec Clemence Richard de la cimade

retentionNi le changement de gouvernement, ni les condamnations par l’Europe n’ont pour l’instant changé la situation: la France continue d’expulser massivement, et dans un contexte de recul des droits, tel est le constat établi par cinq associations (la Cimade, France Terre d’Asile, Forum réfugiés, l’Assfam et Ordre de Malte) dans le rapport commun sur l’état de la rétention en France en 2011.

Clémence Richard, en charge des questions d’éloignement à la Cimade Ile-de-France, dresse la liste des pratiques injustes, illégales et inhumaines dont demeurent victimes les étrangers en situation irrégulière alors même que le candidat Hollande s’était engagé à faciliter leur accès au droit et à un traitement non discriminant.  Plus d’un semestre après son élection à la tête de l’État, force est de constater que la politique menée e matière d’accueil des migrants est en totale continuité avec celle largement dénoncée des son prédécesseur.

Par ailleurs, l’appel d’offre concernant le « marché de la rétention » contient des clauses alarmantes, traduisant une politique d’intimidation des association qui interviennent dans les centres de rétention et visant à restreindre Lire la suite et partager »

radio : émissions 2011

Rétention illegale !

Écoutez l’émission du 5 septembre avec Clémence Richard et Serge Portelli
Ouvert en toute discrétion estivale le 31 aout dernier, à proximité de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, le centre du Mesnil-Amelot  est le plus grand centre de rétention  administrative pour étrangers. D’une capacité totale de 240 place, soit le double du maximum prévu par la loi, ce véritable camp, de conception carcérale, est composé de 6 unités de vie de 40 places autour de deux bâtiments administratifs jumeaux, eux-mêmes reliés par une passerelle de commandement tandis qu’une double enceinte grillagée et barbelée entoure l’ensemble du camp équipé de caméras et de détecteurs de mouvements ainsi que d’un mirador de contrôle. Autre nouveauté, comme nous le précise Clémence Richard, coordinatrice en charge des questions de rétention à la CIMADE Ile-de-France, ce lieu est « ouvert » aux familles et donc aux enfants. En effet, ce jour, sont enfermés une mère de famille géorgienne et ses trois enfants de 5, 2 et 1 ans, tous nés en France. Alors même qu’un recours est en cours, ils ont été arrêtés à leur domicile, à Guéret dans la Creuse, le 30 août au matin. Le père lui n’était pas présent à ce moment-là au domicile. Illégal car contraire à la Convention internationale des droits de l’Enfant, l’enfermement est au surplus, pour ces derniers, un véritable traumatisme, comme l’ont clairement affirmé diverses institutions indépendantes, telles le Conseil de l’Europe, la Commission nationale de déontologie de la sécurité et la Défenseure des enfants.  Arrêtés avec leur famille dans des conditions souvent violentes, arrachés brutalement à leur vie quotidienne, privés de scolarisation et d’activités, ces enfants sont aussi confrontés à l’angoisse et à la dévalorisation de leurs parents qu’ils voient menottés, entourés de policiers , présentés devant des juges, tels des délinquants.

Les associations intervenant dans les CRA auprès des familles retenues, peuvent témoigner des symptômes révélateurs d’un délabrement psychique au quotidien, causé par la rétention sur les enfants. D’autant que la durée maximale de l’enfermement a récemment été portée à 45 jours, ce qui accroît encore les risques de traumatismes psychologiques. Rappelons que les centres de rétention et zones d’attente sont les seuls lieux où des enfants de moins de 13 ans peuvent être enfermés, comme si le seul fait d’être étranger rendait cette maltraitance institutionnalisée acceptable.  Récemment encore, la juridiction de Lille a sanctionné cette pratique au motif qu’elle constituait un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la CEDH. La Cour européenne elle-même a condamné cette pratique dans une affaire concernant la Belgique. Lire la suite et partager »