Livres, Radio : émissions 2012

L’ère pavillonnaire ou le conditionnement par l’habitat

Écoutez l’émission du 21 mai avec Jean-Luc Debry

Dans « Le Cauchemar pavillonnaire », qui vient de paraitre aux éditions L’échappée, Jean Luc Debry, également auteur de « Tous propriétaires », décrypte les enjeux économiques, sociaux et politiques qui  ont motivé, depuis le 19e siècle la promotion de l’habitat individuel et de la propriété. Ainsi les  lotissements qui envahissent inexorablement les abords des villes et des villages, selon un modèle administratif et économique qui, indifféremment du lieu, se reproduit à l’identique  incarnent un idéal et un mode de vie fondés sur l’aliénation désirée. Une servitude volontaire qui se traduit par l’obsession de l’hygiène et de la sécurité, le culte de la marchandise et de la propriété privée ont remplacé les solidarités et la culture de résistance des classes populaires. L’expérience de la relation à autrui se réduit au désir mimétique de posséder les mêmes signes de la réussite individuelle. Cet univers, parfaitement structuré, enferme l’imaginaire dans un espace étriqué, accentue le repli sur soi et appauvrit la vie sociale. L’espace, quadrillé, découpé en plans de circulation, repose sur une logique de flux. La notion de « ville » – et bientôt de « campagne » – s’efface. Désormais réduites à leur centre historique, les villes sont cernées par des zones spécialisées : industrielles, commerciales, résidentielles, vertes, de loisir… Les enjeux de pouvoir se sont toujours traduits dans l’organisation de l’espace social. Tout système politique peut être analysé au travers de son architecture. Ce livre permet de comprendre celui dans lequel nous vivons. D’une plume alerte, dans un style parfois poétique et surtout doté d’un humour (féroce, à l’occasion), l’auteur nous prouve ainsi que le plaisir d’écrire ne nuit en rien à la rigueur de l’analyse. Il en va des mots comme des maisons, leur agencement, s’il laisse la place à d’heureux hasards, à certains raccourcis fulgurants, à des rapprochements inattendus, stimule l’imagination…. Un pas vers la liberté ! Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2012

Tricolore, ou comment la droite et l’extrème droite occupent l’espace visuel.

Écoutez l’émission du 16 avril avec Zvonimir Novak

Dans ce livre richement illustré, Zvonimir Novak raconte l’histoire visuelle de la droite et de l’extrême droite en France depuis 1880. Tricolore, paru aux éditions l’Echappée se propose d’analyser la production graphique et de confronter les thématiques de ces courants politiques ce qui permet de saisir leur idéologie et de comprendre leur histoire. Quels symboles utilisent-ils ? Quelles valeurs défendent-ils ? Qu’en est-il du racisme et de la xénophobie ? Existe-t-il toujours une imagerie antisémite ? Comment sont représentés la gauche, les femmes, les jeunes… ? Lutte des signes et combat politique se mêlent. L’imagerie de la gauche et de l’extrême gauche occupe aujourd’hui bien plus l’espace public et notre imaginaire que celle des droites. L’image serait-elle par essence émancipatrice ? La droite utilise-t-elle d’autres moyens pour convaincre et mobiliser ? Ce livre montre que sa propagande graphique n’a pourtant jamais cessé. Elle a même été souvent surprenante et explosive ! Campagnes de soutien au général Boulanger, activisme désespéré de l’OAS, multiplication des affiches sous Pétain, tribulations poujadistes, virtuosité visuelle du gaullisme à la Libération, qui sombre dans les pommes de la chiraquie 50 ans plus tard, Front national producteur d’images en tout genre, impact graphique des identitaires aujourd’hui… Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2012

Les chroniques du nord sauvage, puisent dans les racines des bois enchantés la force d’atteindre le ciel !

Écoutez l’émission du 2 avril avec Pierre Dubois

« Le Nord de la France n’est pas une région : c’est un laboratoire à ciel ouvert. Deux siècles durant, l’industrie l’a empoigné, modelé, pressuré. Puis jeté : adieu textile, acier, charbon ! Aujourd’hui, chômage à tous les étages et laideur installée à demeure : le Nord est notre avenir, celui des lendemains qui déchantent. Pierre Dubois l’a arpenté longtemps. Il a découvert que sous la couche de béton, de bagnoles et d’ennui, existait une contrée différente, où vivent des êtres singuliers, qu’il nous raconte ici. P’tit Louis, Oxybe, Marie-Louise et les autres résistent à la modernité, sans drapeau et sans bruit. Ils suivent le rythme naturel de leur bon sens, de leur instinct ; connaissent les mots perdus, les vieilles comptines, les légendes oubliées ; sont proches des animaux, attentifs aux saisons. Ils sont libres. Pierre Dubois est à la fois du Nord et d’ailleurs, d’un autre monde, celui du petit peuple et des anciennes croyances. Il sait écouter, et merveilleusement conter, d’une écriture qui foisonne et bourgeonne de partout. Sous sa plume, les gens de peu relèvent la tête, indomptés », je ne pourrais mieux vous dire qu’il faut lire ces Chroniques du nord sauvage, qui viennent d’être ré éditées aux éditions de l’Échappée ! La belle voix de l’auteur, invité téléphonique de Liberté sur paroles ce lundi et son poétique enthousiasme achèveront, je crois de vous en convaincre….

À ne rater sous aucun prétexte, la préface du toujours excellent Jean-Luc Porquet !

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Livres, radio : émissions 2011

L’horreur manageriale : gérer, instrumentaliser, contenir… et detruire tout ce qui échappe aux lois du marché !

Écoutez l’émission du 21 novembre avec Etienne Rodin

 

Le livre d’Etienne Rodin, décrit, d’une plume alerte, comment, au delà même de l’entreprise, nos sociétés occidentales sont gangrénées par l’idéologie managériale. Le management, cette technologie sociale érigée en discipline scientifique par les « gourous » du rendement, coachs, consultants et autres penseurs des organisations, serait la manière la plus efficace de gérer des individus et des projets pour atteindre des objectifs. Entendez plutôt : comment obtenir toujours plus avec toujours moins de moyens. Avatar de l’économisme, c’est-à-dire de l’économie pensée comme finalité de l’activité humaine, le management entend faire de l’homme une ressource qui doit être rentabilisée le plus possible, et ce dans tous les domaines. Il s’agit de tout étudier, tout formaliser, tout programmer, tout vérifier, au nom de l’anticipation permanente, du contrôle et de l’évaluation, de la qualité et de la performance. Le management est une discipline – au sens disciplinaire du terme – médiocre et subtile à la fois. Médiocre car elle tente d’opérer une réduction anthropologique qui ferait de nous, corps et âmes, les instruments du profit édifié en principe existentiel. Subtile car elle est aussi bien capable de nous susurrer des mots doux que de nous presser comme des citrons, sous prétexte de favoriser notre réussite, et même notre « bonheur ». Mais comment sortir de ce piège ? Regarder ailleurs, se tourner vers l’histoire pour comprendre que ce système que l’on nous présente comme naturel et normal, n’est en fait, ni l’un, ni l’autre. Ou alors fermer les yeux et tenter de réfléchir, aux notions essentielles de désir et de plaisir…. Et réaliser soudain que ces deux éléments indispensables, vitaux, peuvent échapper aux lois du marché…. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2010

« Vus de Dos », 30 ans de dessins plus que politiques par CARDON

Ecoutez l’émission du 13 décembre avec Jean-Luc Porquet
Jean -Luc Porquet, journaliste au Canard Enchainé et préfacier de « vus de dos », nous parle de son ami Cardon et de cet album «  vengeur et méchant » qui vient de paraitre aux éditions L’échappée. Né en 1936, CARDON (Jacques-Armand de son prénom), fut ouvrier à l’arsenal de Lorient, avant de s’échapper vers le dessin. Il collabora à Plexus, Hara-Kiri, Le Fou parle, Politique-Hebdo, L’Humanité Dimanche avant d’atterrir au Canard enchaîné en 1974, où ses fidèles  le guettent chaque semaine, et s’en réjouissent à l’avance comme on se réjouit d’un bon tour façon Robin des bois, d’un coup de patte qui met dans le mille, d’une injustice réparée : depuis plus de trente ans, dans le Canard enchaîné, le dessinateur Cardon exécute d’un trait les puissants et les faux-culs du jour, d’une manière qui n’appartient qu’à lui : il les dessine de dos. Lire la suite et partager »