Emissions en partenariat avec la Cimade, Radio : émissions 2014

Réforme du droit d’Asile : vers une loi qui restreint les droits des réfugiés et renforce leur controle

Téléchargez l’émission du 6 janvier avec Antoine Decourcelle
Ecoutez l’émission du 6 janvier avec Antoine Decourcelle

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« Habiter la terre », une œuvre de Barthélémy Toguo

Antoine Decourcelle, chargé des questions d’asile à la Cimade Ile-de-France, décrypte pour nous les suggestions du rapport Létard/Touraine concernant la réforme du droit d’asile. Les deux parlementaires voient dans le « dévoiement du droit d’asile » par des migrant-e-s économiques la cause de la crise du système. Les différents aspects de ce projet de réforme cachent sous des intitulés humanistes et généreux des préconisations visant en fait à renforcer les contrôles sur les personnes qui demandent le statut de réfugiés en France et reviennent en fait à durcir le dispositif d’asile. En mai 2013, le projet de réforme du droit d’asile, promesse de campagne de François Hollande, avait été évoqué par Manuel Valls. Une réforme que l’ensemble des associations et des institutions œuvrant dans  ce domaine juge en effet urgente et nécessaire. Hélas au terme d’une consultation de pure forme de ces mêmes acteurs de terrains, le rapport  sur le sujet remis par la sénatrice Valérie Létard et le député Jean-Louis Touraine au ministre de l’intérieur, Manuel Valls le 28 novembre 2013 est plus que décevant. Lire la suite et partager »

Manifestations, Radio : émissions 2012

L’alter-campagne citoyenne « Libérons les élections » : parce que leurs valeurs ne sont pas les notres !

Écoutez l’émission du 2 avril avec Gregoire Niaudet, Chargé de Projets Plaidoyer au Secours Catholique, Marie Henocq de la CIMADE, Bernard Salamand, président du CRID (Centre d’Information et de Recherche sur le Développement)

Une visite de Paris pas comme les autres ! Le 28 mars 2012, les collectifs, réseaux et organisations signataires de l’initiative “Libérons les élections, Des alternatives pour réinventer la démocratie”  ont organisé une conférence de presse mobile dans Paris en bus impérial . Au programme, plusieurs arrêts devant des lieux symboliques illustrant les thèmes de l’initiative, accompagnés par les commentaires des membres des organisations présents dans le bus (Jeudi noir, la Cimade, RESF, le CRID, Colibris, le Pacte Civique, le Secours Catholique, ATTAC, la Ligue des Droits de l’Homme, le CCFD – Terre Solidaire, Survie, le Collectif Ethique sur l’étiquette, la Coordination nationale des Comités de défense des Hôpitaux et maternité de proximité).

Plus de 40 organisations signataires de cet appel veulent s’emparer des enjeux démocratiques dans le cadre des élections de 2012. Décidés à redonner une énergie indispensable à la vie publique et au débat politique et à faire reconnaitre l’action et les valeurs de la société civile, dans le respect de la diversité, des identités de chacun et des engagements de tous, nous appelons les adhérent-es et les militant-es des organisations/réseaux/mouvements à se mobiliser à travers toute la France. Les élections présidentielles et législatives de 2012 vont être l’occasion de choix majeurs. Le contexte de crise et la gravité des effets sur les citoyens des mesures censées y répondre rendent ces choix aussi difficiles qu’essentiels pour l’avenir, selon qu’ils chercheront ou non à redéfinir les bases de notre contrat social. Dans le respect de la diversité et des choix de chacun, les signataires sont rassemblés dans le refus d’un discours basé sur la peur, prônant des mesures régressives et discriminantes. Ces élections doivent être l’occasion de proposer une ambition politique et démocratique au pays et à ses habitant-e-s fondée sur la défense et la promotion des droits fondamentaux partout et pour tou(te)s ainsi que des réformes institutionnelles profondes dont notre pays a besoin. Depuis de trop longues années, les principes de respect de l’altérité et de solidarité sont régulièrement sapés au profit d’un discours qui fait du tout sécuritaire et de la concurrence de tous contre tous le fondement de toute richesse et de la crainte de l’autre le fondement de la vie sociale. Loin de cette conception mortifère des rapports entre les êtres humains idiote et fausse  il est possible de vivre bien sur la planète, non pas malgré les autres mais avec les autres, non pas de la spéculation mais de son travail, et sans qu’il ne soit nécessaire pour cela de piller les ressources naturelles et de fouler aux pieds la dignité des personnes. La conquête des droits fondamentaux n’est pas une option, mais une urgence pour toutes les femmes et tous les hommes partout dans le monde, et que la paix ne peut être garantie sans le respect du droit à l’autodétermination de tous les peuples. Lire la suite et partager »

radio : émissions 2011

Rétention illegale !

Écoutez l’émission du 5 septembre avec Clémence Richard et Serge Portelli
Ouvert en toute discrétion estivale le 31 aout dernier, à proximité de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle, le centre du Mesnil-Amelot  est le plus grand centre de rétention  administrative pour étrangers. D’une capacité totale de 240 place, soit le double du maximum prévu par la loi, ce véritable camp, de conception carcérale, est composé de 6 unités de vie de 40 places autour de deux bâtiments administratifs jumeaux, eux-mêmes reliés par une passerelle de commandement tandis qu’une double enceinte grillagée et barbelée entoure l’ensemble du camp équipé de caméras et de détecteurs de mouvements ainsi que d’un mirador de contrôle. Autre nouveauté, comme nous le précise Clémence Richard, coordinatrice en charge des questions de rétention à la CIMADE Ile-de-France, ce lieu est « ouvert » aux familles et donc aux enfants. En effet, ce jour, sont enfermés une mère de famille géorgienne et ses trois enfants de 5, 2 et 1 ans, tous nés en France. Alors même qu’un recours est en cours, ils ont été arrêtés à leur domicile, à Guéret dans la Creuse, le 30 août au matin. Le père lui n’était pas présent à ce moment-là au domicile. Illégal car contraire à la Convention internationale des droits de l’Enfant, l’enfermement est au surplus, pour ces derniers, un véritable traumatisme, comme l’ont clairement affirmé diverses institutions indépendantes, telles le Conseil de l’Europe, la Commission nationale de déontologie de la sécurité et la Défenseure des enfants.  Arrêtés avec leur famille dans des conditions souvent violentes, arrachés brutalement à leur vie quotidienne, privés de scolarisation et d’activités, ces enfants sont aussi confrontés à l’angoisse et à la dévalorisation de leurs parents qu’ils voient menottés, entourés de policiers , présentés devant des juges, tels des délinquants.

Les associations intervenant dans les CRA auprès des familles retenues, peuvent témoigner des symptômes révélateurs d’un délabrement psychique au quotidien, causé par la rétention sur les enfants. D’autant que la durée maximale de l’enfermement a récemment été portée à 45 jours, ce qui accroît encore les risques de traumatismes psychologiques. Rappelons que les centres de rétention et zones d’attente sont les seuls lieux où des enfants de moins de 13 ans peuvent être enfermés, comme si le seul fait d’être étranger rendait cette maltraitance institutionnalisée acceptable.  Récemment encore, la juridiction de Lille a sanctionné cette pratique au motif qu’elle constituait un traitement inhumain et dégradant au sens de l’article 3 de la CEDH. La Cour européenne elle-même a condamné cette pratique dans une affaire concernant la Belgique. Lire la suite et partager »