Livres, radio : émissions 2011

Sarkozy sous BHL : Maître Jacques Vergès accuse !

Écoutez l’émission du 19 décembre avec Jacques Vergès

 

Rencontre avec Me Jacques Vergès, qui démontre avec verve et talent l’incongruité de la politique étrangère du président français à travers l’exemple de sa sa « croisade » libyenne.

« Président de la République pour un an encore, ce sont deux Résistants qui vous écrivent pour vous dire que vous trahissez la France. » C’est par cette accusation terrible que; dès la première page de leur livre « Sarkozy sous BHL », Roland Dumas et Jacques Vergès sonnent la charge contre la politique étrangère de Nicolas Sarkozy, telle que celle-ci se manifeste dans les bombardements perpétrés contre la population civile de la Libye. Il s’agit d’ailleurs moins, pour l’ancien président du Conseil constitutionnel et pour le célèbre avocat, de plaider pour M. Kadhafi que de dénoncer une politique d’ingérence qui viole le droit international et piétine l’héritage du général de Gaulle. En réalité, sous le masque de l’humanitaire, le président de la République renoue, en Libye comme en Côte d’Ivoire, avec le vieux colonialisme et vise à s’assurer des richesses de ces pays au mépris des intérêts des peuples et de la souveraineté des États. Par leur argumentation implacable et la férocité de leur style, Dumas et Vergès s’inscrivent dans la lignée des grands polémistes français, du Voltaire de l’affaire Calas au Victor Hugo de Napoléon le Petit. Ils dressent ce faisant un portrait accablant d’un président de la République qui a dévoyé sa fonction jusqu’à la caricature, qui parle le français comme le parlent les voyous et qui, croyant se rehausser, s’est flanqué d’un Bernard-Henri Lévy comme directeur de conscience – on a les Malraux qu’on peut… Sarkozy sous BHL, c’est le dernier degré d’abaissement où est tombée la France. Ce pamphlet qui fera date est complété, en annexe, par le dossier complet de la plainte déposée devant la Cour pénale internationale contre Nicolas Sarkozy pour crime contre l’humanité. Lire la suite et partager »

radio : émissions 2011

Refugiés de Lybie : l’hospitalité tunisienne a besoin d’être appuyée par l’Europe.

Ecoutez l’émission du 6 juin avec Clémence Racimora, en charge des solidarités internationales à la Cimade
La question des migrations du Maghreb reste au cœur de l’actualité politique nationale et internationale. A l’heure ou l’Europe se méfie de ses propres accords de Schengen, ou les migrants se noyent sous les yeux des forces de police et d’armée des Etats européens, la Cimade publie le rapport d’observation issu d’une mission menée en Tunisie entre avril et mars 2011. Dans le camp de la Chucha où La Cimade a mené, conjointement avec le Gadem (Groupe d’accompagnement et de défense des étrangers et migrants), une mission d’observation en avril (lien vers le rapport), des milliers d’hommes et de femmes sont bloqués depuis des semaines. La majorité d’entre eux sont Érythréens, Ivoiriens, Somaliens, et contrairement aux dizaines des milliers d’autres migrants fuyant la Libye, ils ne peuvent pas être rapatriés chez eux. Un incendie dans la nuit de samedi 21 à dimanche 22 mai, causant la mort de quatre Érythréens, a provoqué un vent de panique et de révolte au sein des communautés d’exilés, d’autant que des rumeurs laissaient entendre la possibilité d’un incendie criminel provoqué par des conflits entre réfugiés pro et anti-Khadafi. La Tunisie a accueilli depuis le mois de février plus de 380.000 exilés de Libye, la plupart au camp de la Chucha à quelques kilomètres de la frontière. Quelques 3000 personnes sont présentes dans ce camp depuis des semaines, voire des mois et leur inquiétude sur leur devenir s’est transformée en cauchemar. 3000 personnes dont on sait depuis des semaines, contrairement aux dizaines de milliers d’autres qui ont pu rentrer chez elles, qu’un retour au pays n’est pas possible (Somaliens, Erythréens, Ivoiriens, Soudanais etc.). Les quelques milliers de réinstallation demandées depuis le mois de mars par le HCR à la communauté internationale et qui représentent si peu pour un espace de 27 États qu’est l’Union européenne, auraient probablement pu éviter ces drames. Pour l’heure, l’Union européenne n’a accueilli, entre l’Italie et Malte, que 1,5% des exilés de Libye et continue, face à la Tunisie confrontée à de multiples défis, de crier, avec une indécence effarante, à l’« invasion » sur les côtes italiennes. Sans aucun doute, la Tunisie avait besoin d’un autre soutien. Lire la suite et partager »