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A qui profitent les journaux ? Jean Stern dénonce la main-mise de la finance sur la presse.

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Jean Stern est journaliste. Ancien de Libération et de La Tribune, il a également travaillé pour 7 à Paris et Le Nouvel Économiste. Il a participé à la fondation de Gai Pied en 1978 et est l’éditeur de la revue De l’autre côté. Il est aujourd’hui directeur pédagogique de l’EMI, Scop de formation à l’université Paris X.

« Les patrons de la presse nationale, tous mauvais », cet ouvrage extrêmement bien pensé et bien documenté, n’est, contrairement à ce que pourrait laisser croire son titre,  pas un pamphlet. Le ton du livre est très mesuré, et l’auteur lui-même ne se dédouane pas d’avoir eu, parfois, alors qu’il occupait des fonction d’encadrement dans de grand journaux, à constater son impuissance à faire changer les choses, son renoncement à faire entendre sa voix… Mais il s’agit bel et bien d’un procès. Celui d’un système qui a permis à des groupes industriels de s’offrir des journaux, sans autres buts que d’assurer leur communication, de toucher des aides publiques à la presse et « d’optimiser » leur fiscalité par le biais de savants montages financiers.

De cet état des lieux qui conduit à « saigner à blanc » chaque jour davantage les rédaction, tout en culpabilisant les journalistes, Jean Stern cherche les racines dans l’histoire. En effet, le paysage de presse française se recompose après la libération, et déjà, le ver et dans le fruit…. L’analyse du système (parfois aberrant) de la distribution des journaux explique également pourquoi la France est un des rares pays européen où l’on achète pas ou peu de quotidien. Le fait que les recette s publicitaires aient été longtemps considérées comme une manne, dispensant de tout effort pour s’attacher des lecteurs garce à la qualité éditoriale des titres, est une autre explication de la faillite de la presse française… Certes, le livre de Jean Stern n’est pas très optimiste… Mais lorsque l’on demande à cet enseignant en journalisme s’il n’a pas un peu peur d’envoyer ses élèves au « casse-pipe », il répond qu’il y aura toujours de la place pour ceux qui inventent de nouveaux journaux, comme le montre les succès de Siné Mensuel, Fakir, CQFD, XXIe siècle, etc. En effet, quand on écrit avec passion et respect pour les lecteurs, ceux-ci sont au rendez-vous ! Lire la suite et partager »

Films, Livres, Radio : émissions 2012

Bourdieu n’est pas mort !

Écoutez l’émission du 23 janvier avec Bourdieu, Maler et quelques aboyeurs

 

Le regard et l’analyse du sociologue Pierre Bourdieu, notamment sur la télévision, reste d’une ardente actualité. Tout comme d’ailleurs les propos tenus par Serge Halimi dans son livre « Les nouveaux chiens de garde », paru en 1997 et dont le film éponyme, réalisé par Gilles Balbastre et Yannick Kergoat est actuellement sur les écrans des (bonnes) salles de cinéma.

Les médias se proclament « contre-pouvoir ». Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations prémâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur. En 1932, Paul Nizan publiait Les Chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en gardiens de l’ordre établi.
 Aujourd’hui, les chiens de garde, ce sont ces journalistes, éditorialistes et experts médiatiques devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, Les Nouveaux chiens de garde dressent l’état des lieux d’une presse volontiers oublieuse des valeurs de pluralisme, d’indépendance et d’objectivité qu’elle prétend incarner. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information pervertie en marchandise. Il dénonce aussi ceux qui entretiennent la confusion entre les profession de camelot, de porte parole, et de journaliste…

Cette confusion des genre savamment entretenue dans l’esprit des consommateurs d’information comme dans celui de ceux qui la produisent ou la relaient, le titulaire de la chaire de sociologie au collège de France la dénonçait déjà, au siècle dernier dans le film de Gilles l’Hôte. On notera également que, devant la caméra, Bourdieu affirme sans détour que les vraies révolutions sont celle des esprits, celles qui changent les perceptions, les « manières de voir », de façon définitive… Et ces révolution, ce sont les artistes qui les produisent. Effectivement les références de Bourdieu en la matière vont vers la peinture…. et il est important de constater que pour lui l’art culture ne sont donc en rien des épiphénomènes mais bien le cœur même de notre société pour ne pas dire de notre civilisation ! Pour cette raison, entre autres, il faut avec Henry Maler, d’Acrimed s’indigner du fait que l’on tente de discréditer Bourdieu et, comme il le fait aussi, décoder les raison de cette haine féroce…. des raisons très simples, contenues dans son œuvre et dans le film Lire la suite et partager »