Films, Radio : émissions 2015

Les messagers, un film après lequel on ne pourra pas dire « qu’on ne savait pas »

Ecoutez l’émission du 13 avril avec Hélène Crouzillat

Photo : laetitia TuraCe qui frappe d’abord c’est le contraste entre la beauté des images, un travail photographie remarquable qui fait de chaque plan un tableau et l’horreur du propos.

Des migrants meurent tous les jours, en des lieux éparpillés, sans que l’on ne puisse en garder la trace. Ils disparaissent dans la frontière. Où sont les corps ? Les Messagers, ce sont ces premiers témoins, ils nomment la mort, s’organisent pour retrouver un nom, un corps ou bâtir une sépulture. Dépositaires de la mémoire des disparus, ils résistent à la disparition de l’humain.

Dans leur film, dont nous avions suivi l’épopée, les réalisatrices Hélène Crouzillat et Laetitia Tura rendent la parole à ceux que l’on a « chosifié » ou tenté d’assassiner. Ces témoins précieux et meurtris dont la parole est si forte qu’elle nous blesse au plus profond et travaille au corps notre rapport à l’autre, nous éclaire sur un « crime contre l’humanité « , qui comme ses victimes, n’est pas nommé. Ni vraiment connu jusqu’alors. Après ce film, nous ne pourront plus dire que nous ne savions pas. Lire la suite et partager »

Expositions, Livres, radio : émissions 2011

Où sont les corps ? Quels étaient leurs noms ? Enquête sur la disparition des migrants.

Ecoutez l’émission du 4 juillet avec Hélène Crouzillat et Lætitia Tura
Les Messagers est un film documentaire (52′) en cours de réalisation, par la cinéaste Hélène Crouzillat et la photographe Laetitia Tura. Rencontre avec les deux réalisatrices.

A partir de la question initiale où sont les corps ? se tisse une série de questions incontournables : Que deviennent- ils ? Par qui, et comment les corps échoués sur les plages, ou déposés dans les morgues, sont-ils identifiés ? Dans quelle mesure et par qui les familles sont-elles informées ? Comment et ou les corps sont-ils inhumés ? Enfin, comment le deuil est-il vécu par les familles ? Sur le modèle de l’enquête, Les Messagers suit la trajectoire des migrants, du plus loin – le Sahara – au plus près de la frontière avec l’Europe – les enclaves de Ceuta et Melilla. Plus on s’approche des frontières européennes, plus les disparitions sont brutales et définitives. Elles sont parfois le fait d’exactions. Avec la disparition des corps, c’est aussi l’identification des disparus, la possibilité d’une sépulture et d’un deuil qui disparaissent. Qu’elles soient accidentelles ou concertées, les disparitions révèlent en fait un symptôme : celui d’un système rejetant “aux bords du monde” ceux qu’il ne veut pas voir. Les Messagers, ce sont ces premiers témoins, ils nomment la mort, s’organisent pour retrouver un nom, un corps ou bâtir une sépulture. Par leurs actes, ils résistent à la déshumanisation.

D’abord engagé sur des fonds personnels, ce beau et nécessaire projet déjà plusieurs fois valorisé sous la forme de diaporamas sonores (Festival Circulation(s), Fetart, Paris, 2011 ; Festival Migrant’ Scene,La Cimade / Cartoucherie de Vincennes, Paris, 2010, fait aujourd’hui l’objet d’un appel à souscription. Lire la suite et partager »