Livres, Radio : émissions 2013

Syndicats : comment leur financement les empêchent d’être un réel contre-pouvoir ?

Téléchargez l’émission du 18 novembre avec Jean-Luc Touly
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syndicatsAprès L’argent noir des syndicats, paru en 2008 (Ed. Fayard), Roger Lenglet et Jean-Luc Touly poursuivent dans  Syndicats, corruption, dérives, trahisons (Ed. First) leur travail d’investigation et de décryptage d’un système de financement délétère des syndicats qui conduit ces « corps intermédiaires » à agir parfois en défaveur de leurs adhérents. En effet, le financement des syndicats ‘est largement assuré aujourd’hui par les entreprises et l’Etat, et  les cotisations ne représente plus que la portion congrue (moins de 5%), ce qui constitue ni plus ni moins qu’un « conflit d’intérêt » et explique différentes pratiques « douteuses » : publicité surfacturées dans les revues syndicales, emplois fictifs, gestion hasardeuse des comités d’entreprise ou des organismes paritaires, aides directes des employeurs…

A travers de nombreux exemples rapportés par des lanceurs d’alertes, des hommes et des femmes intègres qui refusent de se laisser corrompre et souvent le paye très cher(harcèlement, licenciement, menaces…), les auteurs révèles ces pratiques et leurs conséquences en terme de désaffection des syndicats et d’affaiblissement pour ne pas dire d’annihilation des luttes nécessaire pour les droits et  les intérêts des salariés. Mais au delà ce ce constat alarmant, Roger Lenglet et Jean Luc Touly esquissent des pistes afin de redonner aux syndicats la liberté et les moyens d’agir, en s’appuyant sur leur base, composée de militants, pour la plupart, sincères et engagés. Loin de chercher à discréditer le syndicalisme, ce livre affirme au contraire sa force potentielle, qui peut être mesurée à l’aune des moyens considérables mis en oeuvre par les patrons pour les corrompre et en saper la légitimité !

Il faut revenir à un syndicalisme de lutte nous disent les auteurs, et pour cela, il faut changer, et vite, les règles du jeu pour moraliser les pratiques. Dépendant de 60 à 90% des entreprises et des patrons pour leur financement, les grandes centrales pratiquent un syndicalisme d’accompagnement, qui fait de leur passé table rase et privilégie leurs donateurs au détriment de la défense des salariés. Les pages de ce livre vont porter le débat sur la place publique. Le temps est compté pour sauver le syndicalisme et stopper la désyndicalisation des salariés.

Roger Lenglet est philosophe et journaliste d’investigation.

Jean-Luc Touly est juge prud’homal et membre d’Europe Écologie.

Ils ont aussi écrit ensemble : Europe Ecologie : miracle ou mirage (First, 2010), L’Eau des multinationales – Les vérités inavouables (Fayard, 2006) et L’Argent noir des syndicats (Fayard, 2008).

 

 

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