Livres, Radio : émissions 2013

Haïti, l’impossible indépendance ?

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Haïti est devenue, en 1804,  la première république indépendante de population majoritairement noire après l’abandon forcé de l’île par l’armée de Napoléon Bonaparte. Haïti est aussi le seul pays francophone indépendant des Caraïbes. Une liberté et une indépendance cher payée semble-t-il !  Car, si le monde a redécouvert l’existence d’Haïti et de sa misère lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, Comme le montrent Olivier Vilain et Stéphanie Barzazi dans Haiti, de la perle au caillou, ce petit pays des Caraïbes était déjà, depuis des décennies, l’un des plus pauvres du monde. Plus de la moitié de la population y souffre de sous-alimentation, alors que la même proportion des habitants du pays sont des paysans. Comment cette île aux richesses qui semblaient inépuisables a pu devenir cette terre aride ? La malédiction n’existe pas. Aux raisons historiques liées à une indépendance chèrement conquise que la France et le monde occidental ne lui pardonneront jamais, s’ajoutent les maux d’une colonisation plus moderne, celle du libre échange, mais aussi d’une prégnance de l’aide humanitaire qui empêche toute reprise en main. En cela, Haïti symbolise le sort de nombreux pays pauvres. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

L’Algérie au prisme des mémoires conjuguées.

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Akram Belkaïd est né à Alger, de mère tunisienne et de père algérien. Journaliste et essayiste, il vit et travaille à Paris depuis que, menacé en tant que journaliste durant la guerre civile, il a été contraint à l’exil, ce qu’il raconte dans Un regard Calme sur l’Algérie paru au éditions Le Seuil en 2005.

« Quitter son pays est toujours un échec » écrit-il dans Retours en Algérie, allusion à sa propre histoire, mais aussi à celle de ses compagnons de voyage : un groupe de lecteurs de l’hebdomadaire La vie, Pieds-noirs pour certains, ancien appelés ayant fait la guerre d’Algérie pour d’autres, qui ont souhaité confronter leurs souvenirs à la réalité de l’Algérie contemporaine. Invité par son ami éditeur Jean-Claude Guillebaud, à accompagner le groupe, Akram Belkaid, après quelques moments d’hésitation, décide de se lancer das l’aventure.

Dans Retours en Algérie, il raconte ce périple intime et conflictuel, entre Tlemcen, Oran et l’Algérois (Cherchell, Tipasa, Tibhirine, Alger…), au cœur de l’Algérie d’aujourd’hui : jeune, déglinguée, corrompue, attachante.

Le style est vif et précis, le contenu est didactique et sensible. L’auteur réussit à nous faire à la fois sentir comprendre, la blessure à vif que constitue, même des décennies plus tard, l’exil. Au fil des pages, on réalise que, même s’il est « chez lui » à Paris, l’Algérie reste son pays, dont il se sent « responsable », d’où sa prévention et son attention toute particulière vis à vis des  « pèlerins » qui l’accompagnent. D’où, aussi, sa colère face à la corruption endémique de l’Etat. Mais Akram Belkaid, en décrivant l’incroyable accaparement des richesse par la caste au pouvoir en Algérie, n’oublie pas d’insister sur ces l’existence de ces richesses, et sur l’incroyable potentiel du pays.

Insensiblement, au détour d’une anecdote ou d’un description, le lecteur saisi le sens réel de « l’indépendance », c’est à dire la capacité d’inventer, pour soi un mode de vie et de pensée sensiblement différent de celui imposé, en son temps, par le colonisateur. Un rapport au symbole et au sacré, parfaitement compatible avec une forme de réalisme, poétique, qui échappe aux grilles de la pensée occidentale mais avec laquelle de nombreux ponts sont possibles.  Lire la suite et partager »

Manifestations, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

Pédale camarade : le nouveau monde est devant toi !

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AT2013-AfficheTandis que les champions survitaminés du Tour de France courraient, maillots publicitaires sur le dos, la dernière étape de la Grande Boucle, les premiers participants  à l’ Alter Tour 2013, parcours cycliste en relais accessible à tous, ont pris le départ à Autry-Le-Châtel (Loiret) le 19 juillet à 9h30. A leur rythme, ils traverseront la Nièvre, l’Yonne, la Côte d’Or, la Saône-et-Loire, le Jura, et s’achèvera à Rochejean (Doubs) et seront 205 au total à se relayer sur l’ensemble du parcours.

Face à une société de compétition à bout de souffle construite autour de Grands Projets Inutiles et Imposés (Notre-Dame-des-Landes, LGV Lyon-Turin, etc.), l’AlterTour soutient un autre modèle. Celui d’une société ancrée dans une multitude de petits projets bien plus durables socialement et écologiquement : des Petits Projets Grandement Utiles. Histoire de comprendre que, comme le rappellent Sophie Legras et Samy Archimède, un autre monde est non seulement possible, mais qu’il est déjà en marche, les cyclistes vont allez à la rencontre des acteurs locaux porteurs d’ initiatives « alternatives » : associations de transition énergétique, écolieux, réseaux de semences paysannes, luttes contre les gaz de schistes et l’exploitation forestière industrielle…Ce sont ces alternatives concrètes et ces mouvements de résistance que l’AlterTour met en lumière et soutient en leur rendant visite à vélo.

Vous rêvez d’une autre société ? Elle est à portée de pied ! Venez pédaler, goûter à l’autogestion, partager une belle tranche de vie collective dans la simplicité volontaire ! L’AlterTour est un relais solidaire, ouvert à tous et sans exigence de performance ou de durée !

Parrainé cette année par les agronomes Claude et Lydia Bourguignon et par Aurélie Trouvé, ancienne co-présidente d’Attac, l’AlterTour résiste à l’esprit de compétition Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Aimé Nouma nous présente ses « pleurs du mâle »

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Ne demandez pas à Aimé Nouma d’où il vient, ne cherchez pas à savoir où il va, simplement, fermez les yeux et écoutez le raconter …

Alors, sans avoir à bouger, c’est vous qui le suivrez !

Une fois l’artiste, le Slameur, descendu de la scène, en découvrant les textes de ce recueil, vous vous souviendrez que les mots d’Aimé sont autant de perles parmi lesquels se sont glissés quelques cailloux dont il a sus faire, c’est là son pur talent, les plus beaux joyaux !

Les Pleurs du Mâle est un recueil de poésies slam contenant des chroniques parisiennes commencées à la fin des années 70. Un temps,  où le Sida n’existait pas encore,  où les immeubles n’étaient pas bardés de digicodes et où les caméras n’espionnaient pas en permanence la ville et ses sous-sols. Lire la suite et partager »

Films, Radio : émissions 2013

Michelin : du paternalisme d’une usine familiale au capitalisme sauvage

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michelin

Le documentaire de Paule Muxel, Bertrand de Solliers, « le monde selon Michelin » raconte comment, à la fin du XIXe siècle, deux frères, deux parisiens, un artiste peintre et un petit industriel, s’engagent dans la remise à flot d’une industrie familiale au bord de la faillite en Auvergne. Ainsi débute l’incroyable saga des frères Michelin, Édouard l’artiste se révélant un industriel averti, innovateur, et son frère André un des initiateurs fécond de la publicité et du marketing international moderne. Tous les deux sont des précurseurs, des visionnaires dans leur temps, et pas seulement dans le pneumatique, mais l’aviation, l’organisation des routes, l’avenir de l’automobile, la célèbre Micheline, jusqu’aux produits de pointe qui aujourd’hui équipent la NASA, Boeing, Airbus… Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Roland Gori dénonce la société des faux-semblants !

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la-fabrique-des-imposteursRencontre avec Roland Gori, qui, au micro de Martin Schvartzapel, présente quelques éléments développés dans son récent ouvrage : La fabrique des imposteurs.

L’imposteur est aujourd’hui dans nos sociétés comme un poisson dans l’eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et à la probité, préférer l’audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l’opportunisme de l’opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l’art de l’illusion plutôt que s’émanciper par la pensée critique, s’abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l’amour et à la création. Voilà le milieu où prospère l’imposture !

Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes. L’imposteur vit à crédit, au crédit de l’Autre.

Sœur siamoise du conformisme, l’imposture est parmi nous. Elle emprunte la froide logique des instruments de gestion et de procédure, les combines de papier et les escroqueries des algorithmes, les usurpations de crédits, les expertises mensongères et l’hypocrisie des bons sentiments. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Hacène Belmessous prend le pouls des cités oubliées.

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 Le nouvel ouvrage d’Hacène Belmessous, intitulé Sur la corde raide, le feu de la révolte couve toujours en banlieue (éditions le Bord de l’eau), est le fruit d’une enquête de terrain menée par le sociologue dans deux quartiers de l’agglomération parisienne : la cité Balzac à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) et la Grande Borne à Grigny (Essonne). Après avoir interrogé les habitants, les travailleurs sociaux, les bailleurs , les représentants des services publics et les élus, Hacène Belmessous fait un constat alarmant : ceux qui vivent ici sont des « oubliés de la démocratie »

Depuis les « émeutes urbaines » de l’automne 2005, l’esprit égalitaire républicain a cédé devant ce que les artificiers du « démon des origines » appellent « l’épreuve des faits ». Pour eux, la culture primitive des individus et notre incapacité à « ouvrir grand les yeux » sur ce qui se passent réellement dans ces « cités » expliqueraient le « problème des banlieues ». Ainsi donc, ces « jeunes » sont les responsables de leur sous-condition.sur-la-corde-raide

Cette convergence entre « le problème des banlieues » et les pratiques culturelles de ces habitants d’origine extra-européenne, longtemps développée par le Front national, a atomisé les clivages politiques, s’incarnant même dans le discours scientifique. Évidemment partiale, cette explication des événements confond sciemment ghettos de pauvres et ghettos d’immigrés. Lire la suite et partager »

Agenda, Films, Radio : émissions 2013, Théâtre

« Si Balzac m’était conté » : un documentaire qui invite à réflechir à la notion de patrimoine… culturel !

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balzacSi Balzac m’était conté est un documentaire de Malika-Sandrine Charlemagne et Pantxo Arretz, à qui l’on doit aussi la musique du film, et de la compagnie Espace-Temps réalisé dans le cadre d’un atelier d’écriture avec des jeunes de la cité Balzac de Vitry-sur-Seine. Dans le film, Lilas, Laetitia, Samira, Scherhazad, Imâne, Bilal, Farès, Hishaam, Massé, Amar, Célia, Sindé, Justin, Eva, Imâne, Virginie, Marion, Isis, Karim, Lassana, Brahima, Toufiq et Rofrane, tous âgés de douze à vingt-trois ans, face caméra ou en mouvement, interprètent, disent ou lisent des textes qu’ils ont eux même écrits, ou s’approprient ceux de Prévert, Senghor, Eluard, Colette, Rimbaud, Aragon, Beauvoir, Yourcenar, Olympe de Gouge et même un passage de Jacques Généreux ou une lettre de Malcom X . Ces textes, ceux du patrimoine commun et ceux écrits par les jeunes eux-mêmes, sont une façon de se raconter, de traduire un quotidien et des aspirations. En toile de fond, la caméra parcourt et scrute la cité en pleine rénovation, filme les longues barres aux façades grises et uniformes, suit un trajet en RER , se pose devant une voie de chemin de fer désaffectée … L’espace est entravé par les chantiers, celui des démolitions – « démolition cela nous fait très mal, démolition, tout notre passé s’écroule » scande justin dans le film- et celui du renouvellement urbain. Les travaux défigurent les rues. Les images, plans fixes et travelling, montrent la tristesse, le vide, et l’abandon, et les barres comme des murs « des bâtiments partout, que du béton, on dirait une prison » dit une des interprètes. Mais cela laisse aussi beaucoup de place à l’imagination, au rêve, celui d’équipement nouveaux, fonctionnels et conviviaux, mais surtout celui de la transformation des rapports humains au sein de cette cité…  Déjà comme en contraste à cet espace de désolation, la vie est là, à portée de main. Reprenant un poème du Palestinien Mahmoud Darwish, on entend un jeune rappeler que « nous aussi nous aimons la vie« … Et si tout, comme en témoigne le dernier texte_superbe-_du film, tout était une question de regard, porté sur ceux qui vivent ici ? Lire la suite et partager »

Agenda, concert, Expositions, Radio : émissions 2013

Ta parole, version 2013 : qualité et convivialité au service de la chanson !

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Pour sa 11e édition le festival Ta parole ne déroge pas à la tradition : trois jours durant, la joyeuse équipe réunie autour de Roxane et Nicolas Joseph vont s’emparer de La parole Errante, pour transformer l’antre d’Armand Gatti, à Montreuil, en un lieu de vie, où les rires et les rythme des chansons se mêlent aux odeurs de cuisine (bonne et bio), où les pas de danse des uns sont parfois interrompus par les courses effrénées des enfants venus au spectacle…. Ou par une discussion qui s’engage…

Sur scène, les « têtes d’affiches » succèdent à de presque (encore) inconnus qui font mouche et jurent qu’ils reviendront … pour le plus grand plaisir de ceux qui pourront se targuer d’avoir été parmi les premiers à les voir sur scène !

Un seul conseil : prenez un « Pass  » et venez partager ces moments d’exceptions. Au delà du programme que nous présentent Roxane et Nicolas, il y a aussi tout ce qui ne relève pas des mots. A vivre !

Cerise sur le gâteau, cette année, le festival s’étend à d’autres lieux montreuillois avec mercredi 12 et jeudi 13 des concerts au Théâtre Berthelot et au café la pêche.

Si le festival TaParole a jeté son dévolu sur la chanson, ce n’est bien sûr pas un hasard. De tradition contestataire, la chanson est une formidable histoire de son époque, elle la traduit souvent avec véhémence et passion. Populaire par essence, elle parle à tout un chacun, qui ne se chante pas sa p’tite chanson ? De la commune aux manifestations, en passant par la guerre de 14-18, notre patrimoine et notre conscience sont garnis de chansons qui évoquent et marquent la mémoire de leur temps, plus profondément parfois que des dates historiques. Parfois moquée ou ringardisée, elle n’a jamais disparu, très pratiquée aujourd’hui elle trouve un public de plus en plus vaste. Cet art est un bon support pour la réflexion sociale et la convivialité, le festival TaParole découle directement de son esprit et de sa vivacité.

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Livres, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

Le prix de la porte dorée couronne une pépite littéraire !

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couverture_prix_2013-rue-des-voleurs Mardi 4 juin 2013, les membres du jury  Prix littéraire de la porte dorée ont décidé de récompenser le dernier roman de Mathias Énard, Rue des voleurs parmi huit titres présélectionnés.

Crée il y a quatre ans, le Prix littéraire de la Porte Dorée récompense un roman ou un récit écrit en français traitant du thème de l’exil. Ce prix est doté de 4 000 euros par l’association de soutien à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. Le jury désigne le lauréat parmi une dizaine de titres de l’année éditoriale en cours sélectionnés par un comité de lecture : documentalistes, historiens, enseignants, journalistes, lycéens…

Sa fondatrice Elisabeth Lesne, témoigne avec enthousisame de l’importance de cette récompense qui lors de sa première édition en2010 a « découvert » Alice Zéniter, romancière aujourd’hui consacrée par les lecteurs et qui vient de se voir décerner le prix du livre Inter. Lire la suite et partager »