Livres, Radio : émissions 2013

Derrière les chiffres de l’immigration : des parcours de vies !

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nadia hathroubi

C’est à travers une galerie de portraits que  Nadia Hathroubi-Safsaf dynamite les idées reçues sur les Français venus d’ailleurs dans « Immigrations plurielles, témoignages singuliers« , un livre utile et poignant paru, aux éditions Les points sur les i, dans la collection Mise au point.

Dans la première partie de l’ouvrage, l’auteure revient rapidement sur l’histoire des flux migratoires, d’abord intra-européens (Pologne, Belgique, Italie),  puis en provenance des anciennes colonies françaises (à la demande des autorités françaises, car l’économie de notre pays manque alors de bras), et plus récemment composé de migrants venus d’Asie. Un rappel d’autant plus nécessaire que l’histoire de l’immigration est peu présente dans les manuels scolaires, un manque qui laisse trop souvent la place à de fausses affirmations sur le sujet, qu’elles émanent de la classe politique ou des médias… Ainsi, par exemple, sait-on que seulement 8,4% des résidents français sont immigrés ?  Et que, parmi eux, 20% vivent en France depuis au moins quarante ans ? Des chiffres sans rapport avec la place démesurée que l’on accorde à cette population quant il s’agit de la stigmatiser et de la transformer en bouc émissaire !

Dans la deuxième partie de son livre, Nadia Hathroubi-Safsaf nous invite à faire la connaissance d’hommes et de femmes à qui elle a su, avec pudeur, faire raconter leurs souvenirs, parfois terribles, mais où, toujours, le courage et l’instinct de survie dominent. Ainsi, en suivant les parcours de  Juan, venu d’Espagne à pied en 1939, à 15 ans pour Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Révoltes ouvrières et manifestations de rue au début du XXe siècle : la révolution qui ne vint pas !

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Dans « Le gout de l’émeute, manifestations et violences de rue dans Paris et sa banlieue à la Belle Epoque« , Anne Steiner,  Maître de Conférences au département de sociologie de l’Université de Nanterre, analyse, à partir différents exemples les mouvements populaires du début du XXe siècle. Malgré la poussée de la gauche aux élections législatives de 1906, les conflits sociaux se multiplient, impulsés par une CGT acquise au syndicalisme révolutionnaire. Entre 1908 et 1910, Paris et sa banlieue sont le théâtre de manifestations violentes rassemblant des milliers de participants que le sentiment d’injustice et d’impuissance face à la répression transforme en émeutiers. Ils attaquent des bâtiments, saccagent le mobilier urbain, brûlent trams et bus, élèvent des barricades et tirent sur les policiers à coups de browning.

À l’origine de ces explosions de colère, il y a des morts. Le 2 juin 1908, deux terrassiers grévistes de Draveil sont abattus par la gendarmerie. En octobre 1909, en Espagne, le pédagogue libertaire Francisco Ferrer est fusillé dans les fossés de Montjuich après une parodie de procès. En juin 1910, l’anarchiste Henri Cler est frappé à mort par un policier devant le quartier général des ébénistes en grève du faubourg Saint-Antoine. he,ri cler-obsequesEn juillet de la même année, des milliers de Parisiens se massent autour de la guillotine pour empêcher l’exécution du jeune cordonnier Liabeuf. Au printemps 1909, les boutonniers de Méru, engagés dans un long conflit, saccagent les demeures et les fabriques des patrons les plus haïs.
Ce livre raconte ces événements et dresse le portrait de ces foules sensibles et inflammables, versatiles parfois, courageuses toujours, affrontant avec des armes improvisées ou à mains nues les dragons casqués et montés envoyés pour les mater.
Une tension quasiment « pré-révolutionnaire » qui trouvera son triste aboutissement dans la première guerre mondiale.
Livres, Radio : émissions 2013

Xénophobie business : le juteux marché du controle des migrations !

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xenophobie-businessDepuis le temps qu’elle travaille sur l’accès aux droits des migrants, Claire Rodier, juriste au GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés) a pu constater que les objectifs affichés de la lutte contre l’immigration clandestine sont bien différents de ceux affichés. En effet, derrière l’illusoire protection de prétendus « eldorados », les enjeux réels de la multiplication des barrières , des contrôle et de la traque des migrants irréguliers sont : l’argent, le marchandages diplomatique (où il est aussi question d’argent) et la manipulation politique des citoyens (la fameuse politique du bouc émissaire).

Dans Xénophobie Business, la co-fondatrice du réseau euro-africain Migreurop montre comment la surveillance des frontières s’est muée ces dernières années en un business hautement profitable. Les sociétés privées de sécurité autant que celles de l’industrie de l’armement en savent quelque chose : depuis le milieu des années 1990, elles ont trouvé dans ce nouveau « créneau » des opportunités inespérées. La plus grosse entreprise de sécurité, G4S (dont une partie de l’activité est consacrée à la « gestion » de l’immigration), emploie aujourd’hui près de 650 000 salariés, ce qui en fait le deuxième plus grand employeur privé du monde. Jamais, en effet, les politiques sécuritaires n’ont aussi fructueusement dopé le marché. FRONTEX, l’agence européenne des frontières mise en place par l’UE, est emblématique de ce boom – politiquement rentable et financièrement profitable, bien au-delà des pays du Nord.
La Libye, avec ou sans Kadhafi, a su habilement tirer profit de la manne des migrants, ces derniers faisant l’objet d’infinis marchandages avec les capitales européennes. En Israël comme aux États-Unis, la construction de centres de détention pour étrangers et de murs, censés rendre étanches les frontières, se révèle un pactole pour l’économie locale. C’est aussi une façon efficace de conforter les angoisses et de nourrir les fantasmes xénophobes qui font le miel de certains politiciens.
Du Sénégal à la frontière mexicaine, de Kiev à Paris ou Tel-Aviv, les rouages invisibles de cette nouvelle ruée vers l’or sont, pour la première fois, mis en lumière et analysés dans ce livre détonnant. Lire la suite et partager »

Films, Livres, Radio : émissions 2013

Sur la route des faux médicaments avec Michel Koutouzis

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trafic_medocs2 Coup de Trafalgar : on a trouvé de la viande de cheval dans des plats préparés sensés contenir du bœuf ! Aussitôt, les médias relayent l’information et le scandale prend une ampleur nationale.  En remontant la piste on comprend alors que cette viande a voyagé bien au delà de ce qu’il aurait été possible de le faire durant leur vie entière pour les animaux sur pied… Mais surtout que le « voyage » de ce « minerai » de viande a généré des flux financiers et des profits « optimisés » aux circuits bien plus complexes encore que le chemin de la pseudo viande à l’assiette du consommateur…

le problème c’est que les médias, à grands renfort d’experts et de déclaration de « responsables » politiques, présentent ce scandale comme une exception… Altrafic_medoc1ors que, presque partout, et surtout, dans tous les domaines, ce genre de trafics et d’escroqueries est très répandu. Partout le vrai et le faux se côtoient, le licite et l’illicite s’interpénètrent… C’est ce que démontrent Michel Koutouzis et Pascale Perez dans leur ouvrage Crime, trafics et réseaux. Géopolitique de l’économie parallèle (éditions Ellipses). D’ailleurs, dès 2006, Michel Koutouzis, expert auprès de la Commission européenne et de l’ONU, partait sur la route des faux médicaments avec le réalisateur Patrice de Tertre. Le fruit de leur travail est ce documentaire édifiant : Trafic mortel, quand les médicaments tuent ! Pour le réaliser, les deux hommes se sont fait passer pour des négociants véreux écoulant de faux médicaments sur le marché africain. Leurs découvertes sont frappantes. A Mumbai (ancienne Bombay), des grossistes copient des médicaments en diminuant ou en ôtant leurs principes actifs, les règlements sont effectués sans laisser de trace via des banques off shore tandis que les médicaments sont acheminés par bateau et reconditionnés dans des ports francs à L’ile Maurice ou à Zanzibar avant d’inonder le marché africain….

Un trafic médicaments falsifiés, qui représentait à l’époque 10 % du marché mondial et 40 milliards d’euros de profits… de quoi corrompre pas mal de « contrôleurs » … Autant dire que l’Europe n’est pas à l’abri des faux médicaments !

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Livres

Jaurès : un pacifiste en guerre contre l’injustice !

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« La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas » ,cette citation de Paul Valery, Jean Jaurès qui fut le contemporain du poète, aurait pu la faire sienne !

En effet, comme le montre Pierre Clavililier dans son ouvrage Jean Jaurès, l’éveilleur de consciences, paru aux éditions du Jasmin, cet homme politique français né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859 et mort assassiné à Paris le 31 juillet 1914, à la veille du déclenchement de la première guerre mondiale, a été de puis son plus jeune age conscient du fossé abyssal entre le peuple et ses gouvernants, entre ceux qui doivent leur suivie à la vente de leur force de travail et les possédants, qui tirent leur richesse de l’exploitation de la classe ouvrière et paysanne.

Jaurès avait l’intime conviction que la paix et l’union entre les peuples de tous les pays était un des facteur majeur du progrès social, voire du triomphe du prolétariat …  Or le nationalisme exacerbé et l’exaltation de la haine, utilisés comme dérivatif aux problèmes de politique intérieure (un grand classique toujours d’actualité !)  vont conduire à la guerre !

Incorruptible et ne supportant pas l’injustice, Jaurès, va défendre Dreyfus, convaincu par le J’accuse de Zola. Il va aussi sans  relâche porter la voix des plus démunis et des travailleurs et tenter de leur faire obtenir plus de droits et de meilleures conditions de travail…

En 1904 il fonde le journal l’Humanité, qu’il dirige jusqu’à sa mort. Jaurès sous-titre son journal « quotidien socialiste » et l’utilise pour accélérer l’unité socialiste. En 1905,  la création de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), unifie les différentes sensibilités socialistes de France. Jaurès partage la direction de la SFIO avec le marxiste Jules Guesde. La SFIO fait sien le constat de la lutte des classes, et s’affirme clairement internationaliste.

Bref, Jaurès avait tout de l’homme qui dérange, qui empêche de faire ses sales affaires tranquillement… Et il l’a payé de sa vie en cet été 1914, tué d’une balle en pleine tête café du Croissant, rue Montmartre par Raoul Villain. Lire la suite et partager »

Expositions, Radio : émissions 2013

Les papiers découpés de Matisse, peintre aux ciseaux…

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visuel 10 chute Icare Le musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis propose une exposition haute en couleurs  à l’occasion de l’exceptionnelle donation par la famille Matisse d’un ensemble de 443 éléments en papiers gouachés découpés non utilisés dans les œuvres d’Henri Matisse.

Visite de cette exposition dans les pas de son commissaire général Patrice Deparpe et avec l’éclairage exceptionnel de Jacqueline Duhême, artiste et ex-collaboratrice de Matisse durant sa période « papiers découpés ».

A partir de cette donation, des œuvres de la collection du musée départemental Matisse et de prêts internationaux, l’exposition aborde cette prodigieuse aventure des gouaches découpées, entreprise par le peintre avec Jazz en 1943 et qui trouve son point d’aboutissement avec la conception de la Chapelle de Vence en 1948. Cette donation offre l’opportunité d’en faire la genèse et de révéler l’invention d’une technique au cœur d’une révolution picturale.

L’exposition permet également de croiser les approches artistiques conçues à partir de ce travail préparatoire : maquettes de vitraux, céramique, livres, couverture de livres, tissus permettant de suivre le cheminement de l’artiste, depuis ses premières créations, jusqu’aux grandes compositions en papiers gouachés découpés, telle Vigne de 1953, conservées au musée.

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Demandeurs d’asile : le « désacceuil » !

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COUVCFDA2012webLa Coordination française pour le droit d’asile (CFDA) présente aujourd’hui son rapport intitulé « Droit d’asile en France: conditions d’accueil – État des lieux 2012 ». Le constat dressé après plusieurs mois d’enquête réalisée dans 31 départements de quinze régions en France montre que le système d’asile est à bout de souffle. Les vingt associations regroupées au sein de la CFDA tirent la sonnette d’alarme sur le système français d’asile. David Hedrich, coordinnateur de l’association Dom’Asile nous explique pourquoi : alors que le nombre de demandes d’asile a tendance à baisser (41 222 primo- demandeurs adultes en 2012 soit moins qu’en 1989 (61 400), ou 2003 (52 200), la CFDA dénonce l’incapacité à sortir d’une logique qui porte atteinte aux droits des demandeurs.

L’enquête révèle que les délais pour accéder à la procédure d’asile sont de plus en plus longs. La gestion par les préfectures de région de l’accueil des demandeurs d’asile complique souvent l’accès matériel à la procédure et conduit parallèlement à la saturation des services administratifs. Faute d’infrastructures suffisantes, les conditions dans lesquelles sont accueillis des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants se résument aux dispositifs d’urgence ou à la rue. L’Etat se défausse de ses responsabilités en laissant les associations pallier son inaction.

Une demandeuse d’asile malienne raconte les conditions d’accueil en préfecture «Je me présente presque toutes les semaines. Les policiers ne nous traitent pas comme des humains. Comme si tu mentais sur les raisons qui t’ont fait fuir ton pays. Tu passes la nuit dehors dans le froid. On te reçoit 5 minutes. On te dit qu’il n’y pas de place. Après on te renvoie chez toi sans explication. Et tu recommences ». Ayant fui les menaces pour son engagement contre l’excision, elle attend depuis un an en France de pouvoir déposer son dossier.

Au final, les personnes qui sont venues en France pour chercher refuge contre les persécutions sont à nouveau mises face à un danger : celui de ne pouvoir déposer à temps leur demande d’asile ou d’être déboutées de leur demande, faute d’avoir pu correctement exposer leurs craintes de persécutions.

La prise en charge des demandeurs d’asile est déshumanisée et incohérente, car de plus en plus de demandeurs ne sont pas ou mal accueillis et les organisations d’aide financées par l’Etat contraintes à délaisser l’accompagnement social et juridique pour un travail de gestion administrative. Incohérente, car le coût augmente par des systèmes de contrôle, une dissuasion à tous les niveaux de la procédure et une préférence donnée au dispositif d’urgence, cher et précaire, le tout pour un service rendu bien loin des normes minimales d’accueil.»

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Livres, Manifestations, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ..., Théâtre

Quand les boussoles s’affolent… un moment de théâtre magique où l’on découvre le secret pour garder le cap de l’espérance !

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quand-les-boussoleUn vrai beau moment de théâtre que ce récit initiatique, qui c’est sûr ne vous laissera pas indifférents. Courrez voir « Quand les boussoles s’affolent » la nouvelle production de la compagnie Ayoye au Théâtre de l’opprimé jusqu’au 10 mars !

Une partie de la belle équipe de la pièce est venue sur le plateau d’Aligre FM nous parler de cette aventure initiée par Marie Lorraine Vannier Moreau, alliée du mouvement ATD Quart Monde

Librement, et magnifiquement adaptée par Denis Lefrançois du roman de Ursula Mascaras, « Quand les boussoles perdent le Nord » (Éditions Quart Monde), cette pièce nous plonge dans la vie de Manuel, 10 ans, un enfant issu d’une famille pauvre.  Scène après scène, rencontre après rencontre, en suivant le jeune héros qui est aussi le narrateur de la pièce, les spectateurs découvrent la richesse de chaque personnage, comme Jessica, la grande sœur, une mère courage de substitution qui, par parenthèse est aussi une adolescente de 15 ans pleine de vie et d’envies, M. Bauer, le professeur, faux autoritaire passionné de belles histoires et qui ne peut s’empêcher de retrouver en ses élèves l’enfant qu’il n’a jamais cessé d’être…. C’est lui qui prononce l’une des phrase clé de la pièce : « Je crois en toi Manuel ! » , et puis Kevin le bourreau de Manuel, celui qui, en classe l’a pris pour bouc-émissaire … et Milo, le nouvel ami, issu d’un milieu bien plus favorisé mais qui sait voir avec le cœur,  Theresa, la pétillante voisine qui comprend tout sans que l’on ait besoin de lui expliquer quoi que ce soit… qui est aussi celle qui en invitant les enfant à lire des livres, leur donne accès à une richesse inaliénable : le désir d’apprendre, de comprendre et de sublimer le monde qui les entoure. Enfin, le père, qui malgré un moment d’abattement, est porté par l’amour de ses enfants. Une force qui va lui permettre de ne jamais perdre le bien le plus précieux qu’il se fait un devoir de leur transmettre : la dignité !

Le tout constitue un beau moment de poésie et de théâtre qui nous aide à garder le cap de la compréhension mutuelle et de la solidarité !

Cerise sur le gâteau, sur la scène du chaleureux Théâtre de l’opprimé, les comédiens, tous extrêmement talentueux et impliqués, évoluent dans un décor « juste » c’est à dire suffisamment inventif pour nous surprendre mais jamais « tape à l’œil »…. De même que les costumes. La musique est aussi un élément essentiel du spectacle. En invitant sur scène le guitariste Matthieu Devaux, Fanny Vambacas et Denis Lefrançois ont ajouté un personnage à l’histoire. Il habite Manuel, il ne fait qu’un avec lui, il rythme ses pas, il porte le mouvement du chœur, il mène l’équipe sur le plateau comme un double du héros. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

La vie des homosexuels dans les années 70, de la clandestinité à la dépénalisation … vers une normalisation ?

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dissidanse-rose-fragments-de-vies-homosexuelles-a-lyon-dans-les-annees-70Avec deux ouvrages, le sociologue Antoine Idier nous plonge à la fin des années 70. Une époque où les homosexuels, tentent de se regrouper afin de faire entendre une parole et des revendications publiques.

Les alinéas au placard. L’abrogation du délit d’homosexalinéasualité (1977-1982), Paris, Éditions Cartouche,

Dissidanse rose. Fragments de vies homosexuelles à Lyon dans les années 1970, Lyon, Éditions Michel Chomarat.

Jusqu’à la fin des années 70, des régimes discriminatoires contre les homosexuels ont subsisté en France. Ainsi, l’alinéa 2 de l’article 331 du code pénal, abrogé depuis 1982, sanctionnait «quiconque aura commis un acte impudique ou contre-nature avec un mineur du même sexe». Le tout se référant à un acte sexuel sans violence. Pendant ce temps, l’acte hétérosexuel était autorisé à partir de la majorité sexuelle, quinze ans.

Une loi du député gaulliste Paul Mirguet datant de 1960, désignant les «fléaux sociaux», plaçait l’homosexualité au même rang que l’alcool et la prostitution. Le ministère de l’Intérieur, quant à lui, entretenait un fichier des clients des établissements réputés homosexuels.

En 1981-1982, à la suite de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, disparaissent les dernières mesures réprimant l’homosexualité. La plus emblématique d’entre elles est la disparition – par une loi votée le 27 juillet 1982 et promulguée le 4 août – de l’article 331 alinéa 2 du code pénal qui créait un « délit d’homosexualité ». Mais ces changement législatifs font suite à une mobilisation de longue date : en novembre 1974, Valéry Giscard d’Estaing institue une Commission de révision du code pénal. À ce moment, intellectuels et philosophes, Michel Foucault par exemple, vont porter devant la commission. En 1977, des recommandations pour abaisser la majorité sexuelle et supprimer les mesures de discrimination qui existent, à ce sujet, à l’encontre des pratiques homosexuelles. Là où le mineur est présumé non-consentant et l’homosexuel réputé coupable de subornation, Michel Foucault propose que cette circonstance soit laissée à l’appréciation du juge et que «la liberté de l’un et l’autre des partenaires à une relation sexuelle est la base nécessaire et suffisante de la licéité de cette relation». A cette époque, des philosophes réfléchissent au statut de l’enfance, et se demandent à partir de quel moment on admet que l’enfant peut exprimer un consentement et que les adultes n’ont plus à se mêler des relations sexuelles ou amoureuses qu’il peut lier avec des enfants ou des adultes. La question de l’âge du consentement est portée par un petit groupe d’intellectuels mais les revendications disparaissent car les mouvements gays ne souhaitent pas s’en emparer. Ils ont conscience que c’est une arme à double tranchant, car « pédophile » est une des insultes qu’on leur oppose…  Ainsi l’ouvrage d’Antoine Idier nous apprend qu’au milieu des années 70, certains sujets, aujourd’hui complètement tabou avaient le mérite d’être abordés, discutés, débattus… ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.
Aurait-on gagné des droits (puisqu’il est bien clair que les droits des homosexuels _mariage, adoption, PMA_constituent, pour tous, un droit à vivre dans une société un peu moins discriminante), mais perdu en liberté de penser et d’expression ? Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

« Ceux qui ont dit non », une collection de livres qui nous inscitent à exercer notre libre arbitre !

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Couv_Sophie-Scholl1Murielle Szac et Jean-Claude Mourlevat, l’auteur de « Sophie Scholl, non à la lâcheté » nous présente leur dernier né : ce livre retrace les derniers jours d’une jeune Allemande, en 1942, qui va payer de sa vie de fait d’avoir tenter d’éveiller les consciences de ses concitoyens  aux atrocités commises par le régime Nazi. Avec son groupe composé essentiellement d’étudiants, « la Rose blanche », ils distribuent des tracts et écrivent sur les murs afin de contrer la terrible propagande qui ne cesse de vanter la gloire du Fürher… Un récit poignant dans lequel Jean-Claude Mourlevat a parfaitement saisi et rendu les émotions d’une jeune fille de 21 ans à peine sortie de l’enfance, mais terriblement consciente de son rôle à jouer pour que le monde de demain ressemble à ses rêves.

« Derrière chaque non, il y a un oui ! » affirme Murielle Szac, avec un grand sourire ! En effet, la directrice de la collection « Ceux qui ont dit non » aux éditions Actes Sud junior peut être heureuse et fière du succès de ces romans historiques destinée à éveiller l’esprit de résistance. Tous offrent des récits de vie de figures fortes, engagées dans des combats au service des valeurs de la démocratie et de l’humanisme, qui ont eu le courage de se révolter, faisant ainsi triompher la liberté, la justice. Mais ces livres sont bien plus que des cercueils de papier pour les héros disparus (ou pas) dont ils nous content l’histoire. Il s’agit, en créant une intimité forte avec le personnage, de nous faire ressentir leur courage exceptionnel et aussi leur humanité, de nous faire comprendre les moteurs de leurs actes de résistance et surtout de nous interroger sur notre propre capacité à nous engager. Qu’aurions nous fait à leur place ? Cette question demeure, à jamais, sans réponse…  Mais aujourd’hui, que pouvons nous faire ? celle-ci vaut peut être que l’on s’y attarde et c’est ce à quoi nous invite aussi les ouvrages de cette très belle collection. Lire la suite et partager »