Les questions d'Antoine Tricot, Radio : émissions 2013

Les questions d’Antoine : les musiques électroniques peuvent-elles avoir une portée politique ?

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07-2012-Variables-Release-Party-@-Ressort-Berlin_6Cette semaine, j’ai choisi de me demander si la musique électronique ou plutôt, les musiques électroniques peuvent être engagées politiquement ?

Tout d’abord, je veux qu’ il n’y aura pas dans cette chronique d’analyse acoustique, psychologique, métaphysique ou artistique de la musique électro. J’en serai bien incapable. Je me bornerai à me poser la question sur le plan sociologique et historique.

L’électro me semble être vraiment la musique de notre temps. La diversité de sa production à l’échelle mondiale est impressionnante actuellement. Mais elle reste méconnue dans le grand public et le plus souvent elle y est associée à de nombreux clichés et préjugés.

Pour beaucoup, la musique électronique se résume à un » boum boum » que certains jeunes écoutent dans les boîtes de nuit. Pourtant, la définition de la musique électronique recouvre une réalité très large et très complexe. Toute musique obtenue par la manipulation d’instruments numériques et de machines informatiques est considérée comme musique électronique. Ce qui est tout de même très vaste. À l’intérieur de cette définition des dizaines de styles se sont développés comme par exemple la « techno », la « deep techno », la « house », la « deep house », le « trip hop », la « trance », le « hardcore », l’« electronica » mais aussi le « ragga jungle », le « drum & bass », le « dub step », le « nu disco », l’ « ambient », l’ « experimental » et bien sûr la « minimale ». Et encore je n’en cite que quelques uns !

Je vous rassure, même quand on est amateur de musique électronique, il est parfois bien difficile de s’y retrouver dans ces catégories qui évoluent au fil du temps. Les différences de tous ces styles dépendent beaucoup de la rapidité du rythme, de la place accordée à la voix, ou de la profondeur des basses. Mais presque chaque type correspond à une technique musicale précise et a sa petite histoire. Par exemple la drum & bass correspond à une boucle de funk, une phrase musicales tirée d’un morceau de funk, lue à l’envers sur une platine vinyle et accélérée autour de 170 pulsations par minutes…

La raison qui m’a poussé à me demander si les musiques électroniques pouvaient avoir une portée politique est donc, en priorité, que je voulais profiter de cette chronique pour rendre justice à la créativité et à la diversité des musiciens d’électro. C’était aussi un peu par provocation. Dans les années 1960, le rock était associé au fantasme d’une jeunesse bonne à rien et décadente.

De la même façon aujourd’hui, on représente souvent la jeunesse actuelle comme dépolitisée et l’image des jeunes, qui vont faire la fête, dans les boites de nuit, juste pour danser sur cette musique de sauvage qu’est l’électro, dans le simple but d’oublier le stress du boulot, et de leur vie quotidienne en s’enivrant jusqu’à plus soif, correspond bien à ce cliché. Dans ce cadre l’électro serait un défouloir, le contraire donc d’un acte politique.

Il y a du vrai dans cette image, mais comme d’habitude les choses sont un peu plus complexes dans la réalité que dans les imaginaires. On peut aller en club juste pour écouter un artiste particulier, comme on va à l’opéra pour écouter une pièce particulière dirigée par tel ou tel chef d’orchestre.

Et de la même façon que le chœur des esclaves dans l’opéra Nabucco de Verdi est devenu un hymne à la liberté qui fait vibrer le cœur de bon nombre d’italiens, on peut imagine qu’une composition de musique électronique puisse avoir une véritable portée politique. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Lettres post et polémiques : face au rouleau compresseur du formatage des esprits, un « droit de réponse »existe !

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livrezohraAvocate depuis quarante ans, Zohra Mahi est avant tout une femme libre et déterminée à de laisser personne lui dicter sa conduite, et encore moins ses idées !

Du coup, dans son dernier ouvrage, décapant, « Lettres, post et polémiques », paru aux éditions Les points sur les i, elle écrit « tout haut » ce que tant d’autres, lobotomisés par le discours ambiant sans cesse martelé par les grand médias, n’osent même plus penser.

Face à cette pensée unique morne et mortifère, quoique bien utile à ceux qui la promeuve, Zohra Mahi oppose une salutaire réactivité.

Elle interroge les faits, les remet en perspective, s’autorise à décaler le point de vue. En effet, en tant que femme arabe de culture musulmane, elle revendique le droit de porter sur l’occident un regard africain résolument « décolonisé » ! Lire la suite et partager »

Emissions en partenariat avec la Cimade, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

Droit d’Asile : la nécessaire réforme promise doit tendre vers plus d’hospitalité

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LA CIMADE 20 JUIN 2013La crise du dispositif de l’asile en France s’est accentuée au cours de l’année dernière. Avec 61 468 demandes d’asile enregistrées en 2012, la demande d’asile augmente de 7 % par rapport à 2011. Malgré des renforts de personnel à l’OFPRA et à la CNDA, le délai d’instruction des demandes d’asile reste de dix huit mois en moyenne.

En amont de l’office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), la phase préalable de l’admission au séjour par les préfectures connaît de très graves dysfonctionnements. La majeure partie d’entre elles ne respectent plus le délai impératif de quinze jours et convoquent les demandeurs dans un délai de plusieurs semaines ou mois sans qu’ils puissent saisir l’OFPRA.

Le gouvernement précédent a utilisé l’arme des procédures d’exception (procédures Dublin, extension de la liste des pays d’origine sûrs, utilisation du nouveau cas de refus de séjour pour dissimulation d’identité ou pour empreintes inexploitables) pour tenter de diminuer le nombre des demandes. Près de 40% des demandes ont été ainsi traitées.

La saturation du dispositif national d’accueil s’accentue : malgré les 21 500 places existantes : seules 13 800 personnes entrent dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (CADA). La création de 4 000 places en 2013 -2014 ne pourra pas résorber cette crise d’autant que la Cour de justice de l’Union européenne de Luxembourg a rappelé que les mesures d’accueil devaient être fournies à tous les demandeurs d’asile. Dans cette situation d’urgence, La Cimade se prononce pour une profonde réforme du dispositif du droit d’asile, que nous détaille Antoine Decourcelle.  Lire la suite et partager »

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Haïti, l’impossible indépendance ?

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Haïti est devenue, en 1804,  la première république indépendante de population majoritairement noire après l’abandon forcé de l’île par l’armée de Napoléon Bonaparte. Haïti est aussi le seul pays francophone indépendant des Caraïbes. Une liberté et une indépendance cher payée semble-t-il !  Car, si le monde a redécouvert l’existence d’Haïti et de sa misère lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010, Comme le montrent Olivier Vilain et Stéphanie Barzazi dans Haiti, de la perle au caillou, ce petit pays des Caraïbes était déjà, depuis des décennies, l’un des plus pauvres du monde. Plus de la moitié de la population y souffre de sous-alimentation, alors que la même proportion des habitants du pays sont des paysans. Comment cette île aux richesses qui semblaient inépuisables a pu devenir cette terre aride ? La malédiction n’existe pas. Aux raisons historiques liées à une indépendance chèrement conquise que la France et le monde occidental ne lui pardonneront jamais, s’ajoutent les maux d’une colonisation plus moderne, celle du libre échange, mais aussi d’une prégnance de l’aide humanitaire qui empêche toute reprise en main. En cela, Haïti symbolise le sort de nombreux pays pauvres. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

L’Algérie au prisme des mémoires conjuguées.

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retours en algerie

Akram Belkaïd est né à Alger, de mère tunisienne et de père algérien. Journaliste et essayiste, il vit et travaille à Paris depuis que, menacé en tant que journaliste durant la guerre civile, il a été contraint à l’exil, ce qu’il raconte dans Un regard Calme sur l’Algérie paru au éditions Le Seuil en 2005.

« Quitter son pays est toujours un échec » écrit-il dans Retours en Algérie, allusion à sa propre histoire, mais aussi à celle de ses compagnons de voyage : un groupe de lecteurs de l’hebdomadaire La vie, Pieds-noirs pour certains, ancien appelés ayant fait la guerre d’Algérie pour d’autres, qui ont souhaité confronter leurs souvenirs à la réalité de l’Algérie contemporaine. Invité par son ami éditeur Jean-Claude Guillebaud, à accompagner le groupe, Akram Belkaid, après quelques moments d’hésitation, décide de se lancer das l’aventure.

Dans Retours en Algérie, il raconte ce périple intime et conflictuel, entre Tlemcen, Oran et l’Algérois (Cherchell, Tipasa, Tibhirine, Alger…), au cœur de l’Algérie d’aujourd’hui : jeune, déglinguée, corrompue, attachante.

Le style est vif et précis, le contenu est didactique et sensible. L’auteur réussit à nous faire à la fois sentir comprendre, la blessure à vif que constitue, même des décennies plus tard, l’exil. Au fil des pages, on réalise que, même s’il est « chez lui » à Paris, l’Algérie reste son pays, dont il se sent « responsable », d’où sa prévention et son attention toute particulière vis à vis des  « pèlerins » qui l’accompagnent. D’où, aussi, sa colère face à la corruption endémique de l’Etat. Mais Akram Belkaid, en décrivant l’incroyable accaparement des richesse par la caste au pouvoir en Algérie, n’oublie pas d’insister sur ces l’existence de ces richesses, et sur l’incroyable potentiel du pays.

Insensiblement, au détour d’une anecdote ou d’un description, le lecteur saisi le sens réel de « l’indépendance », c’est à dire la capacité d’inventer, pour soi un mode de vie et de pensée sensiblement différent de celui imposé, en son temps, par le colonisateur. Un rapport au symbole et au sacré, parfaitement compatible avec une forme de réalisme, poétique, qui échappe aux grilles de la pensée occidentale mais avec laquelle de nombreux ponts sont possibles.  Lire la suite et partager »

Radio : émissions 2013

Les vacances, une parenthèse qui réconcilie !

Téléchargez l’émission du 8 juillet avec Fabienne Chiche, Olivier Vilain et Gilles Caire

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convergence-mai_juin-2013-240Le temps des vacances reste une priorité pour les familles. Cependant, avec la hausse du chômage, une part croissante des catégories populaires n’a pas les revenus suffisants pour les financer. L’été est là et pourtant un Français sur deux ne quittera pas son domicile. En particulier, une majorité des mères ou des pères qui élèvent seuls leurs enfants. Les bénévoles du Secours populaire les accompagnent pour que petits et grands puissent s’évader.

Car, comme le confirme  Gilles Caire, universitaire, spécialiste en économie de la protection sociale et en économie du tourisme, le droit au vacances et aux loisirs est un droit fondamental inscrit dans la loi. « L’égal accès de tous, tout au long de la vie, à la culture, à la pratique sportive, aux vacances et aux loisirs constitue un objectif national. Il permet de garantir l’exercice effectif de la citoyenneté… », précise l’article 140 de la loi du 29 Juillet 1998 qui inscrit les vacances et les loisirs comme un objectif national. Un objectif souvent négligé par la classe politique et aussi par les citoyens eux-même qui n’estime n’avoir droit aux vacances que s’ils travaillent. Or, comme le précisent Olivier Vilain et Fabienne Chiche qui ont réalisé le dossier consacré à ce sujet dans le magazine Convergence, ces échappées belles, loin des soucis quotidiens sont indispensables, surtout pour les plus pauvres, afin de retrouver quelques forces pour faire face aux difficultés de la vie.  Lire la suite et partager »

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Pédale camarade : le nouveau monde est devant toi !

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AT2013-AfficheTandis que les champions survitaminés du Tour de France courraient, maillots publicitaires sur le dos, la dernière étape de la Grande Boucle, les premiers participants  à l’ Alter Tour 2013, parcours cycliste en relais accessible à tous, ont pris le départ à Autry-Le-Châtel (Loiret) le 19 juillet à 9h30. A leur rythme, ils traverseront la Nièvre, l’Yonne, la Côte d’Or, la Saône-et-Loire, le Jura, et s’achèvera à Rochejean (Doubs) et seront 205 au total à se relayer sur l’ensemble du parcours.

Face à une société de compétition à bout de souffle construite autour de Grands Projets Inutiles et Imposés (Notre-Dame-des-Landes, LGV Lyon-Turin, etc.), l’AlterTour soutient un autre modèle. Celui d’une société ancrée dans une multitude de petits projets bien plus durables socialement et écologiquement : des Petits Projets Grandement Utiles. Histoire de comprendre que, comme le rappellent Sophie Legras et Samy Archimède, un autre monde est non seulement possible, mais qu’il est déjà en marche, les cyclistes vont allez à la rencontre des acteurs locaux porteurs d’ initiatives « alternatives » : associations de transition énergétique, écolieux, réseaux de semences paysannes, luttes contre les gaz de schistes et l’exploitation forestière industrielle…Ce sont ces alternatives concrètes et ces mouvements de résistance que l’AlterTour met en lumière et soutient en leur rendant visite à vélo.

Vous rêvez d’une autre société ? Elle est à portée de pied ! Venez pédaler, goûter à l’autogestion, partager une belle tranche de vie collective dans la simplicité volontaire ! L’AlterTour est un relais solidaire, ouvert à tous et sans exigence de performance ou de durée !

Parrainé cette année par les agronomes Claude et Lydia Bourguignon et par Aurélie Trouvé, ancienne co-présidente d’Attac, l’AlterTour résiste à l’esprit de compétition Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Welcome to the world of Riot, l’OVNI musical de Motown

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R-2439121-1284117344 (1)Véritable objet sonore non identifié à mi-chemin entre Santana et Steppenwolf, le tout passé au mixer avec une pointe de soul psychédélique, Riot est malheureusement tombé dans l’oubli comme beaucoup d’œuvres musicales de la même époque. A l’origine de la formation de ce groupe latin-rock, le désir de perpétuer la continuité artistique de Rare Earth, alors en perte de vitesse. Berry Gordy le président de Motown Records (installé depuis fin 1972 à Los Angeles) et Tom Baird (producteur de Rare Earth) s’attelèrent à la tâche. Riot est un savant assemblage de pointures issues de la crème de la scène latino comme Hector Andrade de Caldera, Carmelo Garcia percussionniste de Mongo Santamaria et John De Luna de El Chicano. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Aimé Nouma nous présente ses « pleurs du mâle »

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Aime-COUV

Ne demandez pas à Aimé Nouma d’où il vient, ne cherchez pas à savoir où il va, simplement, fermez les yeux et écoutez le raconter …

Alors, sans avoir à bouger, c’est vous qui le suivrez !

Une fois l’artiste, le Slameur, descendu de la scène, en découvrant les textes de ce recueil, vous vous souviendrez que les mots d’Aimé sont autant de perles parmi lesquels se sont glissés quelques cailloux dont il a sus faire, c’est là son pur talent, les plus beaux joyaux !

Les Pleurs du Mâle est un recueil de poésies slam contenant des chroniques parisiennes commencées à la fin des années 70. Un temps,  où le Sida n’existait pas encore,  où les immeubles n’étaient pas bardés de digicodes et où les caméras n’espionnaient pas en permanence la ville et ses sous-sols. Lire la suite et partager »

Films, Radio : émissions 2013

Michelin : du paternalisme d’une usine familiale au capitalisme sauvage

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michelin

Le documentaire de Paule Muxel, Bertrand de Solliers, « le monde selon Michelin » raconte comment, à la fin du XIXe siècle, deux frères, deux parisiens, un artiste peintre et un petit industriel, s’engagent dans la remise à flot d’une industrie familiale au bord de la faillite en Auvergne. Ainsi débute l’incroyable saga des frères Michelin, Édouard l’artiste se révélant un industriel averti, innovateur, et son frère André un des initiateurs fécond de la publicité et du marketing international moderne. Tous les deux sont des précurseurs, des visionnaires dans leur temps, et pas seulement dans le pneumatique, mais l’aviation, l’organisation des routes, l’avenir de l’automobile, la célèbre Micheline, jusqu’aux produits de pointe qui aujourd’hui équipent la NASA, Boeing, Airbus… Lire la suite et partager »