Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

Géostratégie des interventions militaires : l’éclairage de Michel Koutouzis

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ares-god-of-warA mille lieues des discours infantilisants des hommes politiques et du ressassement médiatique, l’historien et ethnologue Michel Koutouzis nous livre une analyse aussi pertinente que décapante des gesticulations occidentales concernant la guerre syrienne et plus généralement des motivations réelles des guerres d’intervention.

Effectivement, dès lors que l’on accepte de se poser de poser un regard calme sur la situation, en essayant d’intégrer des paramètres éludés, on réalise que le théatre des opérations est complexe : « Le nord-est syrien est sous le contrôle kurde. Cela inquiète la Turquie. Deux composantes djihadistes (ASL et Idlib), à l’est, au centre et à la frontière turque ont créé des zones autonomes et se tapent dessus quand elles peuvent. Une multitude de petits groupes fondamentalistes (sunnites en majorité) sillonnent le pays confondant révolution et prédation. Cela inquiète les Etats Unis et l’Europe. Une partie des villes et même le nord-est de Damas sont sous le contrôle fluide d’insurgés laïques. Ce qui inquiète aussi bien l’Iran que les pays du Golfe, gros mais sélectifs financeurs de l’insurrection. Le Hezbollah agit en profondeur sur le sol syrien aux côtés de l’armée syrienne. Cela préoccupe l’Europe et Israël. A l’intérieur de cette guerre, des mini guerres opposant kurdes et fondamentalistes, groupes djihadistes, laïques et religieux, Alaouites et Sunnites, participent au chaos tandis que des milices (chrétiens, sunnites, chiites, kurdes) fortifient bourgs puits, barrages et villages taxant au passage les routes et les chemins qui y mènent. Même ceux qui pendant des décennies se considéraient simplement syriens doivent aujourd’hui adosser au moins un des qualificatifs politico – religieux et/ou ethniques ci-dessus. L’action en profondeur des uns et des autres est quasi impossible. La guerre prend l’allure d’incursions punitives successives, de guerre de positions (aux dépends de ce qui reste des villes), et de bombardements massifs. Pour les uns comme pour les autres des secteurs de territoire incertains reliés par des corridors encore plus incertains et changeants. Un bon tiers des villes et de leurs infrastructures est totalement détruit, comme les systèmes d’irrigation, les réseaux électriques, les routes, sans oublier la destruction massive du patrimoine historique. D’ores et déjà, tandis que le pouvoir politique reste toujours en place, la Syrie est un pays détruit qu’un vingtième de sa population a déjà fuit. Il est aussi devenu un jouet de ses voisins (Israël, Turquie, Iran), se « libanise », tandis que le Liban reprend allègrement le chemin de la « grande catastrophe » Les pertes humaines sont énormes mais aussi, produit d’une multitude de guerres, invérifiables, d’autant plus que s’y ajoutent des règlements de compte, on « résout » des différents entre villages, familles, clans qui n’ont rien avoir avec les enjeux de la guerre elle même.

Complexe, les enjeux à l’extérieurs de la Syrie ne le sont pas moins : Israël, par exemple, a tout à perdre avec la chute de Bachar el – Assad mais tout à gagner d’un affaiblissement de l’Iran qui le soutient et du Hezbollah, acteur en Syrie et soutenu par l’Iran. La Turquie, par ses barrages anatoliens tient les vannes qui peuvent transformer en désert ou en jardins fleuris la quasi-totalité de l’espace agricole syrien. Mais elle craint aussi l’émergence d’un Etat kurde et celui de l’entité autonome en Iraq lui suffit amplement comme problème. Chypre possède sur son sol une base aérienne britannique mais, après avoir porté un coup bas aux sociétés offshore russes à son corps défendant ne veux pas aggraver ses relations avec la Russie. Tout comme la Grèce et la base américaine de Souda en Crète. La Russie et la Chine, qui ne s’embarrassent pas du concept de guerre juste quand elles interviennent à leurs marches (ou supposées l’être) savent rappeler aux alliances atlantiques qu’ils ont été largement abusés en Libye et que cela ne se reproduira plus. Faites ce que vous voulez insinuent-ils mais cela se fera aux dépends de vos propres concepts (guerre juste adossée par la communauté internationale).

Tous ceux qui « s’inquiètent », qui « restent préoccupés », ou affirment leur « indignation » oublient un peu trop vite qu’ils ont surtout « misé » sur une solution rapide des uns ou des autres, participant de la sorte à l’impasse. Naît alors la notion d’une « mort inacceptable » pour cacher l’acceptation de dizaines de milliers de morts et de la destruction massive d’un pays. On découvre soudainement que tuer par le gaz sarin est un casus beli, tandis qu’au même moment des bombardements massifs mais « admis » en tuent bien plus. Ce n’est plus la mort en soit mais cette mort spécifique qui mobilise, tandis que les médias et les opinions manipulées participent à ce jeu destructeur de leur propre entendement qui spécifie de manière morbide leurs résistances morales par rapport à ce désastre global. » Lire la suite et partager »

Expositions, Radio : émissions 2013

Le baromètre de la pauvreté pointe les femmes seules.

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A l’occasion de la parution de la septième édition du baromètre du Secours populaire sur la perception de la pauvreté par les Français et les Françaises  dans Convergence, Fabienne Chiche, la responsable de la rédaction et Olivier Vilain, journaliste nous en détaillent les résultats. Sans surprise, les plus touchées par la pauvreté en France aujourd’hui sont les femmes. Emplois précaires, temps partiel subi, chômage…, les femmes paient un lourd tribut à la crise, mais aussi aux persistantes inégalités de genre. Résultat : elles sont plus affectées que les hommes par la pauvreté. Une injustice qui s’accentue au moment de la retraite. Partout, la pauvreté gagne du terrain. Et partout les femmes seules avec enfant(s) sont en première ligne, elles doivent lutter au quotidien ne serait-ce que pour tenir la tête hors de l’eau. Avoir un travail ne les met même pas à l’abri, car le plus souvent il s’agit de temps partiel non choisi, d’emplois précaires ou sous-payés. La vie devient un réel parcours du combattant, qu’elles affrontent sur fond d’éclatement de la famille. La pauvreté des enfants s’aggrave… Le nombre de ces familles monoparentales qui s’adressent au Secours populaire, augmente de façon considérable, effrayante.

Au delà de ce constat statistique, et de l’aide concrète que le Secours populaire apporte à ces femmes, à travers la publication d’un livret retraçant les portraits de 8 femmes « puissantes », malgré les difficultés qu’elles rencontrent, Fabienne Chiche et le photographe  David Paul Carr a souhaité leur donner directement la parole.  Car, derrière les statistiques officielles de la pauvreté, il y a des visages, des histoires, des parcours de vie. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

War : Les années Burdon

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EricBurdonWarMixant avec talent le jazz, le funk, les rythmes latinos et le reggae, War fut une des formations les plus populaires des années 70 avec une pléthore de hits, accueillant en son sein Eric Burdon pendant une courte durée, allant de 1969 à 1971.

1962, deux étudiants originaires du quartier de Compton –South Central, Howard Scott (guitare) et Harold Brown (batterie) lancent un groupe appelé The Creators qui va évoluer avec l’arrivée du bassiste Morris BB Dickerson, du saxophoniste Charles Miller et du clavier Lonnie Jordan en 1965. The Creators font leurs armes dans divers clubs de Los Angeles et des environs et gravent leur premier morceau « Burn Baby Burn » pour le compte du label Dore.

En parallèle, le groupe backe Jay Contreli (saxophoniste et ex-membre de Love), s’enrichit de nouveaux membres, l’harmoniciste danois Lee Oskar et le percussionniste Papa Dee Allen et se rebaptise The Nightshift en 1968. Soudain tout s’accélère au cours de l’année suivante, car le producteur Jerry Goldstein organise une rencontre avec un de ses artistes, l’ex chanteur des Animals Eric Burdon, alors en perte de vitesse. Lire la suite et partager »

Radio : émissions 2013

Traduire n’est jamais « innocent » : l’analyse de Martin Schvartzapel.

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Pour son grand retour dans l’émission Liberté sur paroles, Martin Schvartzapel nous propose de réfléchir à la question de la traduction.

Pour savoir ce qu’il advient d’une œuvre sur la rive d’une autre langue, il s’intéresse tant aux « pertes » subies par le texte lors de son transfert vers l’autre langue qu’ à l’éclairage nouveau ( et enrichissant) que lui confère le regard du traducteur, mais aussi à sa réception dans un autre contexte, dans une autre société : là où on peut entendre chez l’autre ce qu’on avait oublié chez soi.

« Il s’agit de montrer comment les « intraduisibles » se manifestent. Ils s’incarnent d’une part en dehors du texte dans la circulation sociale comme autant de dispositif reflétant ces failles; et d’autre part en laissant des traces sur les textes mêmes sous la forme des signifiants qui chapeautent l’ensemble des significations, redistribuant les enjeux au delà des sens affichés. La traduction en tant que remise à plat des différents registres du langage, est une opportunité privilégiée de relecture. Mais rien n’assure que l’opération ne se réduise à tirer un rideau convenable sur une œuvre dérangeante.

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Livres, Manifestations, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

Des grands projets inutiles aux utopies concretes !

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grands projets inutilesDans un livre collectif, « Le petit livre noir des grands projets inutiles » (ed. le passager clandestin), Camille dénonce la manière, dont malgré les « Grenelles » et autres éco-gadgets, on prévoit un « grand bétonnage du territoire français avec des projets d’autoroutes, d’aéroports, de lignes LGV, de stades de foot, d’incinérateurs, de centrales nucléaires et autres lignes à très haute tension… La « crise » conduit en effet les pouvoirs politiques à la recherche du Graal de l’emploi et de la croissance économique à reprendre ces recettes traditionnelles des « grands travaux » qui nous ont menés dans l’impasse …  Qu’importe que cette équation fasse abstraction de la finitude de notre planète et méprise les nécessités fondamentales du vivre ensemble et du rapport à la nature ! Cet ouvrage décrit les principaux projets inutiles de notre temps, butant sur des mobilisations ô combien nécessaires : de Notre-Dame des Landes à Bure en passant par Flamanville, Gonesse, Gap, Creys-Malville, Lyon, Rouen, Toulouse, la Picardie, le Morvan ou les Landes…

Heureusement, l’inutilité et la nocivité de ces grands projets trouve sur leur route toute une populatioFUCCn déterminée, en multipliant les zones à défendre (ZAD), à inventer d’autres manières d’occuper le terrain.

Et comme le souligne Clara Breteau, l’une des organisatrice du Festival des utopies concrètes qui se tient à Paris et en région parisienne à partir de 20 septembre, de nombreuses initiatives de vie et de production existent déjà ! Centré sur les alternatives, les initiatives de transition le FUC prouve que d’autres modes de vie, de transport, de production et de consommation sont possibles et qu’ils sont accessibles et réalisables localement par les citoyens. Lire la suite et partager »

Emissions en partenariat avec la revue "Hommes et Migrations", Expositions, Films, Livres, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

L’exil chilien en France : souvenir d’un temps où notre pays savait encore accueillir !

Téléchargez l’émission du 2 septembre avec Raul Morales la Mura,Fanny Jedlicki, Eric Facon, Diego Olivares et Eduardo Olivares

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chiliens
Notre émission de  rentrée en partenariat avec la revue Hommes et Migrations est consacrée à l’immigration chilienne. Le coup d’État du 11 septembre 1973, qui chassé du pouvoir le gouvernement d’Unité populaire et provoqué la mort de Salvador Allende, le seul président marxiste démocratiquement élu, a marqué le début de l’exode pour des milliers de Chiliens fuyant la répression et la dictature sanglante d’Augusto Pinochet. Depuis 1973, ils sont entre 10 000 et 15 000 à avoir rejoint le territoire français pour y trouver refuge. Quarante ans après, que nous reste-il de cette histoire terrible à travers la transmission de la mémoire de l’exil aux enfants puis aux petits-enfants de ces Chiliens ? Comment la société française a-t-elle  accueilli à l’époque ces personnes en quête d’un asile ?

Pour évoquer cette migration à dominante politique, intellectuelle et artistique, Raul Morales La Mura, sociologue et chercheur au Laboratoire Lorrain en Sciences Sociales analyse la place de la France dans l’accueil des exilés latino-américains en Europe, et Fanny Jedlicki, Enseignante-chercheuse en sociologie à l’Université du Havre nous parle des enfants d’exilés chiliens ayant vécu à l’ombre d’un retour hypothétique à la chute de la dictature (un tiers des exilés repartiront effectivement) et montre comment cette mémoire s’est transmise entre générations.

Eric Facon, photographe et membre du collectif Le Bar Floréal expose dans la galerie située dans le XXe arrondissement de Paris une série de photographies intitulées « Hijos del exilio / enfants de l’exil », 23 portraits de filles et fils d’exilés chiliens et des paysages urbains de Paris et de Santiago du Chili, nous parle de son travail. Cette série est éditée, dans un très bel ouvrage, format passeport, par Créaphis éditions, où elle est accompagnée de courts témoignages des personnes photographies, réalisés, en deux temps (il y a dix ans puis cette année, pour les 40 ans de cet exil) par le photographe en collaboration avec le journaliste Diego Olivares.

L’actualité culturelle est artistique autour de cette date anniversaire est commentée par Eduardo Olivares, responsable de La Francolatina, site Internet qui se veut une « passerelle » entre les peuples et les histoires et qui lance Lire la suite et partager »

Emissions en partenariat avec la Cimade, Radio : émissions 2013

Au delà des idées reçues, qui sont les femmes migrantes ?

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image-femmesTout en rappelant les difficultés spécifiques et graves que doivent affronter les femmes migrantes, comme l’insécurité lors du trajet migratoire ou l’impossibilité d’échapper à la violence dans le travail ou dans leur foyer, surtout quand elle ne sont pas en situation régulière, Céline Roche, Coordinatrice régionale de l’action femmes à la Cimade tient avant tout à balayer les clichés concernant les migrantes,  » ces sœurs, mères, épouses ou victimes, nounous, femmes de chambre, analphabètes, femmes voilées ou en boubou, régnant dans les odeurs d’huile de palme sur des cuisines minuscules, cloîtrées dans des immeubles de quartiers relégués…  » ainsi qu’elle sont sans cesse présentées et représentées. Des idées reçues qui entache nos représentations, et celle de nombre d’administrations,  de ces femmes souvent très actives, diplômées, combatives et autonomes.

Contrairement à ce que l’on peut lire ou voir dans la plupart des médias, les femmes migrantes sont là, d’autant plus déterminées que le chemin migratoire a été éprouvant, d’autant plus actives qu’elles doivent prouver encore davantage, d’autant plus fortes que leur situation, et de femme, et de migrante, les rend plus vulnérables aux discriminations et injustices sociales. Elles existent et agissent pour et par elles-mêmes, tributaires de notre incapacité collective à penser la complexité et la diversité de leurs situations et parcours de vie privée et professionnelle. La Cimade publie « Petit guide pour conjuguer la migration au féminin », un petit guide gratuit  leur rendre justice…. et nous ouvrir les yeux ! Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Mandré, l’homme qui venait de l’espace !

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michaelandrelewisSorcier de l’électronique, virtuose des synthétiseurs et précurseur du duo Daft Punk, Mandré alias Michael André Lewis est un multi instrumentiste de talent, mais monstrueusement sous-estimé. Pourtant, il fut avec Stevie Wonder l’un des premiers à incorporer les instruments de Robert Moog dans la musique afro-américaine du début des années 70.

Né le 7 Décembre 1948 dans le Nebraska, fils d’un saxophoniste ayant fait ses armes au sein du Count Basie Band, de Fats Domino et de la chanteuse Etta James, le jeune Lewis découvre ses premiers émois musicaux à l’âge de 6 ans au sein des Be Bop’s avec son ami d’enfance Buddy Miles (futur batteur de Jimi Hendrix). Il se fera un nom avec le « Mike Lewis Quartet » qu’il fonde à l’âge de 15 ans, et partagera l’affiche avec des pointures du jazz comme Jimmy Smith ou Jimmy McGriff.

Sa carrière prend de l’ampleur à partir de 1970. Il rejoint à ce  moment-là Buddy Miles et collabore sur son album « Them Changes » pour le compte du label Mercury. De plus, Michael participe à des sessions studios pour les Who ou Patti Labelle. Au cours d’une tournée avec Miles, il fait la connaissance de sa future femme, l’ex Ikettes Paulette Parker alias  Maxayn Lewis, puis fonde dans la foulée le groupe Maxayn en 1972 avec lequel il enregistrera 3 albums pour le compte du label Capricorn jusqu’en 1974. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

De la banalité de l’islamophobie…

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islamophobie-ordinaire-livre-nadia-henni-moulai-ccifPris en tenaille entre une droite qui les stigmatise au nom de « l’identité nationale », et une gôche qui se cache derrière le paravent de la laïcité pour en faire autant, les Musulmans sentent bien qu’en France ils leur faudra toujours s’expliquer, se justifier pour simplement pouvoir exercer ce droit fondamental qu’est celui de la liberté de conscience. Or le « Pays des droits de l’homme » semble s’asseoir allègrement sur cet aspect pourtant fondateur de notre république. C’est à partir de ce constat et que Nadia Henni-Moulaï a décidé d’écrire ce Petit précis de l’islamophobie ordinaire, paru aux éditions les points sur les i, dans lequel, fidèle à son gout pour les nouvelles (cf son ouvrage précédent : 1954-1962 La guerre d’Algérie – Portraits croisés), elle nous propose une série de scénettes de la vie quotidienne, inspirée de faits réels et dans lesquelles, s’insinue insidieusement des propos ou des gestes hostile à la religion musulmane. Il s’agit d’une sorte de chronique du racisme ordinaire nourri d’ignorance et de préjugés, largement relayés par les médias dominants.  Lire la suite et partager »

Les questions d'Antoine Tricot, Radio : émissions 2013

Les questions d’Antoine : #01 Peut-on juger de la démocratie à l’aune de la liberté de la presse ? Éléments de réponse(s) à travers l’exemple d’El Watan en Algérie.

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el watan_okPar Antoine Tricot :

« Nous allons parler de l’Algérie, de liberté d’expression et de dictature. J’avais envie de parler de l’Algérie pas pour une quelconque commémoration, comme on a l’habitude de le faire, mais juste parce que nous n’en savons presque rien. À peine se souvient-on que la guerre d’Algérie s’est terminée en 1962, que le pays a subit une guerre civile dans les années 1990 et qu’il est aujourd’hui gouverné par Abdelaziz Bouteflika.

C’est aussi l’occasion de parler, un peu, de propagande en essayant d’aller un peu plus loin que les poncifs qu’on a l’habitude d’entendre…

Tout est parti d’un tweet de Pierre Haski, le directeur du site Internet d’information rue89, qui, le 29 juin dernier, envoyait une photo de la Une d’El-Watan, un journal francophone algérien, titrant alors « Comment le pouvoir étouffe les droits de l’homme ». Pierre Haski accompagnait alors cette photo de cette exclamation: « On ne peut pas dire que la presse algérienne soit muselée !»

Et effectivement. À lire l’article qui accompagne cette Une d’El Watan, on n’a pas l’impression que la presse soit à la botte du pouvoir en Algérie. Le journaliste fait un vif compte rendu du dernier rapport du Collectif des familles de disparus en Algérie rendu à Paris, à la fin du mois de juin. Comme le rapporte El Watan, le document de 149 pages fait une description exhaustive des violations des droits de l’homme en Algérie ces dernières années. il souligne notamment les dysfonctionnements du système judiciaire, le renforcement des lois coercitives en juillet 2012 et la régression générale des libertés fondamentales. L’article évoque même des cas de tortures dans les commissariats du sud du pays. Lire la suite et partager »