Emissions en partenariat avec Radio Clype, Radio : émissions 2012

Les journalistes en herbe de l’école Evangile nous présente leur envoyé spécial en Haïti

Écoutez l’émission du 18 juin avec Alain Devalpo, Gwenalele Guillerm, Emmanuelle Louys et Nassira, Catherine, Zinedine, Anis, Nisrine et Astou de la classe de CM2 de l’ecole Evangile

©Alain Devalpo

A partir des reportages et des interviews réalisés pour eux  en Haïti par le journaliste Alain Devalpo, les élèves de la classe de CM2 B du l’école de la rue de l’Evagile (Paris 18e) ont réalisé un programme de radio pour Radio Clype avec leur professeure Emmanuelle Louys. Particulièrement à l’aise devant le micro,  Nassira, Catherine, Zinedine, Anis, Nisrine et Astou étaient sur le plateau de Liberté sur Paroles pour nous présenter leur travail et nous expliquer comment ils ont collaboré avec Alain, leur « envoyé spécial ». L’occasion également pour ce grand reporter de nous parler de l’association « Le retour de Zalumée« ,  qu’il a fondé il y a quelques années avec des confrères journalistes et autres compères et qui, notamment avec  l’opération « Journalistes en herbe », se propose de créer de ponts entre l’univers du journalisme et le monde de l’enseignement, de sensibiliser les élèves à la citoyenneté, à la solidarité dans le monde et à la découverte d’autres cultures.

Le principe de « Journaliste en herbe » est simple : Alain Devalpo part chaque année dans un pays différents durant deux mois, de là, via internet il est en contact avec des écoliers, collégiens et lycéens qui lui « commandent » des reportages et/ou qui s’approprient ceux mis en ligne sur le site  de « couleur monde » afin de l’intégrer au projet pédagogique de leurs enseignants. Cela peut donner naissance à une émission de radio, un journal  scolaire, une exposition ou tout simplement servir à compléter un dossier sur un pays… De la rencontre Lire la suite et partager »

Emissions en partenariat avec Radio Clype, Radio : émissions 2012

Quand la radio contribue à l’apprentissage du Français !

Écoutez l’émission du 21 mai avec Vanina Carcenac, Nadine Groguennec, Gwenaele Guillerm, et les élèves de deux classes d’accueil parisiennes : Christian, Alican, Andreea, Simona, Elisabeth

 

Ils viennent d’Espagne, de Roumanie, de Tchétchénie d’Afrique ou de continents plus lointains encore… Leur point commun : il ne parlaient pas un mot de Français il y a quelques mois et ont appris, ensemble, notre langue au sein d’une classe d’accueil parisienne. Accompagnés de leurs enseignantes, passionnées et motivées, ces élèves témoignent sur le plateau de Liberté sur Paroles de leur fierté de pouvoir s’exprimer à la radio et raconter aux auditeurs ce que l’on fait dans une classe d’accueil, quels projets on y mène et à quel avenir elle prépare… Dans le cadre de leurs cours, des élèves de 7 classes d’accueil des lycées parisiens, ont en effet réalisé des « chroniques métiers » qui ont été enregistrées et diffusée par Radio Clype. Chacune comporte une interview de professionnel, quelques mots de vocabulaire utilisés dans le métier décrit, une fiche pratique pour accéder à ce métier et parfois un avis personnel d’élèves qui ont choisi ce métier. Lire la suite et partager »

concert, Films, Manifestations, Radio : émissions 2012

Le festival « Ta parole » fête ses dix ans !

Écoutez l’émission du 4 juin 2012 avec Roxane Joseph

Le Festival TaParole c’est des concerts durant trois jours, un festival de chansons qui défend des artistes indépendants et émergents. Un forum associatif militant, un grand bal pour clôturer en dansant le Festival. Buvette et cuisine bio au jardin, joie au long cours au rendez-vous.

Mais c’est aussi toute une histoire : au fond d’une cour d’immeuble parisien, il y a dix ans, la première édition du festival TaParole voyait le jour. Chacun avait donné un coup de main, comme pour toutes les belles fêtes, les uns faisaient des quiches, les autres collaient des affiches. Agnès Bihl, marraine à vie du festival a été la première à accepter de jouer, puis finalement tous les artistes ont répondu présents, par amitié, ou par curiosité, notre invitation quelque peu fantasque : on partagera les recettes s’il y en a, il y aura sans doute une sono, des lumières ? Non… à manger ? Oui… et beaucoup à boire.

Puis le premier concert eut lieu et ce fut magique ! Le public était là (guichet fermé dès le premier soir), l’émotion, la bonne humeur, la fête et la joie d’avoir réussi notre pari, au soir du premier soir cela ne faisait pas de doute qu’il y aurait d’autres éditions. L’enthousiasme ne s’est jamais perdu, l’énergie de la belle équipe de Taparole, composée, à l’origine, de Roxane et Nicolas Joseph, a porté et aujourd’hui le festival s’est fait une place parmi les autres festivals, il est attendu, soutenu, apprécié. Les étoiles dans les yeux du public, les sourires des artistes, la fraternité des bénévoles, tout cela permet au bout de dix ans de rêver des dix prochaines et des dix prochaines… « Partis de rien, nous pouvons tout ! Et faut que ça se sache ! Et merci pour la lune ! », on les prend au mot…

Au programme : Lire la suite et partager »

concert, Expositions, Radio : émissions 2012

Richard Laillier : creuser le noir jusqu’à la lumière !

Écoutez l’émission du 4 juin 2012 avec Richard Laillier

Il y a un peu plus de deux décennies, Richard Laillier a assisté à la rencontre fortuite de la pierre noire et de sa gomme… De cet accident est né un procédé, unique, qu’il s’est approprié  et qui donne à ses dessins cet incomparable mystère velouté.

Sans doute parce que « le diable se cache dans les détails », sur les dessins de Richard, présentés à la Galerie Guigon jusqu’au 30 juin, on ne voit que des parties de corps, des « Etudes », de postures, de formes, de paysages, des membres jaillissants des ténèbres, prêts à nous emporter, si on sait « tendre l’œil », dans un univers où la lumière se mérite : sur le grain dénudé du carton, une lueur permet aux corps de prendre formes.  Libératrices, jubilatoires  et souveraines les œuvres de Richard Laillier nous  interrogent sur notre propre regard et nous rappellent, implicitement, que ce qui ne se voit pas reste à inventer à rêver à désirer…

Pour découvrir le travail de Richard Laillier en y associant le plaisir de la musique, RV le samedi 9 juin à la galerie Guigon, au 39 rue de Charenton, Paris 12e,  pour un concert offert par les deux violonistes Olivia Hugues et Carole Petitdemanche. Lire la suite et partager »

Agenda, Expositions, Livres, Radio : émissions 2012, Rencontres, débats ..., Résonance africaine

Mémoire de l’avenir essaime en Casamance !

Écoutez l’émission du 2 juin 2012 avec Doby Adjo, Margalit Berriet et Grégory Busson

Parce que l’art et la culture qui peuvent apporter une meilleure connaissance de soi et des autres pour l’épanouissement de chacun, ce sont ces vecteurs que Magalit Berriet, a choisi pour engager la lutte contre les discriminations, en 2003, quand elle a fondé l’association de « Mémoire de l’avenir« (MdA). MdA réunit aujourd’hui de nombreux artistes utilisant l’art comme moyen d’expression pour aborder des thématiques liées à l’identité, la mémoire, les origines. Son but est de faciliter l’expression de l’imagination, transmettre un message d’ouverture et d’acceptation des différences pour s’enrichir de la diversité des cultures. L’association intervient au niveau national et international auprès d’un large public pour ouvrir au dialogue interculturel et découvrir la richesse qui émane du (mé)tissage humain. Ainsi, l’une des réalisations de l’association est la Bibliothèque, qu’elle a contribué à ouvrir à Cap Skirring en Casamance. Ce lieu de rencontre, un espace convivial pour tous les âges, réunit pour les habitants de Cap Skirring et des villages de la communauté rurale de Djémbering, des livres récoltés en France. Cela afin de favoriser la culture écrite, la diffusion de livres et de journaux mais également pour raviver la culture orale et faciliter la rencontre avec l’ Autre. Comme dans une bibliothèque publique, un échange de livres est possible. Ce lieu est autogéré par Lire la suite et partager »

Films, Radio : émissions 2012, Rencontres, débats ...

Sur un air de Révolution : une sélection inédite et audacieuse de films qui chantent la révolte !

Écoutez l’émission du 4 juin 2012 avec Lili Hinstin

Lili Hinstin de l’association « Documentaire sur grand écran », est l’instigatrice passionnée de ce festival qui nous prouve que le cinéma et la musique, eux aussi secoués par les révolutions, révoltes et autres insurrections et nous en restituent, avec leurs moyens propres, les vibrations impulsées par la colère, l’espoir et l’utopie. Elle nous en détaille l’esprit et la riche programmation. En effet, des cinéastes ont toujours scruté les soubresauts de l’Histoire en accordant leurs films au rythme du chant révolutionnaire : l’apartheid en Afrique du Sud, Mai 68 et les mouvements ouvriers en France, le combat pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis, la guerre d’indépendance au Mozambique, la grande grève des mineurs en Angleterre… Dès 1930, Dziga Vertov donne le « la » avec Enthousiasme ou La Symphonie du Donbass, premier film sonore soviétique, où la musique figure à la fois comme expression de la lutte des peuples et expérimentation formelle. Car il s’agit de lutter sur deux fronts : politique et esthétique. Qu’ils prennent parti de l’intérieur ou qu’ils aillent respirer ailleurs l’air de la révolution, comme les Brésiliens Celso et Luccas au Mozambique, l’Américain Rogosin en Afrique du Sud, Agnès Varda chez les Black Panthers ou le Hollandais Johan van der Keuken, du Ghana au Surinam, au son de l’héritage colonial des fanfares de cuivres (Brass Unbound), les cinéastes creusent le double héritage vertovien. D’une part, la musique comme patrimoine commun (les chansons des mineurs du film de Ken Loach Which Side are you on ?, des ouvrières de Scènes de grève en Vendée, film collectif d’ISKRA), comme transmission d’une histoire populaire (Makwayela, un film rare de Jean Rouch sur des ouvriers au Mozambique chantant et dansant leur oppression dans les mines d’or sud-africaines). D’autre part, l’ambition de révolutionner les formes : créer un cinéma nouveau pour une nouvelle nation (Celso et Luccas avec 25) ou « faire politiquement des films politiques » (Jean- Luc Godard avec One plus One). Affranchissement par et pour le cinéma, la résistance aux normes s’affirme, émancipation des codes narratifs au rythme d’un montage free (Black Liberation / Silent Revolution de Edouard de Laurot). Deux fictions enfin, mais à la portée documentaire retentissante : Come Back, Africa de Lionel Rogosin, film clandestin au cœur du système de l’apartheid et Sweet Sweetback’s Baadasssss Song de Melvin van Peebles, déclaration de guerre à la société raciste américaine, météorite dans le bon goût cinématographique, outrée et outrageante. Lire la suite et partager »

Emissions en partenariat avec la revue "Hommes et Migrations", Livres, Manifestations, Radio : émissions 2012, Rencontres, débats ...

Quid de la contribution des écrivains venus d’ailleurs à la langue, à la littérature et à la culture française ?

Écoutez l’émission du 4 juin 2012 avec Marie poinsot, Elisabeth Lesne, Nicolas Treiber, Amazigh Kateb, Khadi Hane, Anthony Goreau-Ponceaud et Michael Ferrier

A l’occasion de la remise, mercredi 6 mai à 19h du prix littéraire de la porte dorée, dont c’est la troisième édition et  qui récompense un auteur de langue française qui traite de l’exil parmi plus d’une dizaine de romans sélectionnés, le rendez-vous mensuel de la revue Hommes et Migrations et de l’émission Liberté sur Paroles, qui poursuit son questionnement sur la manière dont la création contemporaine appréhende les phénomènes migratoires, s’intéresse à la littérature. Comment celle-ci,  notamment de langue française, qui interroge-t-elle les relations complexes entre histoire des migrations, héritage colonial et relations culturelles entre les pays du Nord et du Sud ? Quid de l’arrivée dans le paysage littéraire hexagonal d’auteurs, souvent d’origine étrangère, qui expriment à travers leurs romans ou leurs essais toutes les facettes des expériences migratoires, des plus intimes aux plus collectives. Les thèmes abordés, les réalités décrites, les territoires visités, les réflexions véhiculées permettent également appréhender les des diasporas, à partir d’un regard, de l’intérieur.

Elisabeth  Lesne, responsable des cafés littéraires à la CNHI et instigatrice du prix littéraire de la Cité, Nicolas Treiber, spécialiste de la littérature de l’immigration africaine, Michaël Ferrier, professeur de littérature à l’université Chuo de Tokyo, lauréat 2011 du prix littéraire de la Porte dorée pour son roman  en 2011 paru chez Gallimard, Anthony Goreau-Ponceaud, maître de conférences à l’université de Bordeaux 4 et qui travaille sur littérature et diaspora tamoule, Khadi Hane, auteure de romans et de nouvelles, dont  Des fourmis dans la bouche, paru chez Denoël en 2010 et Amazigh Kateb nous donnent leur éclairage sur la manière dont les récits littéraires bousculent les représentations des migrants dans les sociétés d’accueil et tentent d’analyser de quelle manière ces textes font émerger de nouvelles écritures. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2012

Pacôme Thiellement, écrivain et samouraï !

Écoutez l’émission du 28 mai avec Pacome Thiellement

Tous les Chevaliers Sauvages, de Pacôme Thiellement, paru en février 2012 aux éditions Philippe Rey, est un « tombeau de l’humour et de la guerre ».

Ce livre est effectivement la plus belle des sépultures que l’ont puisse faire à l’esprit d’Hara Kiri, mort en 1981, à un moment de l’histoire où, la possibilité d’une « vraie guerre » , avec une armée, des règles, un ennemis, semblant s’éloigner, la guerre devient alors totale et permanente, tous contre tous à tous moment et en tous lieux… Une guerre qui ne dit pas son nom, mais dont les téléspectateurs ont été les témoins directs, six mois après l’arrivée de François Mitterrand au pouvoir, quand Michel Polac consacre son émission Droit de réponse à la fin de Charlie Hebdo. Dominique Jamet et Jean-François Kahn plastronnent, des lycéens bafouillent que l’époque est formidable, tous semblent trop inconscients pour mesurer le sens de ce qu’ils sont en train de vivre. Bernard Tapie, monstre froid venu de l’avenir, fait son apparition. Avec la fin du journal bête et méchant, le rire incarné par Hara-Kiri disparaît. Un rire tranchant comme le sabre du samouraï. Désormais seul survit le petit rire de l’acceptation des choses. Car s’est installé un système qui a déposé les armes de l’humour. Preuve en est la forme privilégiée du « chroniqueur », mi-humoriste, mi-valet du pouvoir, nul en tout mais présent partout, ne sachant rien faire mais parlant tout le temps très fort, et toujours dans la bonne humeur.

Voyage dans la France, le Japon et les États-Unis de l’après-guerre, revisitant les plus grandes créations jusqu’aux plus grands leurres, Tous les Chevaliers sauvages retrace les portaits  du professeur Choron, de Cavana, Reiser, Gébé et Andy Kaufman. De nombreux passages consacrés aux Monty Python, à Topor, à Jean Eustache, à Trey Parker et Matt Stone et à Charlie Kaufman. Le livre est divisé en cinq sections : « La Dernière guerre du monde », « Nous sommes la Planète enragée », « Et tous ses chevaliers sauvages », « Maintenant je suis devenu la Mort », « Le Véritable homme politique ».

Exactement comme sa photo de couverture (Reiser par Arnaud Bauman), le texte de Pacôme Thiellement est à la fois doux, beau, puissant et très troublant. Ce livre  impitoyable est indispensable ! Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2012

L’ère pavillonnaire ou le conditionnement par l’habitat

Écoutez l’émission du 21 mai avec Jean-Luc Debry

Dans « Le Cauchemar pavillonnaire », qui vient de paraitre aux éditions L’échappée, Jean Luc Debry, également auteur de « Tous propriétaires », décrypte les enjeux économiques, sociaux et politiques qui  ont motivé, depuis le 19e siècle la promotion de l’habitat individuel et de la propriété. Ainsi les  lotissements qui envahissent inexorablement les abords des villes et des villages, selon un modèle administratif et économique qui, indifféremment du lieu, se reproduit à l’identique  incarnent un idéal et un mode de vie fondés sur l’aliénation désirée. Une servitude volontaire qui se traduit par l’obsession de l’hygiène et de la sécurité, le culte de la marchandise et de la propriété privée ont remplacé les solidarités et la culture de résistance des classes populaires. L’expérience de la relation à autrui se réduit au désir mimétique de posséder les mêmes signes de la réussite individuelle. Cet univers, parfaitement structuré, enferme l’imaginaire dans un espace étriqué, accentue le repli sur soi et appauvrit la vie sociale. L’espace, quadrillé, découpé en plans de circulation, repose sur une logique de flux. La notion de « ville » – et bientôt de « campagne » – s’efface. Désormais réduites à leur centre historique, les villes sont cernées par des zones spécialisées : industrielles, commerciales, résidentielles, vertes, de loisir… Les enjeux de pouvoir se sont toujours traduits dans l’organisation de l’espace social. Tout système politique peut être analysé au travers de son architecture. Ce livre permet de comprendre celui dans lequel nous vivons. D’une plume alerte, dans un style parfois poétique et surtout doté d’un humour (féroce, à l’occasion), l’auteur nous prouve ainsi que le plaisir d’écrire ne nuit en rien à la rigueur de l’analyse. Il en va des mots comme des maisons, leur agencement, s’il laisse la place à d’heureux hasards, à certains raccourcis fulgurants, à des rapprochements inattendus, stimule l’imagination…. Un pas vers la liberté ! Lire la suite et partager »

Films, Livres, Radio : émissions 2012

Lucio Urtubia : une vie de passion et de labeur au service de la cause anarchiste.

Écoutez l’émission du 14 mai avec Lucio Urtubia

Trop jeune pour participer aux combats de la révolution de 1936 mais marqué par le drame et les douleurs de la défaite puis de la chape de plomb du régime franquiste, Lucio Urtubia, né à Cascante en Espagne le 18 février 1931 dans une famille de paysans pauvres, a choisi l’exil puis la lutte clandestine contre le régime franquiste. En 1936, Lucio avait 5 ans. Ce petit basque compris vite que le soleil ne brillait pas pour lui ni pour tous les « rouges » de son espèce dans l’Espagne des lendemains de la Seconde guerre mondiale. Dans l’espoir d’un avenir meilleur, un soir d’août 1954, Lucio traverse la Nive pour s’exiler en France et se retrouver maçon à Paris. La suite, c’est le fait de hasards et de rencontres. La rencontre avec des militants de la CNT en exil sur les chantiers qui l’amène à rejoindre le groupe des Jeunesses libertaires et puis surtout, un beau matin de 1957, la rencontre avec El Quico,  Sabaté que les copains lui demandent d’héberger un moment dans son petit appartement de Clichy. À partir de ce moment la vie de Lucio prend un tournant décisif. Au contact de Sabaté, il se forme et réalise ses premiers coups. Il comprend que la lutte antifranquiste a besoin d’hommes d’action, d’armes, de faux papiers et d’argent pour réorganiser les réseaux en Espagne, payer le matériel de propagande, aider les familles des prisonniers et fournir des avocats à ces derniers. Jusqu’au début des années quatre-vingts, la vie de Lucio est rythmée par cette double vie de maçon la journée et de travailleur de la nuit au service du mouvement libertaire. Tout est bon pour alimenter les caisses de la lutte antifranquiste. Contrebande, reprise individuelle, enlèvement, impression de faux papiers, de fausse monnaie et de traveller’s chèques rythment l’activité du militant de l’ombre Lucio. il a presque réussi à mettre la First National City Bank (la plus grosse banque mondiale) en faillite à la fin des années 1970 ! En 1979, il imprima en effet l’équivalent de 20 millions de dollars en faux travellers chèques. La banque a dû venir négocier avec lui… pendant qu’il était en prison ! Dans le même ordre d’idée, Lucio a eu un plan pour faire couler… les Etats-Unis. Il a proposé à Che Gevara, lors d’une brève rencontre dans un aéroport à Paris, d’imprimer des quantités énormes de faux billets verts, pour faire couler le dollars. Le Che ayant refusé, il ne mis jamais ce plan à exécution.

Mais  Lucio est avant tout un travailleur acharné. Pour gagner sa vie et celle de sa famille, il a été maçon. Et pas qu’un peu : il a travaillé jusqu’à ses 72 ans ! Ses talents de faussaires n’ont été mis à contribution que pour la « cause », jamais pour lui-même. Pour Lucio, « Il ne faut surtout pas être dépendant de l’argent de l’Etat. L’Etat c’est le pouvoir, le capitalisme. Il nous donne quelques miettes pour nous endormir. Pour être libre, il faut gagner son propre argent, être son propre patron et ne rien attendre du système. »

Toujours debout, toujours aussi matinal et courageux, l’homme est aujourd’hui responsable de l’Espace Louise Michel , au 42 rue des Cascades dans le XXème arrondissement de Paris, un lieu dont la porte est toujours ouverte à ceux qui, en parlant avec lui, en sauront un peu plus sur toutes les grandes affaires de la lutte antifranquiste : l’épopée de Sabaté, l’affaire Granado et Delgado, les actions menées par les GARI mais aussi le soutien au peuple algérien en lutte pour son indépendance ou encore un projet inabouti en compagnie de Che Guevara… En attendant la biographie de Lucio, à laquelle il travaille actuellement. Il y sera question d’Utopie …réalisée.

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