Livres, Radio : émissions 2012

Olivier Clement… un photographe en campagne !

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En allant à la rencontre de militants, en gardant ses distances par rapport à celui qui était le centre de toutes les attentions, en captant le regard d’une personnalité, entourée par la foule, en pointant  parfois son objectif vers les coulisses  des évènements, le photographe Olivier Clément porte un regard périphérique sur la campagne présidentielle de François Hollande.

Peut être est-ce d’ailleurs le meilleur moyen de cerner le candidat devenu président…

De ce travail documentaire est né : « François… »  un livre  regroupant une sélection de ces de photos en noir et blanc réalisées d’octobre 2011 à mai 2012. L’ouvrage, à couverture souple et doté d’une mise en page originale, avec une économie de mots, parce qu’une bonne image « ça parle sans avoir besoin de sous titres ! », est à commander sur le site du photographe.

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Films, Radio : émissions 2012

Porter à l’écran la mécanique infernale du harcèlement

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Dès les première images, les premiers mots prononcés, le suspens quant à l’issue du film (dont le point de départ est un fait divers) crée un état de tension chez le spectateur…. Une réceptivité particulière qui va lui permettre de suivre, pas à pas les étapes d’un processus de destruction infernal.

Dans Harcelé à perdre la raison, Daniel Kupferstein retrace la lente « descente aux enfers » de Jean-Michel Rieux, employé communal dans le service Parc s et Jardins de la ville de Béziers grâce aux témoignages des membres de la famille, des amis et des collègues de travail.

C’est ainsi l’occasion à travers l’analyse des causes de ce drame qui a eu une conclusion tragique en 2003, de décortiquer toute la mécanique du harcèlement. Et de comprendre intimement que « cela peut arriver à chacun d’entre nous ! »

 

 

 

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Films, Livres, Radio : émissions 2012

Shlomo Sand et Camille Clavel décriptent la politique expansionniste israëlienne.

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Le réalisateur Camille Clavel, est parti en Israël, armé de sa caméra, d’autant de détermination que d’ouverture d’esprit, et pas mal d’interrogation avec pour objectif de répondre à cette question prépondérante qui est devenue le titre de son film : Vers où Israël ? Tandis que les images et les témoignages (dont celui de Shlomo Sand), s’enchainent, on comprend que le chemin vers une paix juste et raisonnable risque d’être encore long, très long, à moins que l’on n’en perde , jusqu’à la trace sous quelques ruines et décombres.

La force du film, c’est la liberté de ton des protagonistes de tous bords qu’a choisi d’interroger Camille Clavel. A travers leurs voix on perçoit que plus encore qu’un « monde » plus infranchissable encore qu’un mur rehaussé de barbelés, les sépare. Mais, à la fin du documentaire, quelques exemples de lieux où vivre ensemble est possible, et souhaité, par les Israéliens et les Palestiniens redonne la force d’espérer.

Pour voir le film de Camille Clavel, rendez-vous sur le site de courrier international où il est disponible gratuitement.

Quant à l’historien Shlomo Sand, il s’indigne : « Israël a le droit d’exister mais pas celui d’occuper depuis 45 ans une population entière d’aujourd’hui 4 millions de personnes à qui sont déniées à la fois le droit à l’autodétermination et à la souveraineté, et les droits politiques, civiques, syndicaux des citoyens israéliens. C’est insupportable. On ne pourra pas vivre avec cette situation d’apartheid dans les territoires occupés, avec les routes, les logements séparés. Quant à Israël, les Arabes, qui représentent 25% de la population, y vivent une ségrégation ». Cet historien israélien, qui a passé les deux premières années de sa vie, en 1946-47, dans des camps de réfugiés juifs polonais en Allemagne a publié en 2008, Comment le peuple juif fut inventé, une étude cherchant à prouver que le récit sioniste qui a légitimé la création d’Israël trahirait la réalité. Selon lui, l’histoire selon laquelle les juifs forment un peuple uni par une même origine et possédant une histoire commune remontant aux temps bibliques est un mythe élaboré au 19° siècle. En réalité, le judaïsme aurait traversé les âges surtout du fait de conversions, parfois par tribus ou clans entiers. « J’ai voulu expliquer que les ancêtres des juifs n’étaient pas les Hébreux, de même que les ancêtres des Français ne sont pas les Gaulois, explique-t-il. Malheureusement, beaucoup d’Israéliens aujourd’hui croient qu’ils sont les descendants directs de David et de Salomon » Shlomo Sand vient de publier Comment la terre d’Israël d’Israël fut inventée, un ouvrage qui remet en cause la vision messianique d’une terre promise à un peuple élu. Un ouvrage qui montre comment l’histoire est utilisée pour affirmer ou contester la légitimité des Israéliens ou des Palestiniens sur la même terre du Proche Orient. « Je nie le droit historique des juifs sur la terre de Palestine parce que je suis contre le concept de droits historiques. De même, je n’accepte pas que les Serbes invoquent des droits historiques sur le Kosovo. Et si l’État d’Israël a finalement été créé, ce n’est pas comme fruit d’un droit historique. Sa base, c’est le malheur, c’est l’Europe qui a craché les juifs »

« L’Etat d’Israël ne peut-être à la fois démocratique et juif, car 25% de sa population n’est pas juive » , assène cet ancien étudiant à Paris. Je suis bien sûr d’accord pour qu’Israël soit un État refuge pour les juifs persécutés pour des raisons ethniques ou religieuses. Mais je suis contre l’idée d’un État des juifs pour tout le « peuple » juif. Et je suis stupéfait quand des juifs vivant à New York ou Paris se permettent en plus de justifier la politique expansionniste d’Israël »

Partisan de la paix avec les Palestiniens, Shlomo Sand bute sur une difficulté morale et politique, la question des réfugiés. « Il n’y aura pas d’accord sans qu’Israël reconnaisse la Nakba, la « catastrophe » de l’expulsion des Palestiniens en 1948, ce qui enclenchera un processus d’indemnisation » prévient-il. Mais tout comme, intellectuellement, je m’oppose au concept de droit au retour des juifs, je ne peux accepter la reconnaissance d’un droit au retour des réfugiés palestiniens en Israël. Car on ne peut à la fois reconnaitre le droit à l’existence d’Israël et le droit au retour de 5 millions de réfugiés et descendants de réfugiés vivant à travers le monde. Ce serait la fin d’Israël : Je respecte le rêve du retour. Mais le rêve n’est pas une solution politique, insiste ce citoyen israélien. Je trouve qu’il est aussi criminel d’apprendre aux petits Palestiniens des camps qu’un jour, ils reviendront à Haïfa ou à Jaffa, que d’apprendre aux petits judéo-Israéliens que la Nakba n’a jamais existé. Il faudra permettre le retour de quelques-uns, pour montrer qu’Israël accepte sa responsabilité. Et pour les autres, Israël devra prendre la tête d’un vaste effort d’indemnisation » Lire la suite et partager »

Films, Radio : émissions 2012

Avec Sombras, Oriol canals porte la parole des migrants au cinéma.

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Rencontre avec Oriol Canals, l’auteur de ce film magnifique qui, en faisant entendre leurs voix rend la dignité à ces migrants, échoués en Espagne, mais dont le rêve a fait naufrage. Construit, travaillé, ciselé, ce documentaire ne fait pas que montrer la conditions des clandestins, il la fait sentir. Sans pathos, mais de manière implacable.De Sombras, c’est encore son réalisateur qui en parle le mieux :  « Barcelone, un jour de juin 2000. Aujourd’hui encore, cette légère appréhension avant d’allumer le poste à l’heure du journal télévisé. Je sais déjà que deux bateaux ont fait naufrage au large des côtes andalouses, comme cela arrive de plus en plus souvent, et que très peu de passagers ont survécu. Je me prépare au défilé d’images qui vont m’assaillir : embarcations déchiquetées, cadavres sans nom, naufragés transis de froid, et visages emmurés dans le mutisme, tandis qu’une voix égrènera le triste décompte des morts, des disparus et des survivants. Je sais aussi que ces images me plongeront dans un état de perplexité et de malaise que je connais bien. Mon cœur se soulève à l’idée que de telles choses se produisent encore et encore dans mon pays, sans que rien ni personne ne puisse apparemment l’empêcher. Notre société, dit-on, a atteint un haut niveau de civilisation, et c’est peut-être vrai, mais alors ces faits en constituent le trou noir, insondable et obscène. D’après certaines estimations, chaque année près de quatre mille personnes périssent noyées au large de Gibraltar ou des îles Canaries. De quoi est faite une société qui assiste indifférente à une telle horreur ? Est-il possible de condamner à mort des milliers de personnes au nom de l’équilibre social et économique ? Sommes-nous du moins conscients du prix que nous faisons payer à autrui ?

Cependant, je sais aussi que cette nouvelle sera aussitôt chassée par d’autres, que cet obscur malaise s’estompera et que peu à peu, reprenant mes activités quotidiennes, j’en viendrai à oublier ce que j’ai vu ou lu. Tout au plus, en croisant un Africain dans les rues de Barcelone, me demanderai-je vaguement s’il est lui-même l’un de ces “survivants des flots”. C’est là tout ce qui restera de mon indignation et de ma honte, jusqu’à la prochaine fois où j’allumerai mon poste de télévision en sachant qu’un nouveau cortège de morts silencieuses m’y attend.

Il en a été ainsi pendant un certain temps, jusqu’au jour, il y a déjà sept ans, où cette sensation oppressante a refusé de me quitter. J’ai commencé à garder les coupures de presse, à rechercher des ouvrages et des documentaires sur la question et à regarder plus attentivement les cercles d’Africains dans les rues et sur les places de ma ville. C’est là aussi qu’un deuxième sentiment, la curiosité, a commencé à poindre puis à mûrir lentement jusqu’à se transformer en une envie de plus en plus nette de m’approcher de ces hommes : des hommes qui risquent leur vie pour atteindre cet Eldorado moderne qu’est le “rêve occidental” ; des gens dont on ne parle que pour en dénombrer les cadavres ; des gens que la mer engloutit par milliers et dont on ne saura jamais rien. Qui sont-ils ? Quelles histoires y a-t-il derrière cette hécatombe ? Que deviennent les survivants?

Au début de l’été 2005 je suis enfin passé à l’action, mû par un vague sentiment d’urgence. Je louai une voiture, pris mon matériel de tournage et partis à la rencontre des rescapés.

Sept ans et beaucoup d’aventures plus tard, le film existe. Au cours de sa fabrication, j’ai rencontré des personnes d’un grand courage, qui ont su rester debout, malgré des difficultés souvent inimaginables. Il me reste seulement à espérer que le travail qu’eux et moi avons fait ensemble soit à la hauteur de ce qu’ils sont et de ce qu’ils ont su donner au spectateur, et qu’il serve, ne serait-ce que le temps d’un film, à éclairer les ombres d’une belle lumière et à leur rendre leur dignité.

Alcarràs, un village perdu dans une vaste plaine agricole, au nord de l’Espagne. Je ne connais personne ici, et personne ne me connaît. Mais je sais que le temps de la récolte arrive et qu’ils seront au rendez-vous.

Eux, les rescapés d’une hécatombe silencieuse. Eux, cette multitude discrète, presque fantomatique, cette toile de fond sur laquelle s’écoule paisiblement la vie du village. Deux univers parallèles, vivant côte à côte mais séparés par un fossé invisible, sans un contact, sans un regard.

Je suis bouleversé par la profondeur de leur parole, par sa nature cathartique, par ce retour obsessionnel sur l’empreinte des souffrances endurées, sur le réveil amer du « rêve occidental », sur la honte insurmontable de l’échec, sur la folie, sur la mort et le destin…

C’est à partir de là que le film prend forme dans mon esprit : c’est cette parole qui va lui donner sa « chair », et autour de ces voix, tressées comme un récit collectif, se déroule une mosaïque de propos, de personnages, d’histoires, de lieux et de scènes, un puzzle traversé par des liens souterrains entre la parole et l’image.

Je ne veux pas décrire : surtout pas de film à thèse, pas de plaidoyer… Inscrire ces hommes dans la réalité de leur voyage sans fin et du travail clandestin, oui, mais en tâchant surtout d’épouser leur position dans le monde, de devenir en quelque sorte le passeur de leur univers intime, afin de restituer cette « vie suspendue » qui est le lot de l’existence clandestine, et de rendre à ces personnes une place à part entière dans le monde des « vivants ». Je favorise donc une certaine déréalisation de l’environnement physique afin de souligner l’étrangeté d’un paysage amorphe et de ses espaces chaotiques et frontaliers, vaincus par un dérèglement insidieux, qui forment la géographie de la clandestinité. Lire la suite et partager »

Films, Radio : émissions 2012

Comment préserver la diversité et la gratuité des semences paysannes ?

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Ecoutez l’émission du lundi 1er octobre avec Nathanael Coste et Marie Gabelou

A l’occasion de la sortie en DVD  du film »Les semenses prennent le maquis », coproduit par l’association Terre & Humanisme, initiée par Pierre Rabhi (photo), et qui œuvre depuis 1994 à la transmission de l’agro-écologie pour l’autonomie alimentaire des populations et la sauvegarde des patrimoines nourriciers, les deux réalisateurs, Nathanael Coste et Marie Gabelou présentent dans Liberté sur Paroles, les enjeux de la préservation des semences paysannes.

En Afrique de l’Ouest comme ailleurs, des semences hybrides et OGM gourmandes en intrants chimiques sont commercialisées et remplacent peu à peu les semences locales. Ces changements de pratique menacent l’autonomie alimentaire des populations. Des associations agroécologistes françaises et africaines se mobilisent pour conserver les semences paysannes. Ce film suit une rencontre militante de paysans venus de toute l’Afrique de l’Ouest pour se former aux techniques de production de semences maraîchères. Il donne la parole à des agroécologistes africains qui prennent conscience des enjeux autour de l’autonomie semencière et s’engagent pour défendre leur droit à l’alimentation.

Les semences prennent le maquis (Bande annonce)

50 agro-écologistes africains, venus du Mali, du Burkina Faso, du Togo et du Bénin se sont reunis pour se former aux techniques de production et de conservation de semences et pour s’informer sur les législations. Terre & Humanisme, AIDMR, BEDE et CAPROSET des associations engagées pour la souveraineté alimentaire ont co-organisé la rencontre.

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Radio : émissions 2012

Franck Leton nous présente Emmaüs Liberté

Écoutez l’émission du 2 juillet avec Franck Leton

Écoutez l’émission du 2 juillet avec Franck Leton

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A l’occasion d’une vente exceptionnelle Franck Leton, le responsable d’Emmaüs Liberté, l’antenne située en banlieue sud est de Paris (Val de Marne), nous présente les activités et surtout l’esprit qui règne au sein de la communauté qu’il anime. Avec le calme et l’humilité de ceux qui savent qu’ils ne pourront à eux seuls changer le monde, éradiquer la pauvreté, le mal logement et le chômage, mais qui n’ont cependant pas renoncé à l’action, Frank explique le fonctionnement de ce lieu de vie alternatif où chacun vient chercher le lien social qui lui fait défaut et participer ainsi au « vivre et construire  ensemble »

Sur l’ensemble des sites d’Emmaüs Liberté vivent 34 compagnes et compagnons . La communauté doit s’autofinancer par le travail :  La récupération, le traitement des dons sont des éléments d’une activité solidaire où le plus fort soutient le plus faible, où chacun est reconnu pour ce qu’il est : par ses qualités, ses compétences, sa personnalité, et non par ses diplômes ou son histoire.

Lorsqu’ils ont suffisamment pour vivre, les compagnons mettent en place des actions de solidarité en faveur des plus démunis. Ils participent ainsi activement à une chaine de solidarité. Par le biais de l’activité de tri et de revente, les communautés Emmaüs sont aujourd’hui des acteurs majeurs du réemploi et de la gestion des déchets. Lire la suite et partager »

Radio : émissions 2012, Théâtre

Quand le théâtre s’invite au collège… et révèle, chez les élèves, réflexion, passion et talent.

Écoutez l’émission du 25 juin avec les élèves du collège Marx Dormoy

Écoutez l’émission du 25 juin avec Janice, Any, Jean-Pierre, Dioucounda et Mathoojan, les élèves du collège Max Dormoy, leurs professeurs Alice Ellmenreich, Béatrice Klein-Halter,  Hugo Sauzet et Rafaele Arditti qui a mis en scène le spectacle Engagements.

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Durant toute une année scolaire, accompagnés par leurs professeurs de français, d’histoire-géographie et de musique ainsi que de la Comédienne et metteur en scène Rafaele Arditti, les élèves du Collège Max Dormoy (Paris 18e) ont écrit, mis en scène et interprété une pièce de théâtre qu’ils ont intitulée Engagements.  Chaque élève a choisi d’incarner sur scène une ou plusieurs  grandes figures  de l’histoire. Qu’ils aient vécu au XIXe, au XXe siècle, ou qu’il soient encore en vie, ces héros ont contribué, par leur courage et leur engagement à faire progresser les droits de l’homme (et de la femme !) et à lutter contre le racisme, les discriminations ou tout simplement à faire reculer la barbarie. Sur scène, le parcours de chacun d’entre eux est raconté à travers une scène marquante de son existence ou une courte biographie à plusieurs voix. Le jour de la représentation, où les parents d’élèves étaient invités, en cette fin d’année scolaire, tous sont morts de trac… Mais peu à peu, au fil des scènes c’est l’émotion qui gagne. Les adolescents ont fait bien plus que d’apprendre l’histoire, ils se la sont appropriée, ils ont ressenti les évènements passés, notamment grâce aux costumes (réalisés par Raphaëlle Sinaï), qui leur ont permis de se mettre littéralement dans la peau de leur personnage. De plus, certains se sont découvert un véritable talent de comédien, ou pour le moins, un grand plaisir à jouer. Et ça, personne ne pourra plus jamais le leur enlever ! Lire la suite et partager »

Manifestations, Radio : émissions 2012, Rencontres, débats ...

Boats4people : une croisière-croisade contre la mort de migrants en mer Méditerranée !

Écoutez l’émission du 2 juillet avec Stefano Réga

Stéfano réga, de la CIMADE, nous présente Boats4people, une initiative d’organisations méditerrannéennes, européennes et africaines mobilisées pour rompre avec le silence et l’opacité qui entoure les miliers de morts de migrant(e)s en mer. Une flottille de militant(e)s, de parlementaires, d’artistes et de journalises partira d’Italie est partie de Cecina / Rosignano (Italie) au début du mois de juillet, pour rejoindre la Tunisie, en parcourant le chemin inverse que font les migrants. Il s’agit d’alerter l’opinion publique, mais aussi de sensibiliser le monde de la mer pour construire un réseau d’organisions et de militant(e)s des deux rives de la Méditerranée et au delà afin de combattre les politiques criminelles des Etats qui violent les droits humains des migrant(e)s en mer.

La Méditerranée est un lieu de passage vers l’Europe pour de nombreuses personnes en quête d’une vie meilleure ou dont le départ est la condition de leur survie. Certaines d’entre elles sont secourues en mer dans des circonstances dramatiques, seulement pour se retrouver enfermées ou expulsées à leur arrivée. Mais dans la plupart des cas, les boat-people en détresse en mer sont laissés à la dérive ou interceptés et refoulés vers des pays de la rive sud de la Méditerranée.

Durant le conflit libyen, presque un million de personnes de nationalités africaines, asiatiques ou du Moyen-Orient ont fui vers la Tunisie, l’Egypte, le Tchad et le Niger. L’Union européenne et ses États membres ont pour leur part adopté une approche répressive en déployant l’agence européenne de contrôle des frontières (FRONTEX) dans le canal de Sicile afin d’y intercepter les migrant-e-s. De nombreuses preuves montrent que des navires de l’OTAN ont ignoré des appels de détresse de boat-people au large des côtes libyennes. Aujourd’hui, en dépit de la fin de la guerre en Libye, la guerre aux migrant-e-s se poursuit. Chaque nouveau naufrage s’ajoute au décompte macabre de plus de 1500 morts de boat-people enregistrés par le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) durant l’année 2011.

Les gouvernements européens et africains continuent de transgresser les conventions internationales concernant l’obligation inconditionnelle d’assistance et de secours en mer ainsi que le droit d’asile et à la protection internationale. Cela dans une impunité presque totale.

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Livres, Radio : émissions 2012

Les nouveaux mercenaires de la liberté d’entreprendre et de circuler : un panorama réaliste de l’économie contemporaine !

Écoutez l’émission du 18 juin Avec Michel Koutouzis

Si de nombreux ouvrages expliquent les mécanismes du blanchiment, listent les paradis fiscaux,  les mafias et autres organisations criminelles, et les décrivent souvent,  avec des accents picaresques, comme des « exceptions » à l’ordre établi, implicitement reconnu comme la norme…. le livre de Pascale Perez et Michel Koutouzis, « Crimes, trafics et réseaux, Géopolitique de l’économie parallèle », paru aux éditions Ellipses, est sans doute le premier à aborder la question de l’économie « informelle » d’un point de vue tout à fait inédit : celui des criminels eux-mêmes !

En effet, dès les premières pages, les auteurs nous expliquent quelle est la vision du monde des trafiquants et autres  vendeurs de drogue, d’armes, d’objets contrefaits ou d’Êtres humains. Il s’agit pour eux, tel des cosmonautes, de prendre de la hauteur pour voir quelles sont les zones de la planète qui échappent à tout contrôle et/ou règlementation afin de les investir et d’y développer leurs activités. On comprend aussi très rapidement qu’entre économie formelle et informelle la frontière est floue, pour ne pas dire inexistante et  que notre perception du monde en général et du crime organisé en particulier, alimentée par les images des médias et les discours de nos gouvernants, est totalement erronée. Cette perception, volontairement fragmentée, faussée par la volonté de décrire le monde tel qu’on le souhaiterait et non tel qu’il est, a conditionné une gestion routinière de la criminalité visible,  laissant ainsi des espaces ouverts au monde souterrain. Par exemple, les gouvernements européens font l’impasse sur la présence d’organisations criminelles discrètes préférant se focaliser et attirer l’attention de l’opinion publique  sur la petite délinquance exubérante. Ainsi, malgré  le foisonnement des études et des statistiques concernant le crime organisé, on perd la hiérarchie des objectifs et on confond vider une cage d’escalier de dealers de haschich et éradiquer le crime organisé dans le monde.

Exemples  à l’appui, la géographe et l’historien chercheur, tous deux membres de  l’Observatoire Géopolitique des Drogues, décrivent l’inter-connectivité des mafias présentes sur les différents continents en suivant la route des produits échangés, d’Europe en Afrique où les déchets toxiques s’entassent sur les côtes somaliennes. D’Asie où l’on fabrique vrais et faux médicaments en Amérique latine où ce sont parfois les criminels qui font la loi, au sens propre du terme…

Mais le point vraiment important soulevé par les deux chercheurs est que si les tenants de la criminalité ont su décrypter le monde et en tirer profit, le monde non criminel (ou supposé tel), n’est pas toujours insensible à leurs pratiques. Dans un domaine comme la finance, par exemple, les agissements des uns et des autres se rejoignent : chercher à accumuler en peu de temps un maximum de richesses, sans anticipation à long terme, est un comportement  que l’on retrouve aussi bien chez les délinquants que chez les traders. D’autant que les produits financiers constituent une « cuve commune  » acceptant l’argent des uns comme des autres, la crise actuelle accentuant ce phénomène. Ces passerelles, désormais structurelles, créent un monde complexe et multiple et contribuent à l’entropie mettant en péril l’État de droit : le monde criminel n’est plus installé à la marge du système, mais bien en son cœur !

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Livres, Radio : émissions 2012

Pour une révolution quotidienne à la portée de chacun : une utile relecture et mise en perspective du mouvement situationiste.

Écoutez l’émission du 11 juin avec Patrick Marcolini

Dans son livre « Le mouvement situationniste, Une histoire intellectuelle », Patrick Marcolini pose un regard dépassionné sur ce mouvement initié par Guy Debord en 1957 et dissout, une quinzaine d’années plus tard par son fondateur.  Mais si le fait de n’avoir pas vécu lui même à la belle époque du situationnisme lui permet d’avoir une certaine distance, ce jeune philosophe et historien des idées n’en a pas moins accumulé et analysé les documents du mouvement situationniste,  rencontré les acteurs et fréquenté ceux qui poursuivent leur aventure. Ce livre, comme souvent ceux publiés aux éditions l’Echappée, est donc documenté et surtout, engagé ! Il analyse avec précision les racines culturelles des théories et des pratiques situationnistes. Il explore également leur postérité diverse et souvent contradictoire : entre récupération et radicalisation, du côté des intellectuels postmodernes ou de l’art contemporain, chez les stratèges du pouvoir néocapitaliste comme dans les rangs des révoltés d’aujourd’hui.

Dans les années 1960 et 1970, partout dans le monde, des révoltes éclatent contre l’emprise grandissante de la marchandise et de l’État sur tous les aspects de la vie. Les situationnistes ont contribué à forger les outils critiques de ce soulèvement généralisé, aux côtés d’intellectuels et de groupuscules influencés par le marxisme et l’anarchisme. Mais à la différence de ces derniers, ils ne venaient pas tant du mouvement ouvrier que des avant-gardes artistiques du XXe siècle : Dada, le surréalisme, le lettrisme. Artistes en rupture de ban, mi-rebelles mi-voyous, les situationnistes s’étaient réunis sur la base d’un programme radical : le refus des conditions de vie faites à l’homme moderne, aussi bien dans les sociétés capitalistes avancées que dans les régimes dits communistes, et la volonté d’expérimenter de nouvelles formes d’existence et de communauté en rupture avec l’ordre établi. Lire la suite et partager »