Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Mr Mojo Risin’ ou l’esprit de James Douglas Morrison

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The Doors

Pour célébrer le 40ème anniversaire de la sortie de L.A Woman, l’éditeur Eagle Rock nous gratifie d’un dvd sur la genèse de l’album testament du groupe le plus atypique de l’histoire du rock, The Doors.

Réalisé avec de brillantes interventions des trois Doors (Ray Manzarek , Robbie Krieger et John Densmore) , de Jac Holzman (Pdg du label Elektra), de Bruce Botnick (ingénieur du son) ; le documentaire « Mr Mojo Risin’ » (anagramme de Jim Morrison) nous explique avec précision et images d’archives à la clé la réalisation du chef d’œuvre du groupe de Los Angeles. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Fela Anikulapo Kuti : un artiste de combat(s) !

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fela-kuti Né à Abeokuta le 15 octobre 1938, le musicien Fela Kuti s’est engagé dans un combat contre la corruption, l’oppression dont le peuple nigérian est victime depuis des années.

Considéré comme l’inventeur de l’afro beat (savant mélange de jazz, de musique yoruba et de funk), genre musical considéré comme le plus rebelle du continent africain, Fela critique l’establishment et dénonce ouvertement  dans de violentes diatribes les maux dont sont atteints son pays  ainsi que le continent africain.

Malheureusement, pour le faire taire, la junte militaire au pouvoir l’enverra en prison à maintes Fela-Kalakuta Republic (11)reprises, le battra à la limite de la mort et commettra des raids policiers musclés et des exactions. Mais le 18 Février 1977 est considéré comme le paroxysme.

Les éléments déclencheurs de la furie de la junte militaire du Général Obasanjo sont l’album Zombie de 1976 dans lequel Fela cite ouvertement le chef de l’Etat nigérian, le traitant de voleur. Peu après, en Janvier 1977 le festival des Arts Nègres se tient dans la capitale, Lagos. Non seulement Fela boycotte le meeting, mais il donne une série de concerts gratuits, attirant sur lui l’attention des musiciens et des journalistes de la presse mondiale qui lui consacrent des articles et des reportages élogieux. Ulcéré, le conseil militaire prend la décision suivante : museler cet agitateur qui se moque du pouvoir Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Aux armes et caetera : un spliff au goût de Gitane !

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serge gainsbourg jamaique 1979

 Au creux de la vague en cette fin des 70’s et enchaînant les échecs commerciaux malgré des joyaux comme « Melody Nelson » (1971) ou « Vu de l’extérieur » (1973), mais plébiscité par une génération d’artistes comme le groupe Bijou qui reprend « Les Papillons Noirs », Serge Gainsbourg ayant découvert le reggae au milieu des années 70, part trouver l’inspiration en Jamaïque. Flash-back sur la genèse d’un authentique chef d’œuvre de la musique hexagonale.

Le détonateur du projet est la rencontre avec Chris Blackwell, le PDG du label Island qui arrange le coup en le mettant en relation avec la formation Word, Sound And Power (les musiciens de Peter Tosh incluant le batteur Lowell « Sly » Dunbar et le bassiste Robbie Shakespeare) et les choristes de Bob Marley, les I-Threes. Coup de bluff auprès du patron de Philips, Gainsbourg a les titres de ses futures compositions mais pas de textes. Arrivé à Kingston, l’inspiration vient et en une nuit toutes les paroles sont couchées sur papier. Au niveau rythmique, tout est mis en boîte en 2 jours grâce à la maestria de Sly and Robbie, véritable centrale atomique sonore. Dougie « Radcliffe » Bryan et Mikey »Mao » Chung apportent le tranchant du skank reggae avec leurs guitares, Uziah Sticky Thompson tisse un patchwork de percussions absolument parfait, Ansel Collins et Robbie Lyn apposent un travail de clavier magistral. Chaque note, chaque mesure claque de toute part, les riddims sont concoctés au millimètre près. Le tout est enregistré et mixé dans l’un des meilleurs studios de l’île, le Dynamic Sounds Studios. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban

L’attentat de la Gare de bologne : autopsie d’un massacre.

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2-agosto-1980

 L’un des attentats les plus sanglants du XXème siècle eut lieu en Italie, les Années de Plomb. L’attaque de la gare de Bologne fait suite à une série d’évènements visant à   la déstabilisation du pouvoir de la démocratie italienne (attentat de la Piazza Fontana en 1969, enlèvement et assassinat du Président du Conseil Aldo Moro en 1978) mais le massacre de Bologne est le point d’orgue de l’horreur car des civils innocents payèrent de leur vie pour des desseins politiques.

En ce 2 Août 1980, le ciel est au beau fixe,une atmosphère de vacances flotte à la gare de Bologne, plaque tournante du trafic ferroviaire pour les villégiatures sur la Riviera Adriatique. En effet, les vacances débutent dans la péninsule Italienne. Dans ce climat d’insouciance, personne ne se doute qu’un drame terrible va se dérouler. Dans la salle d’attente des 2e classe,une valise contenant un engin explosif composé de TNT, de T4 et de Compound B est placé sous une banquette sans que personne ne s’en aperçoive.

À 10h25, une violente déflagration secoue le bâtiment et détruit pratiquement tout l’édifice, le toit s’est effondré, et le train Ancona-Chiasso-Bâle qui attendait à quai est soufflé et partiellement détruit à cause de l’onde de choc.

En un instant, tout bascule dans le sordide, les survivants et les blessés plus ou moins graves, victimes d’éclats de verre et autres s’extraient tant bien que mal des décombres fumantes, la panique s’installe et un silence de plomb recouvre la station de Bologne.

Les premières informations attribuent la catastrophe à l’explosion d’une chaudière. Les pompiers et les ambulances se dépêchent sur le lieu du carnage, des civils aident les secouristes à repérer les blessés et à sauver des vies au milieu d’un enchevêtrement de gravats et de tôles tordues.

Quelques heures plus tard, un premier appel téléphonique anonyme, suivi d’un second revendiquent l’attentat. au nom des NAR (Nuclei Armati Rivoluzionari ou Noyaux Armés Révolutionnaires), groupuscule terroriste d’obédience néo-fasciste, actif depuis Octobre 1977, ayant des connexions avec La Bande De La Magliana, financé par des hold-up et fondé par Valerio Fioravanti ex jeune espoir du cinéma italien. On apprendra par la suite que les Brigades Rouges ont aidé financièrement les NAR pour préparer l’attentat. Lire la suite et partager »

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La Magliana : grandeur et décadence de la bande de criminels qui tenait Rome durant les années de plomb.

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bandamagliana-1Tenant en coupe réglée la cité de Rome durant 20 ans, l’organisation criminelle de La Magliana a fait couler le sang et parler la poudre pendant l’une des périodes les plus sombres de l’Etat Italien, les Années de Plomb… Retour sur l’histoire de cette Bande avec Vincent Turban.

1 – Les fondations

Au commencement, on trouve Franco Giuseppuci né en 1947  d’abord surnommé «Er Fornaretto» (le boulanger car son père exerçait ce métier) puis appelé «Er Negro» (à cause de son teint mât et de son admiration sans bornes pour Benito Mussolini). Petite frappe originaire du quartier du Trastevere, Giuseppuci assouvit sa passion pour le jeu, les armes, l’argent facile, et tisse des liens avec des factions nationalistes et néofascistes. À 20 ans à peine, il commence à se faire un nom Lire la suite et partager »

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900 dollars au service de Dieu : l’histoire incroyable de Be thankful for what you got.

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WDVN-NiceEn1972, en répondant naïvement  à une annonce publiée dans le magazine Billboard, un technicien travaillant pour le compte du gouvernement américain, membre des témoins de Jéhovah, se retrouve à prêcher la gloire du tout puissant et à vilipender toutes les âmes perdues, salies par le jeu, la vanité et l’alcool. Ce miracle musical a pour nom William DeVaughn.

Réunissant la somme de 900 Dollars afin de payer la session d’enregistrement  du studio Sigma à Philadelphie, « A Cadillac Don’t Come Easy », rebaptisé par la suite « Be Thankful For What You Got » est gravé pour l’éternité sur vinyle avec la crème des musiciens locaux, le groupe MFSB qui officie à cette époque pour le compte de l’empire Philadelphia International Records.

Section rythmique inouïe (Earl Young à la batterie, Ronnie Baker à la basse, Norman Harris à la guitare, Vince Montana au vibraphone et Larry Washington aux congas), paroles d’une sensibilité remarquable et atmosphère très « mellow groove », ce morceau est distribué par le label Roxbury  sera un énorme best seller au printemps 1974 avec plus de 2 millions d’exemplaires vendus (1er chart soul et 4éme du billboard hit). Dans la foulée et à la demande de sa maison de disque, DeVaughn enregistre l’album éponyme au cours de l’été. Lire la suite et partager »

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Bob Marley, le messager du Reggae

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Bob Marley-couv.indd, page 1 @ PreflightMusicien reconnu dans le monde entier, premier ambassadeur du Tiers Monde et porte-parole de la musique reggae, Bob Marley reste une figure incontournable de la musique du 20ème siècle. Tout au long de sa vie, il mena un combat contre l’oppression du peuple noir et des opprimés. Lire la suite et partager »

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L’album « Skin I’m In » : un chef d’oeuvre (presque) inconnu des Chairmen Of The Board… à écouter d’urgence !

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cotbFormé sur casting en 1967 en tant que quatuor vocal comprenant les chanteurs Norman General Johnson, Danny Woods, Harrison Kennedy et Eddie Custis (parti en 1971 suite à des divergences artistiques), Chairmen Of  The Board est, en cette année 1974, un groupe mort depuis 2 ans, malgré une brève reformation de la dernière chance pour graver un opus à la tessiture sonore radicale, l’album Skin I’m In. Conçu dans une ambiance tendue malgré le support du producteur Jeffrey Owen,transfuge de Motown, du groupe Funkadelic pour la section rythmique (Billy Bass Nelson, Bernie Worrell, Tiki Fulwood & Donald Baldwin), les parties vocales sont enregistrées séparément. Johnson, floué  par des royalties impayées, mécontent de la direction artistique prise, ne se sent pas du tout concerné par le projet. Il prépare sa sortie pour lancer véritablement sa carrière solo et démarche Arista Records (le label Invictus était au bord du dépôt de bilan).

En dépit de ce climat, Bowen taille sur mesure un son magistral avec des éléments funk, rock et psychédéliques. Les influences de Norman Whitfield, de Jimi Hendrix et de George Clinton sont parfaitement assimilées.

Le lead vocal est quasiment absent mais Kennedy et Woods assurent à merveille. Ce dernier est tout simplement dément sur le morceau Finder’s Keepers, fruit de la collaboration Bowen-Johnson.

Soutenu par une basse-batterie impitoyable, dynamité par un clavinet omniprésent «à la superstition » ponctué en son milieu par un solo de trombone incroyable exécuté par Mcinley Jackson (Leader de l’orchestre maison the Politicians), ce titre prend la 7ème place des charts Rnb au début de l’été 1973. Les autres faits d’armes de l’album sont Everybody party all night , le titre éponyme Skin i’m in, le mid tempo Let’s have some fun, et la reprise d’un morceau composé par Sly Stone pour le groupe Abaco Dream en 1970, Life And Death, encadré par 2 séquences musicales ou se superposent envolées de synthé moog, nappes de melllotron et basse fuzzée. Un véritable feu d’artifice de soul psychédélique. Lire la suite et partager »

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Jimmy Castor Bunch : le funk à la sauce Neandertal !

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JimmyCastorBunch-image(1)  Grande figure de la scène funk New Yorkaise, créateur d’un univers délirant basé sur une galerie de personnages hauts en couleurs (Bertha Butt et ses sœurs, Luther the Anthropoid ou Leroy), Jimmy Castor rentre au panthéon de la musique soul-funk grâce à un opus resté dans la légende, le génial « It’s Just Begun » sorti au Printemps 1972 sur le label RCA.

Né le 22 juin 1943, son apprentissage musical se fait au sein de diverses formations de doo-wap comme les Teenchords de Lewis Lymon ( le frère du chanteur Frankie Lymon). Ce dernier est mis sur la touche et c’est Castor qui prend sa place à la tête des Teenagers en 1957. A partir de 1960, Jimmy se concentre sur la pratique du saxophone et passe son adolescence en tant que musicien de studio et de scène.

Il accroche par la suite les charts avec un instrumental à la forte saveur latino « hey Leroy your mama’s callin you » sorti en 1966, mais le succès est de courte durée et Jimmy Castor retrouve l’anonymat et le chemin des studios d’enregistrement jusqu’ à la fin des années 60. Après des passages éclairs dans diverses maison de disques (Compass, Capitol et Kinetic), il crée sa formation le « Jimmy Castor Bunch » au début des 70’s. Le line-up comprend le batteur Bobby Manigault, le bassiste Doug Gibson, le guitariste Harry Jensen,le percussionniste Lenny Fridie Jr et le trompettiste Gerry Thomas.

Initialement signé par la maison de disques Columbia, le groupe enregistre un incroyable concept album. Mais accaparé par des artistes comme Sly& The Family Stone, Santana ou Chicago, le projet au final n’est pas soutenu par le label. Castor propose de racheter les bandes et démarche le label RCA qui donne son feu vert pour la commercialisation de « It’s Just Begun » qui sortira en Mars 1972. Pour un premier album, « It’s Just Begun » est un vrai chef d’œuvre ponctué de touches latines, doo-wop ,soul et jazz, le tout agrémenté de zestes psychédéliques. Cependant,un morceau emporte tout sur son passage telle une vague déferlante. En effet « Troglodyte (Cave Man) » mérite à lui tout seul l’achat de cet opus. Au milieu d’un groove poisseux, soutenu par une section rythmique implacable, le tout saupoudré de guitares saturées Castor nous narre le sexisme à la sauce préhistorique, allant jusqu’à imiter tous les personnages récurrents sortant de son imaginaire (comme la bien nommée Bertha Butt).Ce titre est tout simplement l’une des pierres angulaires du funk des 70’s (numéro 6 du billboard et 1 million d’exemplaires vendus) Lire la suite et partager »

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Catch a Fire, l’album-révélation de Bob Marley

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bob-marley-and-the-wailers-catch-a-fireDécembre 1971, après 10 ans de carrière en Jamaïque, les Wailers (Bob Marley, Peter Tosh et Bunny Wailer) sont persuadés que les années de galères sont derrières eux. A cette époque, ils tournent avec le chanteur de variétés Johnny Nash et la maison de disque CBS les prend en charge. Terrible désillusion car, le reggae reste une musique marginale et peu connue, et le succès espéré n’arrive pas, sauf pour Nash qui réussit à percer avec les compositions de Bob comme  Stir it up ou Guava Jelly. Sans passeports, fauchés et coincés à Londres, les Wailers décident de jouer leur dernière carte en sollicitant le patron des disques Island, Chris Blackwell par l’intermédiaire de l’attaché de presse Brent Clarke. Cette entrevue donna naissance au projet Catch A Fire, considéré comme le « premier album de reggae international ». Lire la suite et partager »