Livres, Radio : émissions 2013

Xénophobie business : le juteux marché du controle des migrations !

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xenophobie-businessDepuis le temps qu’elle travaille sur l’accès aux droits des migrants, Claire Rodier, juriste au GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés) a pu constater que les objectifs affichés de la lutte contre l’immigration clandestine sont bien différents de ceux affichés. En effet, derrière l’illusoire protection de prétendus « eldorados », les enjeux réels de la multiplication des barrières , des contrôle et de la traque des migrants irréguliers sont : l’argent, le marchandages diplomatique (où il est aussi question d’argent) et la manipulation politique des citoyens (la fameuse politique du bouc émissaire).

Dans Xénophobie Business, la co-fondatrice du réseau euro-africain Migreurop montre comment la surveillance des frontières s’est muée ces dernières années en un business hautement profitable. Les sociétés privées de sécurité autant que celles de l’industrie de l’armement en savent quelque chose : depuis le milieu des années 1990, elles ont trouvé dans ce nouveau « créneau » des opportunités inespérées. La plus grosse entreprise de sécurité, G4S (dont une partie de l’activité est consacrée à la « gestion » de l’immigration), emploie aujourd’hui près de 650 000 salariés, ce qui en fait le deuxième plus grand employeur privé du monde. Jamais, en effet, les politiques sécuritaires n’ont aussi fructueusement dopé le marché. FRONTEX, l’agence européenne des frontières mise en place par l’UE, est emblématique de ce boom – politiquement rentable et financièrement profitable, bien au-delà des pays du Nord.
La Libye, avec ou sans Kadhafi, a su habilement tirer profit de la manne des migrants, ces derniers faisant l’objet d’infinis marchandages avec les capitales européennes. En Israël comme aux États-Unis, la construction de centres de détention pour étrangers et de murs, censés rendre étanches les frontières, se révèle un pactole pour l’économie locale. C’est aussi une façon efficace de conforter les angoisses et de nourrir les fantasmes xénophobes qui font le miel de certains politiciens.
Du Sénégal à la frontière mexicaine, de Kiev à Paris ou Tel-Aviv, les rouages invisibles de cette nouvelle ruée vers l’or sont, pour la première fois, mis en lumière et analysés dans ce livre détonnant. Lire la suite et partager »

Films, Livres, Radio : émissions 2013

Sur la route des faux médicaments avec Michel Koutouzis

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trafic_medocs2 Coup de Trafalgar : on a trouvé de la viande de cheval dans des plats préparés sensés contenir du bœuf ! Aussitôt, les médias relayent l’information et le scandale prend une ampleur nationale.  En remontant la piste on comprend alors que cette viande a voyagé bien au delà de ce qu’il aurait été possible de le faire durant leur vie entière pour les animaux sur pied… Mais surtout que le « voyage » de ce « minerai » de viande a généré des flux financiers et des profits « optimisés » aux circuits bien plus complexes encore que le chemin de la pseudo viande à l’assiette du consommateur…

le problème c’est que les médias, à grands renfort d’experts et de déclaration de « responsables » politiques, présentent ce scandale comme une exception… Altrafic_medoc1ors que, presque partout, et surtout, dans tous les domaines, ce genre de trafics et d’escroqueries est très répandu. Partout le vrai et le faux se côtoient, le licite et l’illicite s’interpénètrent… C’est ce que démontrent Michel Koutouzis et Pascale Perez dans leur ouvrage Crime, trafics et réseaux. Géopolitique de l’économie parallèle (éditions Ellipses). D’ailleurs, dès 2006, Michel Koutouzis, expert auprès de la Commission européenne et de l’ONU, partait sur la route des faux médicaments avec le réalisateur Patrice de Tertre. Le fruit de leur travail est ce documentaire édifiant : Trafic mortel, quand les médicaments tuent ! Pour le réaliser, les deux hommes se sont fait passer pour des négociants véreux écoulant de faux médicaments sur le marché africain. Leurs découvertes sont frappantes. A Mumbai (ancienne Bombay), des grossistes copient des médicaments en diminuant ou en ôtant leurs principes actifs, les règlements sont effectués sans laisser de trace via des banques off shore tandis que les médicaments sont acheminés par bateau et reconditionnés dans des ports francs à L’ile Maurice ou à Zanzibar avant d’inonder le marché africain….

Un trafic médicaments falsifiés, qui représentait à l’époque 10 % du marché mondial et 40 milliards d’euros de profits… de quoi corrompre pas mal de « contrôleurs » … Autant dire que l’Europe n’est pas à l’abri des faux médicaments !

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Expositions, Radio : émissions 2013

Les papiers découpés de Matisse, peintre aux ciseaux…

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visuel 10 chute Icare Le musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis propose une exposition haute en couleurs  à l’occasion de l’exceptionnelle donation par la famille Matisse d’un ensemble de 443 éléments en papiers gouachés découpés non utilisés dans les œuvres d’Henri Matisse.

Visite de cette exposition dans les pas de son commissaire général Patrice Deparpe et avec l’éclairage exceptionnel de Jacqueline Duhême, artiste et ex-collaboratrice de Matisse durant sa période « papiers découpés ».

A partir de cette donation, des œuvres de la collection du musée départemental Matisse et de prêts internationaux, l’exposition aborde cette prodigieuse aventure des gouaches découpées, entreprise par le peintre avec Jazz en 1943 et qui trouve son point d’aboutissement avec la conception de la Chapelle de Vence en 1948. Cette donation offre l’opportunité d’en faire la genèse et de révéler l’invention d’une technique au cœur d’une révolution picturale.

L’exposition permet également de croiser les approches artistiques conçues à partir de ce travail préparatoire : maquettes de vitraux, céramique, livres, couverture de livres, tissus permettant de suivre le cheminement de l’artiste, depuis ses premières créations, jusqu’aux grandes compositions en papiers gouachés découpés, telle Vigne de 1953, conservées au musée.

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Manifestations, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

Demandeurs d’asile : le « désacceuil » !

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COUVCFDA2012webLa Coordination française pour le droit d’asile (CFDA) présente aujourd’hui son rapport intitulé « Droit d’asile en France: conditions d’accueil – État des lieux 2012 ». Le constat dressé après plusieurs mois d’enquête réalisée dans 31 départements de quinze régions en France montre que le système d’asile est à bout de souffle. Les vingt associations regroupées au sein de la CFDA tirent la sonnette d’alarme sur le système français d’asile. David Hedrich, coordinnateur de l’association Dom’Asile nous explique pourquoi : alors que le nombre de demandes d’asile a tendance à baisser (41 222 primo- demandeurs adultes en 2012 soit moins qu’en 1989 (61 400), ou 2003 (52 200), la CFDA dénonce l’incapacité à sortir d’une logique qui porte atteinte aux droits des demandeurs.

L’enquête révèle que les délais pour accéder à la procédure d’asile sont de plus en plus longs. La gestion par les préfectures de région de l’accueil des demandeurs d’asile complique souvent l’accès matériel à la procédure et conduit parallèlement à la saturation des services administratifs. Faute d’infrastructures suffisantes, les conditions dans lesquelles sont accueillis des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants se résument aux dispositifs d’urgence ou à la rue. L’Etat se défausse de ses responsabilités en laissant les associations pallier son inaction.

Une demandeuse d’asile malienne raconte les conditions d’accueil en préfecture «Je me présente presque toutes les semaines. Les policiers ne nous traitent pas comme des humains. Comme si tu mentais sur les raisons qui t’ont fait fuir ton pays. Tu passes la nuit dehors dans le froid. On te reçoit 5 minutes. On te dit qu’il n’y pas de place. Après on te renvoie chez toi sans explication. Et tu recommences ». Ayant fui les menaces pour son engagement contre l’excision, elle attend depuis un an en France de pouvoir déposer son dossier.

Au final, les personnes qui sont venues en France pour chercher refuge contre les persécutions sont à nouveau mises face à un danger : celui de ne pouvoir déposer à temps leur demande d’asile ou d’être déboutées de leur demande, faute d’avoir pu correctement exposer leurs craintes de persécutions.

La prise en charge des demandeurs d’asile est déshumanisée et incohérente, car de plus en plus de demandeurs ne sont pas ou mal accueillis et les organisations d’aide financées par l’Etat contraintes à délaisser l’accompagnement social et juridique pour un travail de gestion administrative. Incohérente, car le coût augmente par des systèmes de contrôle, une dissuasion à tous les niveaux de la procédure et une préférence donnée au dispositif d’urgence, cher et précaire, le tout pour un service rendu bien loin des normes minimales d’accueil.»

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Radio : émissions 2013

Impôts, taxes et cotisations sociales : citoyens, sortez de vos niches !

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fraudefiscaleLa fraude fiscale atteindrait entre 60 et 80 milliards d’euros en France, selon un rapport de Solidaires-Finances publiques publié fin janvier 2013. les pertes fiscales sont à la hausse en raison notamment du développement des transferts frauduleux des profits au sein d’entreprises multinationales, précise Florence Toquet, Secrétaire Nationale de l’Union Syndicat National Unifié des Impôts. Ces pratiques représentent un « enjeu financier colossal », ainsi que le travail non déclaré qui atteindrait 6% du produit intérieur brut français. Il est aujourd’hui possible d’estimer que le montant des pertes fiscales découlant des différentes formes d’évitements illégaux de l’impôt représente de 16,76 à 22,3% des recettes fiscales brutes.

Le discours «anti impôt» fait le lit de l’évitement de l’impôt et donc de la fraude. Or, «dans une démocratie, le lien entre le citoyen et la collectivité s’effectue par l’impôt»

Changer de discours sur l’impôt en commençant par mener un véritable débat public est un impératif démocratique. Cela peut se faire simplement, en disant que l’impôt n’est pas «l’ennemi» de l’activité économique et de l’emploi, au contraire, et qu’il est «l’ami» de la cohésion sociale et de l’activité économique puisqu’il finance l’action publique dont par exemple des services publics auxquels tout le monde peut accéder gratuitement (ou quasi gratuitement) et parce qu’il réduit les inégalités. Pour parvenir à changer cette image de l’impôt, il faut montrer ce que l’impôt (plus largement, les fameux «prélèvements obligatoires») permet de financer(éducation, santé…) Lire la suite et partager »

Radio : émissions 2013, symptômes

Radiofonies Europe présente Chroniques d’un hiver européen… ou la rigueur à travers les regards et les voix de ceux qui la subissent au quotidien !

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chronique-hiverChroniques d’un hiver européen est une série documentaire racontant le quotidien de citoyens européens pendant la crise économique du début des années 2010, connue sous le nom de « crise européenne de la dette ». Benjamin Bibas et Sébastien Lecordier de Radiofonies Europe nous présente  ce projet initié et réalisé par Étienne Haug depuis novembre 2011 et qui compte déjà 3 épisodes de 45 minutes et plusieurs articles

Cette première saison raconte le quotidien de quelques habitants d’Athènes, un instantané datant de décembre 2011. On découvre au cours de ces épisodes ce que signifie concrètement, tant sur le plan pratique que psychologique, de vivre dans un pays où le consensus social qu’on pensait acquis depuis des décennies se retrouve détruit en seulement quelques années. En écoutant les habitants d’Athènes, on ressent alors le sens profond des mots : déclassement, trahison, inquiétude, dépression… Éclatants de sincérité, leurs propos, servis par un savoureux montage photographique et une musique exceptionnelle, nous entrainent bien au delà des chiffres et des idées reçues sur « la crise » grecque. Lire la suite et partager »

Livres, Manifestations, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ..., Théâtre

Quand les boussoles s’affolent… un moment de théâtre magique où l’on découvre le secret pour garder le cap de l’espérance !

Téléchargez l’émission du 25 février avec Marie-Lorraine Vannier-Moreau, Denis Lefrançois, Flore Vannier-Moreau et Fanny Vambacas

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quand-les-boussoleUn vrai beau moment de théâtre que ce récit initiatique, qui c’est sûr ne vous laissera pas indifférents. Courrez voir « Quand les boussoles s’affolent » la nouvelle production de la compagnie Ayoye au Théâtre de l’opprimé jusqu’au 10 mars !

Une partie de la belle équipe de la pièce est venue sur le plateau d’Aligre FM nous parler de cette aventure initiée par Marie Lorraine Vannier Moreau, alliée du mouvement ATD Quart Monde

Librement, et magnifiquement adaptée par Denis Lefrançois du roman de Ursula Mascaras, « Quand les boussoles perdent le Nord » (Éditions Quart Monde), cette pièce nous plonge dans la vie de Manuel, 10 ans, un enfant issu d’une famille pauvre.  Scène après scène, rencontre après rencontre, en suivant le jeune héros qui est aussi le narrateur de la pièce, les spectateurs découvrent la richesse de chaque personnage, comme Jessica, la grande sœur, une mère courage de substitution qui, par parenthèse est aussi une adolescente de 15 ans pleine de vie et d’envies, M. Bauer, le professeur, faux autoritaire passionné de belles histoires et qui ne peut s’empêcher de retrouver en ses élèves l’enfant qu’il n’a jamais cessé d’être…. C’est lui qui prononce l’une des phrase clé de la pièce : « Je crois en toi Manuel ! » , et puis Kevin le bourreau de Manuel, celui qui, en classe l’a pris pour bouc-émissaire … et Milo, le nouvel ami, issu d’un milieu bien plus favorisé mais qui sait voir avec le cœur,  Theresa, la pétillante voisine qui comprend tout sans que l’on ait besoin de lui expliquer quoi que ce soit… qui est aussi celle qui en invitant les enfant à lire des livres, leur donne accès à une richesse inaliénable : le désir d’apprendre, de comprendre et de sublimer le monde qui les entoure. Enfin, le père, qui malgré un moment d’abattement, est porté par l’amour de ses enfants. Une force qui va lui permettre de ne jamais perdre le bien le plus précieux qu’il se fait un devoir de leur transmettre : la dignité !

Le tout constitue un beau moment de poésie et de théâtre qui nous aide à garder le cap de la compréhension mutuelle et de la solidarité !

Cerise sur le gâteau, sur la scène du chaleureux Théâtre de l’opprimé, les comédiens, tous extrêmement talentueux et impliqués, évoluent dans un décor « juste » c’est à dire suffisamment inventif pour nous surprendre mais jamais « tape à l’œil »…. De même que les costumes. La musique est aussi un élément essentiel du spectacle. En invitant sur scène le guitariste Matthieu Devaux, Fanny Vambacas et Denis Lefrançois ont ajouté un personnage à l’histoire. Il habite Manuel, il ne fait qu’un avec lui, il rythme ses pas, il porte le mouvement du chœur, il mène l’équipe sur le plateau comme un double du héros. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

L’album « Skin I’m In » : un chef d’oeuvre (presque) inconnu des Chairmen Of The Board… à écouter d’urgence !

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cotbFormé sur casting en 1967 en tant que quatuor vocal comprenant les chanteurs Norman General Johnson, Danny Woods, Harrison Kennedy et Eddie Custis (parti en 1971 suite à des divergences artistiques), Chairmen Of  The Board est, en cette année 1974, un groupe mort depuis 2 ans, malgré une brève reformation de la dernière chance pour graver un opus à la tessiture sonore radicale, l’album Skin I’m In. Conçu dans une ambiance tendue malgré le support du producteur Jeffrey Owen,transfuge de Motown, du groupe Funkadelic pour la section rythmique (Billy Bass Nelson, Bernie Worrell, Tiki Fulwood & Donald Baldwin), les parties vocales sont enregistrées séparément. Johnson, floué  par des royalties impayées, mécontent de la direction artistique prise, ne se sent pas du tout concerné par le projet. Il prépare sa sortie pour lancer véritablement sa carrière solo et démarche Arista Records (le label Invictus était au bord du dépôt de bilan).

En dépit de ce climat, Bowen taille sur mesure un son magistral avec des éléments funk, rock et psychédéliques. Les influences de Norman Whitfield, de Jimi Hendrix et de George Clinton sont parfaitement assimilées.

Le lead vocal est quasiment absent mais Kennedy et Woods assurent à merveille. Ce dernier est tout simplement dément sur le morceau Finder’s Keepers, fruit de la collaboration Bowen-Johnson.

Soutenu par une basse-batterie impitoyable, dynamité par un clavinet omniprésent «à la superstition » ponctué en son milieu par un solo de trombone incroyable exécuté par Mcinley Jackson (Leader de l’orchestre maison the Politicians), ce titre prend la 7ème place des charts Rnb au début de l’été 1973. Les autres faits d’armes de l’album sont Everybody party all night , le titre éponyme Skin i’m in, le mid tempo Let’s have some fun, et la reprise d’un morceau composé par Sly Stone pour le groupe Abaco Dream en 1970, Life And Death, encadré par 2 séquences musicales ou se superposent envolées de synthé moog, nappes de melllotron et basse fuzzée. Un véritable feu d’artifice de soul psychédélique. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Jimmy Castor Bunch : le funk à la sauce Neandertal !

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JimmyCastorBunch-image(1)  Grande figure de la scène funk New Yorkaise, créateur d’un univers délirant basé sur une galerie de personnages hauts en couleurs (Bertha Butt et ses sœurs, Luther the Anthropoid ou Leroy), Jimmy Castor rentre au panthéon de la musique soul-funk grâce à un opus resté dans la légende, le génial « It’s Just Begun » sorti au Printemps 1972 sur le label RCA.

Né le 22 juin 1943, son apprentissage musical se fait au sein de diverses formations de doo-wap comme les Teenchords de Lewis Lymon ( le frère du chanteur Frankie Lymon). Ce dernier est mis sur la touche et c’est Castor qui prend sa place à la tête des Teenagers en 1957. A partir de 1960, Jimmy se concentre sur la pratique du saxophone et passe son adolescence en tant que musicien de studio et de scène.

Il accroche par la suite les charts avec un instrumental à la forte saveur latino « hey Leroy your mama’s callin you » sorti en 1966, mais le succès est de courte durée et Jimmy Castor retrouve l’anonymat et le chemin des studios d’enregistrement jusqu’ à la fin des années 60. Après des passages éclairs dans diverses maison de disques (Compass, Capitol et Kinetic), il crée sa formation le « Jimmy Castor Bunch » au début des 70’s. Le line-up comprend le batteur Bobby Manigault, le bassiste Doug Gibson, le guitariste Harry Jensen,le percussionniste Lenny Fridie Jr et le trompettiste Gerry Thomas.

Initialement signé par la maison de disques Columbia, le groupe enregistre un incroyable concept album. Mais accaparé par des artistes comme Sly& The Family Stone, Santana ou Chicago, le projet au final n’est pas soutenu par le label. Castor propose de racheter les bandes et démarche le label RCA qui donne son feu vert pour la commercialisation de « It’s Just Begun » qui sortira en Mars 1972. Pour un premier album, « It’s Just Begun » est un vrai chef d’œuvre ponctué de touches latines, doo-wop ,soul et jazz, le tout agrémenté de zestes psychédéliques. Cependant,un morceau emporte tout sur son passage telle une vague déferlante. En effet « Troglodyte (Cave Man) » mérite à lui tout seul l’achat de cet opus. Au milieu d’un groove poisseux, soutenu par une section rythmique implacable, le tout saupoudré de guitares saturées Castor nous narre le sexisme à la sauce préhistorique, allant jusqu’à imiter tous les personnages récurrents sortant de son imaginaire (comme la bien nommée Bertha Butt).Ce titre est tout simplement l’une des pierres angulaires du funk des 70’s (numéro 6 du billboard et 1 million d’exemplaires vendus) Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

La vie des homosexuels dans les années 70, de la clandestinité à la dépénalisation … vers une normalisation ?

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dissidanse-rose-fragments-de-vies-homosexuelles-a-lyon-dans-les-annees-70Avec deux ouvrages, le sociologue Antoine Idier nous plonge à la fin des années 70. Une époque où les homosexuels, tentent de se regrouper afin de faire entendre une parole et des revendications publiques.

Les alinéas au placard. L’abrogation du délit d’homosexalinéasualité (1977-1982), Paris, Éditions Cartouche,

Dissidanse rose. Fragments de vies homosexuelles à Lyon dans les années 1970, Lyon, Éditions Michel Chomarat.

Jusqu’à la fin des années 70, des régimes discriminatoires contre les homosexuels ont subsisté en France. Ainsi, l’alinéa 2 de l’article 331 du code pénal, abrogé depuis 1982, sanctionnait «quiconque aura commis un acte impudique ou contre-nature avec un mineur du même sexe». Le tout se référant à un acte sexuel sans violence. Pendant ce temps, l’acte hétérosexuel était autorisé à partir de la majorité sexuelle, quinze ans.

Une loi du député gaulliste Paul Mirguet datant de 1960, désignant les «fléaux sociaux», plaçait l’homosexualité au même rang que l’alcool et la prostitution. Le ministère de l’Intérieur, quant à lui, entretenait un fichier des clients des établissements réputés homosexuels.

En 1981-1982, à la suite de l’élection de François Mitterrand à la présidence de la République, disparaissent les dernières mesures réprimant l’homosexualité. La plus emblématique d’entre elles est la disparition – par une loi votée le 27 juillet 1982 et promulguée le 4 août – de l’article 331 alinéa 2 du code pénal qui créait un « délit d’homosexualité ». Mais ces changement législatifs font suite à une mobilisation de longue date : en novembre 1974, Valéry Giscard d’Estaing institue une Commission de révision du code pénal. À ce moment, intellectuels et philosophes, Michel Foucault par exemple, vont porter devant la commission. En 1977, des recommandations pour abaisser la majorité sexuelle et supprimer les mesures de discrimination qui existent, à ce sujet, à l’encontre des pratiques homosexuelles. Là où le mineur est présumé non-consentant et l’homosexuel réputé coupable de subornation, Michel Foucault propose que cette circonstance soit laissée à l’appréciation du juge et que «la liberté de l’un et l’autre des partenaires à une relation sexuelle est la base nécessaire et suffisante de la licéité de cette relation». A cette époque, des philosophes réfléchissent au statut de l’enfance, et se demandent à partir de quel moment on admet que l’enfant peut exprimer un consentement et que les adultes n’ont plus à se mêler des relations sexuelles ou amoureuses qu’il peut lier avec des enfants ou des adultes. La question de l’âge du consentement est portée par un petit groupe d’intellectuels mais les revendications disparaissent car les mouvements gays ne souhaitent pas s’en emparer. Ils ont conscience que c’est une arme à double tranchant, car « pédophile » est une des insultes qu’on leur oppose…  Ainsi l’ouvrage d’Antoine Idier nous apprend qu’au milieu des années 70, certains sujets, aujourd’hui complètement tabou avaient le mérite d’être abordés, discutés, débattus… ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.
Aurait-on gagné des droits (puisqu’il est bien clair que les droits des homosexuels _mariage, adoption, PMA_constituent, pour tous, un droit à vivre dans une société un peu moins discriminante), mais perdu en liberté de penser et d’expression ? Lire la suite et partager »