Manifestations, Radio : émissions 2012

Notre Dame des luttes

Téléchargez l’émission du 5 novembre avec Françoise Verchère
Écoutez l’émission du 5 novembre avec Françoise Verchère

Opposante de longue date au projet d’aéroport sur le site de Notre-Dame-des-Landes,  Françoise Verchère, élue courageuse et déterminée, nous explique que, contrairement à ce que les « tenants » de l’aéroport affirment, tous les recours ne sont pas épuisés et donc tous les espoirs ne sont pas perdus…il faut continuer de se battre pour empêcher sa construction. Cet aéroport, exemple emblématique du grand projet inutile et imposé, constitue un énorme gâchis tant humain et social que financier et environnemental: il va chasser des habitants là depuis toujours et d’autres, venus construire des alternatives soutenables, opposés à des modèles industriel et de transport qui nous mènent dans le mur. Par ailleurs, à un moment où le gouvernement a choisi de mettre en œuvre une politique d’austérité pour atteindre en 2013 une déficit limité à 3% du PIB, comment peut-il justifier de gaspiller des centaines de millions d’euros, voire plus, pour construire un aéroport dont il n’arrive même pas à démontrer l’utilité sociale et dont le financement va être assuré par un partenariat public privé garantissant un retour sur investissement exorbitant à Vinci? Sur le plan écologique ce projet aura un coût considérable; il va détruire non seulement 1600 hectares de terres agricoles et de bocage prévus pour la construction de l’aéroport, mais aussi des dizaines de milliers d’autres pour les énormes zones commerciales et industrielles qui ne vont pas manquer de s’implanter sur les 20 kilomètres qui séparent Notre-Dame-Des-Landes de Nantes. Ceci réduira la production maraîchère de proximité, la production agricole et la biodiversité.

Chacun peut agir, rendez vous sur les sites dédiés pour connaitre les actions à venir et s’y associer.

http://acipa.free.fr/

http://zad.nadir.org/spip.php?article484

http://lutteaeroportnddl.wordpress.com/

 

Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2012

De quoi Ouattara est-il le nom ? Deux regards libres sur la situation politique (Franco) Ivoirienne

Téléchargez l’émission du 29 octobre avec Grégory Protche et Théophile Kouamouo
Écoutez l’émission du 29 octobre avec Grégory Protche et Théophile Kouamouo

Théophile Koumouo et Grégory Protche sont deux journalistes indépendants, au sens où ils sont attachés à recherche de la vérité. Pour cela, c’est assez simple, il suffit d’un minimum de curiosité, de réflexion et d’investigation.

Avec « On a gagné les élections mais on a perdu la guerre, cinq raisons de ne pas marcher à la victoire de Ouatara« , paru aux éditions du Grigri, Grégory Protche décortique la mécanique militaro-diplomatico-médiatique qui a imposé à la tête de la Côte d’Ivoire, pays sois-disant indépendant, un homme choisi par des puissances étrangères, dont la France. Une version de l’histoire récente qui bienqu’évidente est absente de la presse hexagonale.  Dans « J’accuse Ouatara », paru aux même éditions Théophile Kouamouo revient sur l’histoire de ce « coup d’état », beaucoup plus et mieux préparé que l’on n’a voulu le faire croire. Il a voulu faire partager aux lecteurs son indignation de  journaliste,de citoyen. En effet en tant que spécialiste de l’information sur la Côte d’Ivoire il ne cesse de se rendre compte de la puissance de la machination qui, hier comme aujourd’hui, tente d’imposer comme un fait historique un mensonge fondamental. Alors que la déstabilisation armée de la Côte d’Ivoire a démarré moins de six mois après son départ du Fonds monétaire international et son entrée officielle dans l’arène politique ivoirienne, Alassane Ouattara n’aurait aucune responsabilité politique ou judiciaire dans un drame ivoirien qui a occasionné bien plus que les 3 000 morts officiels de la guerre postélectorale.
L’ouvrage indique aux lecteurs, à titre d’exemples, quelques articles de presse non seulement factuellement mensongers, mais moralement odieux et des rapports d’organisations de défense des droits de l’homme tendancieux, dont certains passages relevent plus de la fiction accusatrice que d’une recension sourcilleuse des faits. Ce livre ne se donne pas pour objectif de recenser tous ces coups portés à la vérité depuis que la vie politique ivoirienne s’est colorée de rouge sang.
Une bible entière ne suffirait pas à les énumérer. L’objectif premier de ce festival du mensonge et de l’omission est de garantir à Alassane Ouattara une impunité de première classe. Et c’est contre cette impunité que ce petit ouvrage va en guerre.

Grégory Protche lit On a gagné les élections… par legrigriinternational

Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2012

L’argent symptôme et outil de la domination d’une classe !

Téléchargez l’émission du 15 octobre avec Monique Pinçon-Charlot
Écoutez l’émission du 15 octobre avec Monique Pinçon-Charlot

Dans ce dernier ouvrage, Monique Pinçon Charlot et Michel Pinçon, sociologues qui ont depuis des années comme objet d’étude  » les riches » expliquent comment l’argent est devenu, par-delà tous les principes moraux ou religieux, et en se jouant des droits humains, la valeur suprême de nos existences individuelles et collectives. Pour les auteurs, le monde est divisé en trois classes : un prolétariat qui subit des formes d’exploitations de plus en plus brutales, des classes moyennes, précarisées, divisées et déboussolées par la prétendue « crise », et la classes dominante, celle qui a gagné – comme disait Warren Buffet – la « guerre » des classes parce qu’elle est solidaire, organisée, et parce que, selon une approche sartrienne, elle est « la seule classe sociale en soi et pour soi. » Aux États-Unis, tout à commencé avec la fin de l’indexation du dollar sur l’or décidée par Nixon, lorsque la devise devint une monnaie de singe, ouvrant au pays la voie de la domination du monde. À la même époque, en France, une loi de janvier 1973 interdit à la Banque de France de prêter à l’État, ce qui permit aux marchés financiers d’accaparer les intérêts des emprunts publics. Depuis la loi du 4 août 1993, à la fin du second mandat de François Mitterrand, proclame en outre l’indépendance de la Banque de France . C’est à dire sa privatisation ! Ainsi la création de la monnaie, de plus en plus en plus scripturale, fut désormais l’apanage des banques privées, et aussi de la grande distribution.

C’est alors qu’il y eut « sécession » (Thierry Pech) entre les riches et les pauvres. Les transactions sur les produits dérivés et les autres produits financiers spéculatifs ont été 74 fois plus importants que le PIB mondial en 2008 (15 fois en 1990). Les grandes banques françaises consacrent aujourd’hui 80% de leur potentiel à la spéculation et seulement 20% à la gestion des dépôts, salaires et pensions de leurs clients ordinaires. Les « riches » prennent bien soin, cela dit, d’investir aussi dans l’économie réelle. C’est pourquoi, par exemple, ils n’ont pas souffert de la crise des subprimes qui a ruiné les classes moyennes états-uniennes. Les agences de notation (comme Fitch, la française, qui appartient à Marc Ladreit de Lacharrière) sont utilisées aujourd’hui comme une arme au service de la puissance des marchés financiers, c’est-à-dire de spéculateurs en chair et en os, pour soumettre les politiques et les peuples à leur cupidité. La raison pour laquelle les dirigeants des grandes entreprises sont désormais à la fois excellemment bien rémunérés et, en même temps au service étroit des intérêts des actionnaires, c’est que, justement, une bonne partie de leur rémunération est versée sous forme d’actions, pire de stock-options. Leur intérêt n’est pas la santé objective des entreprises qu’ils dirigent – et évidemment pas celle du « capital humain – mais leur valeur en bourse. Il leur faut donc, sans même nécessairement créer de la richesse, baisser le « coût » du travail, pousser les gouvernants à réduire les déficits et équipements publics. Ces gouvernants, sociaux-démocrates au premier chef (la Bourse ne s’est jamais aussi bien portée que sous le gouvernement Jospin en 2000), font le « sale boulot » en détruisant les protections sociales, en réduisant légalement les droits des travailleurs, en privatisant les biens publics. Ils sont pilotés par des structures plus ou moins formelles comme le Forum de Davos, le groupe de Bilderberg où la Commission trilatérale. Commission fondée en 1972 à l’initiative du banquier et industriel David Rockefeller, elle fut longtemps dirigée par le conseiller de Jimmy Carter Zbigniew Brzezinski, proche de Henry Kissinger. Parmi ses membres français, on compte François Bayrou, Nicolas Beytout, Patrick Devedjan, Laurent Fabius, Henri Proglio, Hubert Védrine (membre du CA de LVMH, comme son « camarade » socialiste Christophe Girard), Élisabeth Guigou. Cette dernière retrouve Mario Monti, Michel Barnier ou Pascal Lamy au conseil d’administration du think tank des Amis de l’Europe. On se souvient qu’après la démission de Michèle Alliot-Marie lors de la crise tunisienne, elle fut mise en cause pour son amitié pour Aziz Miled, l’un des financiers de l’Ipemed (Institut de prospective économique du monde méditerranée), dont elle démissionna sans tambour ni trompette. La « guerre » des classes est à ce point gagnée par les « riches » que la banque Goldman Sachs peut, sans la moindre vergogne, placer ses hommes à la tête des gouvernements (Mario Monti, Lucas Papademos) et, mieux encore, de la BCE (Mario Draghi). Le triomphe des « riches » est tel qu’un groupe comme LVMH peut posséder 140 filiales dans les paradis fiscaux tandis que les avoirs des familles françaises en Suisse sont actuellement de 80 milliards d’euros. On mettra ce chiffre en regard avec le déficit public de la France en 2011 (91 milliards) ou avec le « trou » de la Sécu (17 milliards), cette construction purement politique et idéologique. Pourquoi les pauvres et les classes moyennes votent-ils à droite ou, au mieux, pour des socialistes complices ? Parce que, selon les auteurs, subissant la violence symbolique, ils ont intériorisé l’idée que les dominants sont à leur place et que le capitalisme libéral est désormais la seule nature possible de l’économie. Un vrai changement présuppose un éveil des consciences et une acceptation de valeurs contraires à celles de l’hyperbourgeoisie au pouvoir. Les choses peuvent rester en l’état pendant encore très longtemps. La classe politique est intimement liée au monde des affaires. Les employés et les ouvriers, qui représentent 52% de la population active, sont quasiment absents des assemblées parlementaires. Cela crée une grande violence symbolique qui explique, pour partie, l’accroissement du vote FN chez les plus défavorisés, dont le nombre a grossi sous Sarkozy : 800 000 enfants français ne peuvent pas prendre un repas protéiné tous les deux jours, ni être chauffés correctement. L’État s’appauvrit par la volonté des politiques, au point que le prochain siège du ministère de la Défense appartiendra à Bouygues. En attendant la suite…

La virtualisation de la monnaie, la dérégulation des marchés, les arrangements entre financiers et politiques, l’exil fiscal et le dumping social sont autant de stratégies dans l’impressionnante panoplie des oligarques qui leur permet de conserver et de consolider leurs privilèges exorbitants Émaillant leurs analyses d’exemples et de propositions concrètes, les auteurs suggèrent de revenir de toute urgence à un encadrement plus strict de l’argent, afin qu’il redevienne ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un bien public.

Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2012

Morgane Merteuil s’insurge contre les dérives paternalistes des tenancières du féminisme.

Téléchargez l’émission du 8 octobre avec Morgane Merteuil
Écoutez l’émission du 8 octobre avec Morgane Merteuil

A 25 ans, Morgane Merteuil est une jeune femme qui n’a pas perdu de temps. Diplômée de lettre moderne, militante dans l’âme et marxienne, au moins, elle est également secrétaire générale du STRASS, car si elle a choisi de gagner sa vie en vendant des services sexuels, elle souhaite qu’à ce métier soit associé des droits et qu’aux de prostituées soit reconnue la capacité de penser par et pour elles-mêmes. Le premier livre de cette féministe convaincue et convaincante vient de paraitre aux éditions « L’éditeur ». Dans Libérez le féminisme !, Morgane Merteuil s’attaque avec une pertinence féroce à celles qui ont accaparé le féminisme et qui , au nom de la sacro-sainte « dignité des femmes », imposent une normalisation des comportements et privent leurs « protégées » de toute capacité d’autodétermination et de liberté ! Ainsi les « putes » et les « soumises », telles que les nomme l’association d’une ex-ministre, ont en commun le fait de devoir être protégées, défendues, ou… stigmatisées, mais en aucun cas écoutées. Classées d’office comme des victimes, elle se voient dénier par les féministes censées les défendre, tout libre-arbitre et toute capacité d’analyse et de choix quant à leur situation. En effet, contre les femmes voilées, contre les prostituées, on légifère sans vouloir les entendre ! Dans ce livre Morgane Merteuil réclame et proclame un féminisme accessible à tous et toutes, et refuse de voir l’héritage du MLF confisqué par une poignée de bourgeoises arrivistes et abolitionnistes. A celles justement qui ont un avis tranché sur la prostitution, Morgane  explique, exemples à l’appui, que ce métier recouvre des réalités bien différentes de celles présentées dans la plupart des médias. Lire la suite et partager »

Radio : émissions 2012, Théâtre

Les liaisons dangereuses au Théatre le Proscenium : un hymne au plaisir… du jeu !

Téléchargez l’émission du 22 octobre avec Samy Cohen, Claire Bisiau, Isabelle Chauvois et Stéphane Voitrin
Écoutez l’émission du 22 octobre avec Samy Cohen, Claire Bisiau, Isabelle Chauvois et Stéphane Voitrin

Une relecture jouissive du célèbre roman épistolaire de Pierre Choderlos de Laclos nous est proposée jusqu’au 28 octobre au théâtre Le Proscenium par Samy Cohen. Sa mise en scène à la fois élégante, moderne et sans prétention et le plaisir manifeste des comédiens qui interprètent la pièce sont les garanties d’une soirée durant laquelle le spectateur se reconnaitra tour à tour en Valmont, Merteuil, Tourvel, Cecile de Volanges, ou même sa maman… En effet, on constate avec surprise et bonheur que les sentiments si judicieusement décrits par l’auteur des Liaisons dangereuses, au 18e siècle, sont universels.

Le texte, très moderne pour l’époque prône la libération de la femme à travers le personnage de Mme de Merteuil, malgré un épilogue célébrant la « Morale ».

Mais courrez plutôt voir le spectacle, vous en sortirez, c’est garanti, avec l’œil pétillant !

 

Lire la suite et partager »

Radio : émissions 2012

Qui a peur de Thérèse Clerc ?

Téléchargez l’émission du 10 septembre avec Thérèse Clerc

Écoutez l’émission du 10 septembre avec Thérèse Clerc

Thérèse Clerc n’est pas une vieille comme les autres. D’ailleurs à 85 ans cette Montreuilloise belle et rebelle,militante féministe de longue date, est bien plus jeune et vive que bien des trentenaires. C’est elle qui a imaginé et porte depuis plus de 13 ans un projet original de maison de retraite  autogérée, réservée aux femmes, pour permettre aux résidentes d’apprendre à vieillir ensemble, en se préservant de la dépendance physique et intellectuelle. La Maison des Babayagas ouvrira en octobre prochain au cœur de la ville de Montreuil. « La Baba Yaga est une sorcière mi blanche mi noire de la mythologie slave. J’ai trouvé que ce nom nous conviendrait bien, même si l’on ne croquera pas les enfants, plaisante Thérèse.  Cette demeure sera un lieu de vie pour vieilles qui veulent rester bien vivantes jusqu’à la mort ». Au total, 21 résidentes qui souhaitent vivre leur vieillesse dans un endroit chaleureux et solidaire, loin de la solitude qui constitue le lot commun de bien des personnes âgées dans notre société, emménageront dans la Maison au mois d’octobre prochain. « Chacune aura son appartement, dont le loyer oscillera entre 205 et 400 euros. Nous disposerons, en bas de l’immeuble, d’un espace de 120 mètres carrés pour organiser les universités populaires ». Il n’y a pas d’âge pour apprendre et exercer son intellect.  Thérèse Clerc qui souhaite mettre en place des débats, avec des intervenants que les résidentes choisiront ensemble, sur des thèmes comme la vieillesse, la mort, mais aussi la décroissance ou d’autres sujets de société. D’autres collectifs de la ville seront également invités, pour échanger les connaissances et les expériences. Bonne vivante, elle prévoit déjà des repas et des apéros de quartiers, en accord avec la devise de la Maison, visible sur le site la Maison des Babayagas : « vieillir vieux c’est bien, mais vieillir bien c’est mieux ». Les quatre piliers sur lesquels reposera la maison sont la solidarité, la citoyenneté, l’écologie et l’autogestion. En s’installant, toutes les résidentes s’engagent à participer collectivement à la vie de la maison et à l’organisation des universités populaires. Le travail collectif a d’ailleurs déjà bien commencé. Si Thérèse Clerc porte une grande part du projet, elle est fortement épaulée par ses compagnes : « certaines sont douées en informatique, d’autres portées sur le juridique. Moi je suis celle qui répand la bonne nouvelle des Babayagas ». La Maison n’accueillera que des femmes. « En tant que féministe, j’estime que la non mixité est plus propice à l’expression et à l’épanouissement des femmes », justifie-t-elle. Hélas, à ce jour, le nom de Thérèse n’est pas ne compte pas parmi ceux des futurs locataires. En effet la Mairie de Montreuil, lui refuse l’accès à ce logement « social », tant qu’elle reste propriétaire de son petit logement … Un appartement dans lequel elle vit depuis plusieurs décennies et qu’elle tient à conserver « au cas où la vie en communauté me pèserait trop, à la longue ». Plusieurs demandes de dérogation ont été envoyées… Avec toujours la même réponse négative. L’initiatrice du projet ne pourra vivre dans l’établissement pour lequel elle se bat depuis 13 ans ! Lire la suite et partager »

Radio : émissions 2012

Halte aux lois d’exception et aux contre-sens à propos des Rroms migrants.

Téléchargez l’émission du 8 octobre avec Cécile Poletti de la CIMADE
Écoutez l’émission du 8 octobre avec cecile_poletti

Cécile Poletti précise tout de suite l’approche qui est celle de la CIMADE : « Nous avons très rapidement fait le choix de ne pas aborder cette question sous l’angle « minorité ethnique Rroms » ; d’une part parce que les personnes que nous rencontrions dans nos permanences ne se présentaient pas comme des « Rroms » mais comme des citoyens de l’Union et d’autre part parce que la République française, une et indivisible, se refuse à reconnaître des droits aux individus du fait de leur appartenance à une « minorité ethnique » ».

La question des discriminations dont ces populations sont victimes du fait de leur appartenance à une minorité est réelle, que ce soit dans leur pays de nationalité ou dans d’autres états européens. Ces traitements discriminatoires doivent être – bien entendu – dénoncés et combattus.  Mais, en France, il faut d’abord accompagner ces personnes dans la défense de leurs droits fondamentaux, attachés à leur statut de citoyens de l’Union européenne. Pour cela il faut lutter contre les préjugés qui les enferment dans une « exception culturelle » qui tend à justifier des lois d’exception. Non, les Roms romains et bulgares ne sont pas des Nomades, beaucoup n’avaient et jamais vécu en caravane avant de s’exiler (la confusion avec les « gens du voyages » est trop souvent faite)… Oui, ils aspirent à une vie « normale » avec un travail et des enfants qui vont à l’école ! Le contexte politique, notamment le discours de Grenoble, prononcé par le Président de la République Nicolas Sarkozy en juillet 2010, et le contexte juridique, deux circulaires du ministère de l’Intérieur, du 24 juin et du 5 août 2010, appelant à « une démarche systématique de démantèlement des camps illicites, en priorité ceux des Roms », ont entretenu les préjugés et les confusions dans l’esprit de l’opinion publique et des acteurs publics. Bien qu’annulée en septembre 2010 compte tenu des réactions européennes et internationales, la circulaire du 5 août 2010 a produit ses effets. Au fil des démantèlements des terrains, les préfectures ont notifiées massivement des obligations de quitter le territoire français (OQTF) aux ressortissants bulgares et roumains présents sur ces lieux. La politique d’éloignement est devenue un outil pour traiter la question de l’occupation illégale des terrains. Cette politique d’éloignement du territoire français telle qu’elle a été déclinée sur les terrains était contraire au droit. D’abord parce que les vérifications d’identité et les notifications de mesure d’éloignement se sont faites de manière collective et stéréotypée, sans examen individualisé et sérieux, sans respect du secret, de l’intimité et de la dignité des personnes. Ensuite, au regard de ses objectifs : cette politique d’éloignement, de lutte contre une immigration qui serait illégale, est devenue un outil pour traiter la question de l’occupation illégale des terrains. Concrètement, il s’agit de contourner les délais accordés par le juge judiciaire aux occupants des terrains pour quitter les lieux en notifiant à ces mêmes occupants des obligations de quitter le territoire français, dont le délai de départ volontaire est d’un mois maximum ; ce délai dépassé, l’exécution d’office de l’OQTF, le retour forcé, peut être décidé par la préfecture. Les préfectures se livrent à un détournement de pouvoir et de procédure. Ce qu’il faut comprendre c’est que le contexte juridique et politique dans lequel s’exercent les droits des citoyens Bulgares ou Roumains est particulier. Parce qu’ils sont des citoyens européens, ces ressortissants bénéficient d’un droit fondamental à la libre circulation et au séjour, à la différence des ressortissants de pays tiers à l’union européenne. Qui dit droit fondamental dit protection élevée de ce droit en ce sens que l’État d’accueil ne peut porter atteinte à ce droit (par une mesure d’éloignement par exemple) que s’il y est contraint pour défendre un de ses intérêts fondamentaux tels que l’ordre public, la santé publique ou les finances publiques. L’éloignement d’un citoyen de l’Union par un État membre doit répondre à une menace réelle, actuelle et grave relevant exclusivement du comportement de l’intéressé. Une politique d’éloignement, fondée sur des raisons de prévention générale, comme cela est le cas en droit commun des étrangers, est interdite à l’encontre de citoyens européens, dans le cadre des engagements des États membres de l’Union. L’éloignement d’un citoyen de l’Union par un État membre doit répondre à une menace réelle, actuelle et grave relevant exclusivement du comportement de l’intéressé. Éloigner du territoire, sous couvert d’un retour humanitaire ou par un retour forcé, un citoyen de l’Union européenne qui dispose d’un droit fondamental à la libre circulation, à la mobilité économique notamment est absurde, sans compter qu’elle est destructrice des efforts engagés par ces concitoyens pour s’insérer en France : scolarisation des enfants, liens avec les acteurs de terrain, associatifs ou institutionnels (assistantes sociales notamment) dans des dynamiques de travail, d’apprentissage de la langue française, d’accès à la santé … Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2012

Rencontre avec Didier Daeninckx, écrivain pour qui les luttes joyeuses n’en sont pas moins fertiles.

Téléchargez l’émission du 24 septembre avec Didier Daeninckx
Écoutez l’émission du 24 septembre avec Didier Daeninckx

Le bus me dépose à Aubervilliers, au bord d’une route départementale. Après quelques hésitations, je m’engage dans une rue aux maisons délabrées, pour certaines, même, à l’abandon… Passé le premier virage, le paysage s’urbanise quelque peu : je passe devant un collège, un centre de formation professionnelle, puis m’arrête devant le numéro que j’avais noté sur mon carnet. Le nom de Daeninckx sur la boîte aux lettres me confirme que c’est la bonne adresse.

Quelques instants après mon coup de sonnette, la porte s’ouvre sur l’homme aux cheveux mi-longs et aux yeux de chats dont j’avais vu l’image sur la quatrième de couverture du « Banquet des affamés ». Il retient tant bien que mal par le collier Dillo, une jeune épagneule bretonne pleine de vie. Précédés par la chienne, nous montons les deux étages de sa maison de ville pour atteindre son bureau. Un espace clair et calme, fonctionnel et assez dépouillé. Manque l’incontournable et pléthorique bibliothèque devant laquelle posent souvent les plumitifs… Ici les livres s’écrivent, parfois durant plus de dix heures par jour, me confiera Didier Daeninckx au cours de la discussion, mais, manifestement, ils ne s’exposent pas ! L’endroit est décidément très sympathique. L’entretien peut commencer ! Lire la suite et partager »

Expositions, Radio : émissions 2012

Marc Perez entre débordement(s) et art de la fuite !

Téléchargez l’émission du lundi 1er  octobre avec marc Perez

Écoutez l’émission du 1er octobre avec Marc Perez

A l’occasion de la présentation de ses œuvres à la Galerie Felli, qui lui consacre une exposition personnelle jusqu’au 27 octobre, le peintre et sculpteur Marc Perez a accepté de se livrer au micro de « Liberté sur paroles ».

Il revient sur son parcours et ses aspirations en tant que peintre, parle, avec retenue, de la peinture, de son rapport à la matière, aux mots…. Et porte un regard acéré sur le  « milieu » de l’art contemporain.

De ses œuvres, Marc Perez renâcle à donner des clés, peut-être par superstition, préférant les livrer brutes au(x) regard(s) des visiteurs. Curieux cependant des interprétations  de chacun, l’artiste prend ainsi la mesure de « ce qui est passé par lui ».

Son atelier est une sorte de lieu exutoire, de chaos fertile où des phrases inspiratrices sont inscrites sur les murs, qui servent aussi de palette. Ici, règne un parfum de liberté reconquise,  propice à la création que Marc Perez ressent comme un élan vital. Nécessaire. Irrépressible.

 

 

 

 

Lire la suite et partager »

Emissions en partenariat avec la revue "Hommes et Migrations", Radio : émissions 2012

L’immigration : une chance pour l’école !

Téléchargez l’émission du 1er octobre en partenariat avec la revue hommes et migrations
Écoutez l’émission du 1er octobre avec Marie Poisot,Kamel Kateb, Bernardo Toro, Nadine Croguennec-Galland et Inès

Un petit mois après la rentrée scolaire, nous avons choisi, dans cette émission en partenariat avec la revue Hommes et migrations d’aborder la problématique des migrations à l’école à travers plusieurs axes :

– les idées fausses sur la scolarisation des enfants de migrants,

-les atouts du multilinguisme et plus généralement de la présence des enfants de migrants pour l’école,

-la manière dont l’histoire de l’immigration est abordée dans les programmes scolaires et les projets mis en œuvre dans les établissements scolaires pour rendre compte de l’altérité, de la diversité des cultures, de la mémoire des migrations.

Pour en parler, avec Marie Poinsot nous avons réuni sur ce plateau :

Kamel Kateb, chercheur démographe à l’Ined, qui travaille sur les caractéristiques de l’immigration algérienne en France et a contribué au dernier dossier le revue France-Algérie : le temps du renouveau,

Bernardo Toro, écrivain d’origine chilienne, qui évoquera une expérience de résidence d’écriture de la région Île-de-France, avec différentes sections du lycée Jean Rostand et leurs enseignants. Son intervention était au cœur d’un dispositif pluridisciplinaire, depuis la littérature à la musique en passant par le théâtre et la vidéo. Trois axes étaient abordés : l’exil et la construction de soi, l’invention littéraire et la réalité sociale, l’effondrement des certitudes. Il a donné lieu à la rédaction de nouvelles par les élèves, publiées dans un recueil intitulé Rue Saint Ambroise.

On entendra également le témoignage de Nadine Croguennec-Galland professeure coordonnatrice du CASNAV*à Paris.

*Centre académique pour la scolarisation des élèves nouveaux arrivants et enfants du voyage. Auteur de

La classe au bout du voyage. le quotidien de jeunes migrants raconté par leur professeur. Éditions L’Harmattan, 2009.

« Ma classe n’est pas tout à fait comme les autres classes, mes élèves ne sont pas tout à fait comme les autres élèves. Ils viennent du monde entier, ils ont souvent traversé des océans, des déserts, des continents… Pour arriver jusqu’ici, ils ont voyagé légalement ou clandestinement, confortablement ou dans les pires conditions. Ma classe est une classe d’accueil, j’y reçois tous les élèves sans distinction, avec ou sans papiers. »

A travers les récits croisés de ses élèves, l’auteure nous invite à partager avec émotion le parcours de jeunes migrants arrivés en France, souvent au péril de leur vie, et pour qui l’école représente l’espoir d’une nouvelle vie. Et on entendra également une élève d’une école du 20e arrondissement parisien qui nous racontera comment est perçu la diversité culturelle au sien de sa classe.

On entendra également, Inès, une élève d’une école du 20e arrondissement parisien qui évoquera la manière dont la diversité culturelle se vit au sein de sa classe. Lire la suite et partager »