Livres, Radio : émissions 2013

L’Algérie au prisme des mémoires conjuguées.

Téléchargez l’émission du 17 juin avec Akram Belkaïd

Écoutez l’émission du 17 juin avec Akram Belkaïd

retours en algerie

Akram Belkaïd est né à Alger, de mère tunisienne et de père algérien. Journaliste et essayiste, il vit et travaille à Paris depuis que, menacé en tant que journaliste durant la guerre civile, il a été contraint à l’exil, ce qu’il raconte dans Un regard Calme sur l’Algérie paru au éditions Le Seuil en 2005.

« Quitter son pays est toujours un échec » écrit-il dans Retours en Algérie, allusion à sa propre histoire, mais aussi à celle de ses compagnons de voyage : un groupe de lecteurs de l’hebdomadaire La vie, Pieds-noirs pour certains, ancien appelés ayant fait la guerre d’Algérie pour d’autres, qui ont souhaité confronter leurs souvenirs à la réalité de l’Algérie contemporaine. Invité par son ami éditeur Jean-Claude Guillebaud, à accompagner le groupe, Akram Belkaid, après quelques moments d’hésitation, décide de se lancer das l’aventure.

Dans Retours en Algérie, il raconte ce périple intime et conflictuel, entre Tlemcen, Oran et l’Algérois (Cherchell, Tipasa, Tibhirine, Alger…), au cœur de l’Algérie d’aujourd’hui : jeune, déglinguée, corrompue, attachante.

Le style est vif et précis, le contenu est didactique et sensible. L’auteur réussit à nous faire à la fois sentir comprendre, la blessure à vif que constitue, même des décennies plus tard, l’exil. Au fil des pages, on réalise que, même s’il est « chez lui » à Paris, l’Algérie reste son pays, dont il se sent « responsable », d’où sa prévention et son attention toute particulière vis à vis des  « pèlerins » qui l’accompagnent. D’où, aussi, sa colère face à la corruption endémique de l’Etat. Mais Akram Belkaid, en décrivant l’incroyable accaparement des richesse par la caste au pouvoir en Algérie, n’oublie pas d’insister sur ces l’existence de ces richesses, et sur l’incroyable potentiel du pays.

Insensiblement, au détour d’une anecdote ou d’un description, le lecteur saisi le sens réel de « l’indépendance », c’est à dire la capacité d’inventer, pour soi un mode de vie et de pensée sensiblement différent de celui imposé, en son temps, par le colonisateur. Un rapport au symbole et au sacré, parfaitement compatible avec une forme de réalisme, poétique, qui échappe aux grilles de la pensée occidentale mais avec laquelle de nombreux ponts sont possibles.  Lire la suite et partager »

Radio : émissions 2013

Les vacances, une parenthèse qui réconcilie !

Téléchargez l’émission du 8 juillet avec Fabienne Chiche, Olivier Vilain et Gilles Caire

Écoutez l’émission du 8 juillet avec Fabienne Chiche, Olivier Vilain et Gilles Caire

convergence-mai_juin-2013-240Le temps des vacances reste une priorité pour les familles. Cependant, avec la hausse du chômage, une part croissante des catégories populaires n’a pas les revenus suffisants pour les financer. L’été est là et pourtant un Français sur deux ne quittera pas son domicile. En particulier, une majorité des mères ou des pères qui élèvent seuls leurs enfants. Les bénévoles du Secours populaire les accompagnent pour que petits et grands puissent s’évader.

Car, comme le confirme  Gilles Caire, universitaire, spécialiste en économie de la protection sociale et en économie du tourisme, le droit au vacances et aux loisirs est un droit fondamental inscrit dans la loi. « L’égal accès de tous, tout au long de la vie, à la culture, à la pratique sportive, aux vacances et aux loisirs constitue un objectif national. Il permet de garantir l’exercice effectif de la citoyenneté… », précise l’article 140 de la loi du 29 Juillet 1998 qui inscrit les vacances et les loisirs comme un objectif national. Un objectif souvent négligé par la classe politique et aussi par les citoyens eux-même qui n’estime n’avoir droit aux vacances que s’ils travaillent. Or, comme le précisent Olivier Vilain et Fabienne Chiche qui ont réalisé le dossier consacré à ce sujet dans le magazine Convergence, ces échappées belles, loin des soucis quotidiens sont indispensables, surtout pour les plus pauvres, afin de retrouver quelques forces pour faire face aux difficultés de la vie.  Lire la suite et partager »

Manifestations, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

Pédale camarade : le nouveau monde est devant toi !

Téléchargez l’émission du 1er juillet avec Sophie Legras et Samy Archimède

Écoutez l’émission du 1er juillet avec Sophie Legras et Samy Archimède

AT2013-AfficheTandis que les champions survitaminés du Tour de France courraient, maillots publicitaires sur le dos, la dernière étape de la Grande Boucle, les premiers participants  à l’ Alter Tour 2013, parcours cycliste en relais accessible à tous, ont pris le départ à Autry-Le-Châtel (Loiret) le 19 juillet à 9h30. A leur rythme, ils traverseront la Nièvre, l’Yonne, la Côte d’Or, la Saône-et-Loire, le Jura, et s’achèvera à Rochejean (Doubs) et seront 205 au total à se relayer sur l’ensemble du parcours.

Face à une société de compétition à bout de souffle construite autour de Grands Projets Inutiles et Imposés (Notre-Dame-des-Landes, LGV Lyon-Turin, etc.), l’AlterTour soutient un autre modèle. Celui d’une société ancrée dans une multitude de petits projets bien plus durables socialement et écologiquement : des Petits Projets Grandement Utiles. Histoire de comprendre que, comme le rappellent Sophie Legras et Samy Archimède, un autre monde est non seulement possible, mais qu’il est déjà en marche, les cyclistes vont allez à la rencontre des acteurs locaux porteurs d’ initiatives « alternatives » : associations de transition énergétique, écolieux, réseaux de semences paysannes, luttes contre les gaz de schistes et l’exploitation forestière industrielle…Ce sont ces alternatives concrètes et ces mouvements de résistance que l’AlterTour met en lumière et soutient en leur rendant visite à vélo.

Vous rêvez d’une autre société ? Elle est à portée de pied ! Venez pédaler, goûter à l’autogestion, partager une belle tranche de vie collective dans la simplicité volontaire ! L’AlterTour est un relais solidaire, ouvert à tous et sans exigence de performance ou de durée !

Parrainé cette année par les agronomes Claude et Lydia Bourguignon et par Aurélie Trouvé, ancienne co-présidente d’Attac, l’AlterTour résiste à l’esprit de compétition Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Welcome to the world of Riot, l’OVNI musical de Motown

Téléchargez la chronique de Vincent Turban du 8 Juillet

Écoutez la chronique de Vincent Turban du 8 Juillet

R-2439121-1284117344 (1)Véritable objet sonore non identifié à mi-chemin entre Santana et Steppenwolf, le tout passé au mixer avec une pointe de soul psychédélique, Riot est malheureusement tombé dans l’oubli comme beaucoup d’œuvres musicales de la même époque. A l’origine de la formation de ce groupe latin-rock, le désir de perpétuer la continuité artistique de Rare Earth, alors en perte de vitesse. Berry Gordy le président de Motown Records (installé depuis fin 1972 à Los Angeles) et Tom Baird (producteur de Rare Earth) s’attelèrent à la tâche. Riot est un savant assemblage de pointures issues de la crème de la scène latino comme Hector Andrade de Caldera, Carmelo Garcia percussionniste de Mongo Santamaria et John De Luna de El Chicano. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Aimé Nouma nous présente ses « pleurs du mâle »

Téléchargez l’émission du 1er juillet avec Aimé Nouma

Écoutez l’émission du 1er juillet avec Aimé Nouma

Aime-COUV

Ne demandez pas à Aimé Nouma d’où il vient, ne cherchez pas à savoir où il va, simplement, fermez les yeux et écoutez le raconter …

Alors, sans avoir à bouger, c’est vous qui le suivrez !

Une fois l’artiste, le Slameur, descendu de la scène, en découvrant les textes de ce recueil, vous vous souviendrez que les mots d’Aimé sont autant de perles parmi lesquels se sont glissés quelques cailloux dont il a sus faire, c’est là son pur talent, les plus beaux joyaux !

Les Pleurs du Mâle est un recueil de poésies slam contenant des chroniques parisiennes commencées à la fin des années 70. Un temps,  où le Sida n’existait pas encore,  où les immeubles n’étaient pas bardés de digicodes et où les caméras n’espionnaient pas en permanence la ville et ses sous-sols. Lire la suite et partager »

Films, Radio : émissions 2013

Michelin : du paternalisme d’une usine familiale au capitalisme sauvage

Téléchargez l’émission du 17 juin avec Paule Muxel et Bertrand de Solliers

Écoutez l’émission du 17 juin avec Paule Muxel et Bertrand de Solliers

michelin

Le documentaire de Paule Muxel, Bertrand de Solliers, « le monde selon Michelin » raconte comment, à la fin du XIXe siècle, deux frères, deux parisiens, un artiste peintre et un petit industriel, s’engagent dans la remise à flot d’une industrie familiale au bord de la faillite en Auvergne. Ainsi débute l’incroyable saga des frères Michelin, Édouard l’artiste se révélant un industriel averti, innovateur, et son frère André un des initiateurs fécond de la publicité et du marketing international moderne. Tous les deux sont des précurseurs, des visionnaires dans leur temps, et pas seulement dans le pneumatique, mais l’aviation, l’organisation des routes, l’avenir de l’automobile, la célèbre Micheline, jusqu’aux produits de pointe qui aujourd’hui équipent la NASA, Boeing, Airbus… Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Roland Gori dénonce la société des faux-semblants !

Téléchargez l’émission du 1er juillet avec Roland Gori

Écoutez l’émission du 1er juillet avec Roland Gori

la-fabrique-des-imposteursRencontre avec Roland Gori, qui, au micro de Martin Schvartzapel, présente quelques éléments développés dans son récent ouvrage : La fabrique des imposteurs.

L’imposteur est aujourd’hui dans nos sociétés comme un poisson dans l’eau : faire prévaloir la forme sur le fond, valoriser les moyens plutôt que les fins, se fier à l’apparence et à la réputation plutôt qu’au travail et à la probité, préférer l’audience au mérite, opter pour le pragmatisme avantageux plutôt que pour le courage de la vérité, choisir l’opportunisme de l’opinion plutôt que tenir bon sur les valeurs, pratiquer l’art de l’illusion plutôt que s’émanciper par la pensée critique, s’abandonner aux fausses sécurités des procédures plutôt que se risquer à l’amour et à la création. Voilà le milieu où prospère l’imposture !

Notre société de la norme, même travestie sous un hédonisme de masse et fardée de publicité tapageuse, fabrique des imposteurs. L’imposteur est un authentique martyr de notre environnement social, maître de l’opinion, éponge vivante des valeurs de son temps, fétichiste des modes et des formes. L’imposteur vit à crédit, au crédit de l’Autre.

Sœur siamoise du conformisme, l’imposture est parmi nous. Elle emprunte la froide logique des instruments de gestion et de procédure, les combines de papier et les escroqueries des algorithmes, les usurpations de crédits, les expertises mensongères et l’hypocrisie des bons sentiments. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Machine Gun : l’arme de destruction sonore des Commodores !

Téléchargez la chronique de Vincent Turban du 1er Juillet

Écoutez la chronique de Vincent Turban du 1er Juillet

comodoresFormation purement funk à ses débuts, évoluant vers un son plus cross over à partir de 1976, The Commodores entrent au panthéon de la musique afro-américaine en 1974 en gravant un véritable uppercut musical pour le compte du label Motown, le terrible « Machine Gun »

En 1967 sur le campus de l’université de Tuskergee Alabama, Thomas Mc Clary (guitare) et Lionel Richie (voix et saxophone) des Mighty Mystics décident d’unir leurs efforts en compagnie de Milan Williams (claviers) et William King (trompette) des Jays. La fusion de ces 2 groupes sera l’acte de naissance des Commodores. Ces derniers se font les dents et décident de tenter leur chance à New-York au cours de l’été 1968 où ils font la connaissance de leur manager, Benjamin Ashburn. Lire la suite et partager »

Emissions en partenariat avec la revue "Hommes et Migrations", Radio : émissions 2013

Migrants en milieux ruraux en Europe : les esclaves invisibles de la production intensive et de l’industrie agro-alimentaire.

Téléchargez l’émission du 1er juillet avec Marie Poinsot, Romain Filhol, Yoanne Lamoulere, Emmanuelle Hellio, Nicolas Duntz et Chantal Crenn

Écoutez l’émission du 1er juillet avec Marie Poinsot, Romain Filhol, Yoanne Lamoulere, Emmanuelle Hellio, Nicolas Duntz et Chantal Crenn

HM-mondes rurauxDans le numéro de juillet de cette émission en partenariat avec la revue Hommes et Migrations, nous allons nous pencher sur les migrations en milieux ruraux. Ces flux migratoires et les réalités sociales et économiques qui s’y rattachent sont loin d’être un phénomène marginal et ponctuel. L’histoire de l’immigration en France atteste au contraire d’une présence ancienne dans certaines régions comme la Picardie, La région Centre et Midi-Pyrénées par exemple. Un phénomène peu connu et peu étudié  parce que resté souvent invisible. De nos jours, les systèmes mis en place par les exploitations agricoles et les entreprises du secteur agro-alimentaire ne peuvent plus se passer de la contribution  de migrants saisonniers extrêmement flexibles, qui sont peu rémunérés, mal logés et qui travaillent dans des conditions souvent précaires voire illégales. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Hacène Belmessous prend le pouls des cités oubliées.

Téléchargez l’émission du 24 juin avec Hacène Belmessous

Écoutez l’émission du 24 juin avec Hacène Belmessous

hacene-belmessous

 Le nouvel ouvrage d’Hacène Belmessous, intitulé Sur la corde raide, le feu de la révolte couve toujours en banlieue (éditions le Bord de l’eau), est le fruit d’une enquête de terrain menée par le sociologue dans deux quartiers de l’agglomération parisienne : la cité Balzac à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) et la Grande Borne à Grigny (Essonne). Après avoir interrogé les habitants, les travailleurs sociaux, les bailleurs , les représentants des services publics et les élus, Hacène Belmessous fait un constat alarmant : ceux qui vivent ici sont des « oubliés de la démocratie »

Depuis les « émeutes urbaines » de l’automne 2005, l’esprit égalitaire républicain a cédé devant ce que les artificiers du « démon des origines » appellent « l’épreuve des faits ». Pour eux, la culture primitive des individus et notre incapacité à « ouvrir grand les yeux » sur ce qui se passent réellement dans ces « cités » expliqueraient le « problème des banlieues ». Ainsi donc, ces « jeunes » sont les responsables de leur sous-condition.sur-la-corde-raide

Cette convergence entre « le problème des banlieues » et les pratiques culturelles de ces habitants d’origine extra-européenne, longtemps développée par le Front national, a atomisé les clivages politiques, s’incarnant même dans le discours scientifique. Évidemment partiale, cette explication des événements confond sciemment ghettos de pauvres et ghettos d’immigrés. Lire la suite et partager »