Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Disparition de Raymond Daniel Manczarek Jr : l’âme des Doors s’est envolée…

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© Copyright 2013 CorbisCorporationMusicien au son si caractéristique, co-fondateur du groupe le plus atypique de l’histoire du rock, the Doors, Ray Manzarek vient malheureusement de nous quitter des suites d’un cancer des voies biliaires, à l’âge de 74 ans.

Né le 12 Février 1939 à Chicago dans une famille d’origine polonaise, le jeune Ray connait ses premiers émois musicaux en prenant des cours de piano classique ou il fait ses gammes. Ses influences premières seront bientôt combinées avec le jazz et le blues dont il est féru. Au début des années 60, il part étudier le cinéma à l’université d’UCLA, ou il côtoie un certain James Douglas Morrison. Dans le même temps, Ray joue avec ses frères Rick et Jim dans un groupe de surf music baptisé Rick and the Ravens.

Bien qu’ils se fréquentent peu, Morrison respectait Manzarek pour avoir refusé de censurer un film tourné avec sa future femme (Dorothy Fujikawa) qui apparaissait toute nue. 1965, scellera à jamais les vies des deux hommes. Jim rencontre Ray sur la plage de Venice Beach en Californie, et le reste appartient à l’histoire. Morrison récite un poème intitulé Moonlight Drive, Manzarek lui dit que ses vers sont les meilleures paroles de rock and roll qu’il ait jamais entendues, et propose dans la foulée de monter un groupe et de gagner des millions de dollars, ce à quoi Jim lui répondit qu’il songeait à ce projet depuis longtemps.

Au cours d’un cours de méditation transcendantale, Manzarek fait la rencontre du batteur John Densmore et du guitariste Robby Krieger. C’est l’acte de naissance des Doors dont le nom est tiré de l’ouvrage de l’écrivain Aldous Huxley, « les portes de la perception ». Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Ibni Oumar Mahamat Saleh : l’alternative démocratique tchadienne sacrifiée.

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Guy-Labertit

Le livre de Guy Labertit est une sorte d’aiguillon contre l’oubli. Cinq ans après la disparition d’Ibni Oumar Mahamat Saleh la recherche (réelle ou feinte) de la vérité n’a toujours pas abouti. Et la justice n’a pas été rendue… Raconter la vie d’Ibni, son ami disparu (sans doute à jamais), est pour l’auteur l’occasion de lui rendre hommage et d’apporter un éclairage sur l’histoire du Tchad.  L’ouvrage « Ibni (1949-2008), une vie politique assassinée au Tcahd » , paru aux éditions du Grigri, porte ainsi autant sur le contexte que sur le personnage d’Ibni lui-même, remémoré à travers les rencontres et les échanges qui ont émaillé la vie des deux hommes.

C’est par l’arrestation d’Ibni que commence le récit, et tout de suite, Guy Labertit se refuse à ménager les responsables politiques français : « Entre le moment de son arrestation et sa mort vraisemblablement liée aux sévices subis peu après son enlèvement, les militaires français sur place qui avaient su tirer d’affaire Idriss Déby Itno (…) étaient en capacité, s’il y avait eu une réelle pression politique de Paris, d’empêcher l’arrestation d’Ibni et de le sauver de cette fin ignoble »

Puis l’histoire reprend à son début : à la première rencontre entre Guy Labertit et Ibni, en 1975, à Orléans. Alors étudiant, Ibni fait partie du Groupe d’information sur le Tchad (GIT) animé par Jacques Guidée. Il milite aussi plus secrètement au sein du Groupe Mahamat Camara (GMC) qui rassemble des étudiants marxistes défendant les objectifs du FROLINAT, parmi lesquels Acheikh Ibn Oumar et Adoum Yacoub Kougou.

En juin 1978, il part pour le maquis. Mais la désillusion est rapide. La lutte d’influence que se livrent la Libye et le Soudan provoque l’explosion du FROLINAT. Ibni est de retour dès janvier 1979. Le GMC est dissout en mai. Ibni choisit d’être enseignant en mathématiques. Il est en Algérie à la rentrée scolaire de 1979, puis à Niamey de 1980 à 1985. Il devient alors observateur d’« une génération sacrifiée sans que l’on discerne vraiment le sens du sacrifice » (p.64). Mais le sentiment de perdre son temps l’amène à épouser l’idée d’une « troisième voie », une opposition civile, démocratique, la forme que prendra son engagement courageux, presque dix ans plus tard. Lire la suite et partager »

Agenda, concert, Radio : émissions 2013

La voix est libre : dix ans de création transdisciplinaire

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visuel-siteJusqu’à jeudi 30 mai, le festival « La Voix est libre » se déroule au Théâtre des Bouffes du Nord. À l’affiche : Thomas de Pourquery, Médéric Collignon ou Louis Sclavis (pour le jazz), Patrick Chamoiseau ou Liao Yiwu (pour les lettres), Kaori Ito (pour la danse), mais aussi le chanteur Arthur H.

Pour sa dixième édition, « La Voix est Libre » confirme plus que jamais sa vocation à favoriser les croisements entre des formes d’expression complètement différentes, entre jazzmen déjantés, chanteuses d’opéra, danseurs vaudou, poètes libertaires, artistes dissidents, trampolinistes.

Blaise Merlin, le directeur artistique de ce festival du « libre-étrange » et de la liberté d’expression, soutient toujours aussi ardemment toutes les formes de subversion et de résistance artistique, en accueillant dans ce théâtre circulaire à l’acoustique extraordinaire, des « réfugiés poétiques » tels que Lire la suite et partager »

Agenda, concert, Livres, Radio : émissions 2013

Sept jours loin du monde : la passion selon Reijasse !

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reijasse-livreDans « Sept jours loin du monde », le receuil de ses chroniques irrégulomadaires sur le site du grigri International, qui parait ces jours-ci aux éditions du grigri, on découvre le journal de bord de Jérôme Reijasse. Agé d’une quarantaine d’années, ce journaliste à la télévision et à « Rock&Folk », réalisateur de documentaires musicaux avait déjà consigné en 2010 ses mémoires de supporter du PSG dans « PARC, Tribune K, Bleu bas » édité chez  L’œil d’Horus, collection « Tard Le Soir ». Aujourd’hui il nous fait partager ses réflexions et ses passions notamment pour le PSG dont il a été un fervent supporter avant que les « nouvelles règles du jeu » imposées au peuple des tribunes ne le pousse à séserter le parc, son « église ». Avec pudeur et (vraie) modestie, Jérôme nous livre ses admirations et ses découvertes, nous donne envie de lire la biographie de Charlie Bauer, de regarder les films de Sacha Guitry, d’écouter Burgalat ou encore d’aller voir Didier Super sur scène… Il célèbre aussi l’amitié, notamment celle qui le lie à son éditeur, Grégory Protche, la paternité, la convivialité d’un repas entre amis… La complicité entre collègues… qui ne va quand même pas jusqu’à lui faire accepter le salariat. Au fil des pages se dessine le portrait en creux d’un garçon ouvert, curieux, mais extrement résistant aux injonctions du prêt à penser,  Lire la suite et partager »

Radio : émissions 2013

Prisonniers politiques : qu’on (leur) lâche les Basques !

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Sur un mur d'Usurbil, des enfants ont peint une fresque réclamant le transfert des prisonniers basques au Pays basque

Sur un mur d’Usurbil, des enfants ont peint une fresque réclamant le transfert des prisonniers basques au Pays basque

Sans complaisance avec une forme de nationalisme bas du front trop souvent synonyme de repli sur soi, de rejet de l’autre, voire de racisme, les militants du Comité de Soutien au Peuple Basque que sont Guillaume Gandelot et Yoann Ifanbert tiennent au contraire à affirmer les valeurs, les spécificités, la langue et le patrimoine culturel du pays Basque comme des richesses à préserver et à partager.

En effet le peuple basque a en commun une langue  (euskara), la plus ancienne d’Europe de l’Ouest, puisqu’elle est antérieure aux langues indo européennes,  et dont l’origine demeure inconnue à ce jour…. Des traditions et des valeurs parmi lesquelles on peut noter la solidarité et l’accueil mais aussi un refus  largement partager du capitalisme financier … « Le pays Basque autonome, ce serait comme avoir Cuba au cœur de l’Europe », déclarait il y a peu un député européen, justifiant ainsi le refus d’accéder à la principale demande des militants : le droit à l’auto-détermination. Autres revendications importantes des Basques :

– la fin de l’éloignement des prisonniers politiques qui, comme l’explique Gaby Mouesca, ancien président de l’OIP (Observatoire International des Prisons), ex prisonnier politique (pendant 18 ans) et actuel porte parole de l’association Harrera, constitue un traitement discriminant et particulièrement dur pour les prisonniers et leurs familles. Lire la suite et partager »

Emissions en partenariat avec Radio Clype, Radio : émissions 2013

Le lycée où l’on danse avec une étoile !

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affiche_fete_lyceeVéritable passeur, Jean Max Méjean, le documentaliste du lycée Georges Brassen (Paris 19e) , fait partager sa passion pour Felinni à ses élèves en organisant la venue dans ce lycée aux horaires aménagés pour les jeunes artistes, d’une grande danseuse et chorégraphe qui a longtemps collaboré avec le cinéaste italien… La danseuse étoile Leda Lojodice est donc venue à la rencontre des élèves pour une master class dansée autour du « Casanova » de Fellini. Il nous raconte cette aventure qui a donné lieu à un reportage de Gwenaele Guillerm pour Radio Clype. L’occasion de mieux connaitre le principe des projets Comenius dont les partenaires sont des établissements espagnol, italien et turc et dont le but  est de travailler avec les élèves sur l’identité européenne à travers les arts. Des élèves et professeurs des lycées ont ainsi pu voyager dans les différents pays participants pour rencontrer leurs partenaires et travailler sur des projets artistiques communs tels que l’apprentissage de danses locales, la création d’un hymne chorégraphié du projet, la mise en scène d’une pièce de théâtre écrite par les élèves du lycée italien… Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Mr Mojo Risin’ ou l’esprit de James Douglas Morrison

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The Doors

Pour célébrer le 40ème anniversaire de la sortie de L.A Woman, l’éditeur Eagle Rock nous gratifie d’un dvd sur la genèse de l’album testament du groupe le plus atypique de l’histoire du rock, The Doors.

Réalisé avec de brillantes interventions des trois Doors (Ray Manzarek , Robbie Krieger et John Densmore) , de Jac Holzman (Pdg du label Elektra), de Bruce Botnick (ingénieur du son) ; le documentaire « Mr Mojo Risin’ » (anagramme de Jim Morrison) nous explique avec précision et images d’archives à la clé la réalisation du chef d’œuvre du groupe de Los Angeles. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Fela Anikulapo Kuti : un artiste de combat(s) !

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fela-kuti Né à Abeokuta le 15 octobre 1938, le musicien Fela Kuti s’est engagé dans un combat contre la corruption, l’oppression dont le peuple nigérian est victime depuis des années.

Considéré comme l’inventeur de l’afro beat (savant mélange de jazz, de musique yoruba et de funk), genre musical considéré comme le plus rebelle du continent africain, Fela critique l’establishment et dénonce ouvertement  dans de violentes diatribes les maux dont sont atteints son pays  ainsi que le continent africain.

Malheureusement, pour le faire taire, la junte militaire au pouvoir l’enverra en prison à maintes Fela-Kalakuta Republic (11)reprises, le battra à la limite de la mort et commettra des raids policiers musclés et des exactions. Mais le 18 Février 1977 est considéré comme le paroxysme.

Les éléments déclencheurs de la furie de la junte militaire du Général Obasanjo sont l’album Zombie de 1976 dans lequel Fela cite ouvertement le chef de l’Etat nigérian, le traitant de voleur. Peu après, en Janvier 1977 le festival des Arts Nègres se tient dans la capitale, Lagos. Non seulement Fela boycotte le meeting, mais il donne une série de concerts gratuits, attirant sur lui l’attention des musiciens et des journalistes de la presse mondiale qui lui consacrent des articles et des reportages élogieux. Ulcéré, le conseil militaire prend la décision suivante : museler cet agitateur qui se moque du pouvoir Lire la suite et partager »

concert, Manifestations, Radio : émissions 2013, Théâtre

Printemps des rues 2013 : place à la création féminime !

Téléchargez l’émission du 13 mai avec Gerard Caballero,Marie-France pernin, Claire Petrouchine et Claire Cabail

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claire ducreux Tandis que  le festival de Cannes suscite la polémique en raison de la quasi absence de réalisatrices dans la sélection officielle, à Paris, sous la pluie, la 16e édition du  Printemps des rues fait la part belle à la création féminine ! Comme nous l’explique Gérard Caballero, son directeur artistique, cette année la programmation de ce festival gratuit de théâtre de rue est quasi-exclusivement féminine…. Histoire de montrer la vigueur et la multiplicité des talents chez ces femmes qui, en groupe comme Le Quartet Bucal avec leur nouvelle création « Les ensorceleuses » s’apprêtent à envouter (ou à désenvouter ?) les spectateurs… en troupe, comme celles de la compagnie La déferlante qui proposent « les Barbues ou de l’insatisfaction politique« , une pièce chorale et surtout très drôle qui revisite Aristophane sans oublier de sérieusement l’écorcher … en fanfare, comme Les sœurs Goudron ou en solo comme Hélène Larrouy, l’irrésistible interprète de « Prisca De Grimon« , ou encore Claire Ducreux (photo), danseuse et poétesse urbaine  au sourire enjôleur….

Un beau programme donc qui regroupe une quarantaine de spectacle autour du Canal Saint-Martin, de l’Hôpital Saint-Louis, le Square Villemin, l’Espace Jemmapes, Jardin d’Eole… Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

La deuxième droite : comment le PS au pouvoir conforte le capitalisme mieux que ses prédécesseurs.

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JP_Garnier_manif_Préfacée par Thierry Discepolo et Eric Sevault, cette nouvelle parution, aux éditions Agone, de La deuxième droite est une clé de lecture essentielle de la réalité politique et sociale contemporaine, un an après le retour du PS au pouvoir. Et si, près de trente ans après sa première édition, ce livre offre une analyse totalement opérante aujourd’hui, c’est moins parce que l’histoire bégaie, que parce que les auteurs ont eu la hauteur de vue de ne pas s’attacher aux hommes, auto proclamés de gauche qui ont mené une politique néolibérale,  issue en droite ligne du programme de leur prédécesseurs, mais à leur « classe » ou caste, qui les avait enfermés dans une vision sans alternative du monde, de la société et du pays qu’ils étaient censés mener sur une nouvelle voie. C’est donc toute la pertinence des analyses marxienne et bourdieusiennes,  utilisées ici par Jean Pierre Garnier et Louis Janover pour décrypter la situation qu’ils vivaient à l’époque qui donne à leur travail cette permanente pertinence.deuxieme droite

En requalifiant le parti socialiste de « deuxième droite », ce livre montre comment, dès le milieu des 1980, les socialistes ont accompli leur destin de parti réformateur en même temps que le programme de la première droite : adapter la société française au nouveau stade du capitalisme. Le retour au pouvoir du PS avec François Hollande donne à cette analyse contemporaine du premier septennat de François Mitterrand ( la première édition est parue en 1986), une nouvelle actualité et une double fonction, celle d’un exercice de mémoire et d’une mise en garde pour l’avenir : en surpassant l’injonction faite à la social-démocratie par l’un de ses grands théoriciens – « En finir avec la phraséologie du passé pour oser paraître ce qu’elle est : un parti réformiste »

Le bilan de liquidation du socialisme par ceux-là mêmes qui s’en réclamaient est globalement positif : restauration du taux de profit, réhabilitation de l’entreprise, épousailles de la « France qui pense » et de la «France qui gagne»… de l’argent, fin du divorce Nation-Police-Armée, neutralisation des syndicats, marginalisation du PC, vassalisation de l’intelligentsia, consensus Lire la suite et partager »