Manifestations, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

Véolia, Auchan et Aréva, champions des pratiques douteuses et du cynisme !

Téléchargez l’émission du 25 novembre avec Juliette Renaud
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prix_pinocchioLa sixième édition des Prix Pinocchio organisée par Les Amis de la Terre, en partenariat avec Peuples Solidaires – ActionAid France et le Centre de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID) s’est achevée le 19 novembre 2013 à la Java, où au terme d’un suspens qui durait depuis le lancement du vote public le 15 octobre dernier, se tenait la cérémonie de remise des Prix Pinocchio. Cette année, un nombre impressionnant d’internautes s’était mobilisés pour désigner leurs lauréats parmi les entreprises nominées : plus de 41 000 votes au total, soit plus du double des années précédentes. Veolia, Areva et Auchan sont les grands vainqueurs de l’édition 2013.

Juliette Renaud, chargée de campagne sur la Responsabilité sociale et environnementale des entreprises aux Amis de la Terre, revient sur les exploits des lauréats et des nominés et nous explique les enjeux et la portée d’une telle manifestation.

Veolia a reçu le Prix Pinocchio dans la catégorie « Une pour tous, tout pour moi »  avec 39 % des votes, pour son implication dans des projets de privatisation de l’eau en Inde, en particulier à Nagpur. Alors que la multinationale se présente en héros apportant l’eau aux pauvres, sur le terrain, les échos sont bien différents : augmentation des tarifs, opacité des contrats de partenariat public-privé, retard des travaux, conflits avec les villageois et les élus locaux. Si Veolia semble réussir à retirer des profits de ces projets, l’eau, quand elle arrive jusqu’aux populations, est toujours livrée en camion-citerne…

Dans la catégorie « Plus vert que vert », Areva remporte haut la main le Prix Pinocchio avec 59 % des votes. Il faut dire que la multinationale du nucléaire avait osé l’inimaginable : ouvrir « Urêka », un musée à la gloire des mines d’uranium, et ce, sur le site d’anciennes mines du Limousin qui ont laissé un lourd passif environnemental et sanitaire. « Entrez dans l’aventure de l’uranium », propose ainsi Areva, sans aucun complexe par rapport aux graves impacts sociaux et environnementaux que continuent d’avoir ses mines d’extraction d’uranium dans le monde entier, notamment au Niger et peut-être bientôt sur le territoire des Inuits.

Enfin, avec 50 % des votes, le Prix Pinocchio de la catégorie « Mains sales, poches pleines »  a été décerné à Auchan. Le numéro 2 de la grande distribution en France refuse de reconnaître sa responsabilité et de participer à l’indemnisation des victimes de l’effondrement des usines textiles du Rana Plaza au Bangladesh, alors que des étiquettes de ses vêtements ont été retrouvées dans les décombres de cet accident qui a fait 1133 morts et encore plus de blessés, essentiellement des femmes. Auchan a admis qu’une partie de sa production y avait été sous-traitée de manière informelle et s’en dit victime. Or les entreprises donneuses d’ordre, comme Auchan, imposent à leurs fournisseurs des conditions intenables qui favorisent le phénomène de sous-traitance informelle. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Sept Américains à Paris : le Lafayette Afro Rock Band

Téléchargez la chronique de Vincent Turban du 25 novembre

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LafayetteAfroRockBandFormation quasiment inconnue dans sa patrie d’origine mais source inépuisable de samples pour des artistes hip hop tels le Wu Tang Clan, LL Cool J ou Public Enemy, le Lafayette Afro Rock Band est devenu le digne représentant du funk hexagonal de 1971 à 1978. Formé à Roosevelt Long Island en 1970, cette hydre musicale à 8 têtes évolue sous le nom de Bobby Boyd Congress avant de migrer vers la France car la scène funk New Yorkaise est saturée en ce début des années 70. Installés dans le quartier de Barbès, ils se font remarquer par des prestations live de premier ordre et attirent l’œil du producteur Pierre Jaubert qui les prend sous son aile en devenant le groupe de son studio Parisound.

Sans doute influencé par l’atmosphère africaine de leur entourage, le groupe mixe avec soin les textures, les schémas de la musique afro et les influences jazz et funk américaines et se rebaptise Lafayette Afro Rock Band en 1972. Dans la foulée et sous le pseudonyme d’Ice, l’album Each Man Makes His Destiny est publié en France par le label Kendzie et sort aux USA distribué par Fantasy. Lire la suite et partager »

Films, Livres, Radio : émissions 2013

Louis Joinet : homme de foi et de loi !

Téléchargez l’émission du 18 novembre avec Louis Joinet
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Louis-JoinetLe parcours de Louis Joinet qui nous livre ses souvenir dans « Mes raisons d’Etat, mémoires d’un épris de justice » (aux éditions La découverte), est remarquable tant par son éclectisme que par sa remarquable cohérence. Après une enfance marquée par la Seconde Guerre Mondiale, l’Occupation et les bombardements à Nevers, où ses parents tiennent une épicerie, le jeune homme arrive à Paris, au début des années 1950, où il devient l’un des premiers éducateurs de rue pour enfants en difficulté. Appelé sous les drapeaux pendant la Guerre d’Algérie, Louis Joinet, affecté à l’enseignement des sous-officiers de carrière, vivra des moments dont il n’aura de cesse de tirer des enseignements tout au long de sa vie et de sa carrière. En mars 1961, il retourne à Paris, où il étudie le droit et intègre l’école nationale de la magistrature en décembre 1963. En stage à l’instruction au TGI de Paris, il participera, aux côtés du juge Zollinger, à la plus grande partie de l’affaire Ben Barka.

Passionné de droit, qu’il s’acharnera toujours à faire coïncider avec la justice,  il fonde, avec d’autres, le syndicat de la magistrature avec pour ambition d’informer le grand public sur le fonctionnement de la justice, et de restaurer la confiance des citoyens envers l’institution judiciaire. Cela conduit Louis Joinet à dénoncer le mystère qui entoure  l’administration pénitentiaire lorsque des émeutes éclatent en 1972 dans les prisons françaises.

Au fil des pages de son livre, on découvre en homme fidèle à ses amis, ceux des la Revue Esprit comme Foucault ou les saltimbanques, comme Ariane Mouchkine du Théatre du soleil et très soucieux de ne jamais décevoir Germaine, la femme de sa vie, une médecin militante au caractère aussi généreux que passionné.  Pour cet homme dont l’intégrité, jamais, n’a été prise en défaut, tirer de chaque expérience des enseignements qu’il met au service de tous est quelque chose de naturel ! Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013

Syndicats : comment leur financement les empêchent d’être un réel contre-pouvoir ?

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syndicatsAprès L’argent noir des syndicats, paru en 2008 (Ed. Fayard), Roger Lenglet et Jean-Luc Touly poursuivent dans  Syndicats, corruption, dérives, trahisons (Ed. First) leur travail d’investigation et de décryptage d’un système de financement délétère des syndicats qui conduit ces « corps intermédiaires » à agir parfois en défaveur de leurs adhérents. En effet, le financement des syndicats ‘est largement assuré aujourd’hui par les entreprises et l’Etat, et  les cotisations ne représente plus que la portion congrue (moins de 5%), ce qui constitue ni plus ni moins qu’un « conflit d’intérêt » et explique différentes pratiques « douteuses » : publicité surfacturées dans les revues syndicales, emplois fictifs, gestion hasardeuse des comités d’entreprise ou des organismes paritaires, aides directes des employeurs…

A travers de nombreux exemples rapportés par des lanceurs d’alertes, des hommes et des femmes intègres qui refusent de se laisser corrompre et souvent le paye très cher(harcèlement, licenciement, menaces…), les auteurs révèles ces pratiques et leurs conséquences en terme de désaffection des syndicats et d’affaiblissement pour ne pas dire d’annihilation des luttes nécessaire pour les droits et  les intérêts des salariés. Mais au delà ce ce constat alarmant, Roger Lenglet et Jean Luc Touly esquissent des pistes afin de redonner aux syndicats la liberté et les moyens d’agir, en s’appuyant sur leur base, composée de militants, pour la plupart, sincères et engagés. Loin de chercher à discréditer le syndicalisme, ce livre affirme au contraire sa force potentielle, qui peut être mesurée à l’aune des moyens considérables mis en oeuvre par les patrons pour les corrompre et en saper la légitimité ! Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Matata Air Fiesta : La réponse kenyane au Godfather Of Soul

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image_m0Distingué par le Service Monde de la BBC comme le meilleur groupe d’Afrique, Matata (qui signifie « bruyant » en swahili) n’est malheureusement pas reconnu à sa juste valeur face à des poids lourds de la musique africaine comme Fela Kuti ou Manu Dibango. Originaire du Kenya, cette formation crée par le guitariste compositeur Jeik Kalunga et le percussionniste Patrice Oluma prend son envol en 1963 au sein du Brilliant Club situé à Nairobi. Décidés à tenter leurs chances hors d’Afrique, le groupe atterrit à Londres au début des années 70 et se forge une excellente réputation, grâce à son subtil mélange de jazz, de soul, et de groove afro funk.

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Brouck et Madassa célèbrent la Liberté de circuler avec une BD !

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liberte-de-circuler-voyage-au-mali-avec-madassa-ex-sans-papiers A près des années de lutte pour obtenir ses papiers, c’est le temps du retour au pays pour Madassa, qui n’a pas revu sa famille restée au Mali depuis plus d’une décennie. Le dessinateur Brouck, qui avait déjà suivi et soutenu à la force du crayon les travailleurs sans papiers en grève dont Madassa faisait partie, a accepté l’invitation de ce dernier à la suivre jusque dans son village où il peut maintenant retourner voir les siens sans crainte de ne pouvoir revenir en France où il vit et travaille.

C’est le collectif 12, pour les droits des sans-papiers et de sa représentante, Bénédicte Kermadec, qui avaient soutenu les travailleurs sans papier en grève, qui a soutenu le projet de voyage au Mali de Brouck et lui a ainsi permis de nous rapporter son journal de bord dessiné afin de témoigner de la réalité, souvent méconnue des échanges tenus Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

Liberer les memoires des parcours individuels pour construire une histoire commune.

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pascale jamoulleLe livre de Pascale Jamoulle est le fruit d’un enquête de terrain en Seine-Saint-Denis. Deux années durant cette anthropologue qui allie à son travail universitaire une pratique d’assistante sociale au service de santé mentale Le Méridien, à Bruxelles, est allée à la rencontre des migrants récemment arrivés et a également instauré un dialogue avec des familles immigrées de longue date. En se racontant, hommes et femmes, jeunes et parents sortent collectivement du silence. Ils relatent le « travail de l’exil », d’épreuve en épreuve, et questionnent les métissages socioculturels, d’une génération à l’autre, dans les quartiers populaires.

A travers cette parole qui se libère on comprend les dégâts que peuvent faire  les « chapes de plomb » que l’on pose sur leur mémoire individuelle et collective, sur leur vie d’avant l’exil, sur leurs motivations (trop souvent implicitement réduites aux clichés et aux fantasmes entretenus par les médias et certains hommes politiques français), sur leurs singularités. En voulant à tout pris assimiler les nouveaux arrivants, en restant dans le déni de leurs différences on les place dans une situation intenable qui engendre ruptures, violences et conduites « à risques ». Parmi ces personnes, nombreuses sont celles qui vivent une triple rupture : avec leur passé (quand il ne leur est pas transmis), avec leur langue et leur culture d’origine (quand celles-ci sont censées disparaître) et avec la réussite sociale en France (quand elles se sentent mises au ban). La plupart des personnes rencontrées par Pascale Jamoulle ont connu différentes formes de précarité et parfois de violence, liées aux histoires personnelles, mais aussi aux problèmes de séjour, aux dominations de classe, de race et de genre. Ces parcours montrent, en effet loupe, les tensions sociales, les souffrances de l’exil, les impasses du métissage quand prévalent l’aveuglement, le mutisme et les relégations. Il est temps de sortir du déni, pour offrir à chacun la possibilité de tisser des liens avec et malgré ses différences, sa culture, ses origines qui peuvent constituer un handicap pour trouver sa place dans la société française telle qu’elle est. C’est cet effort là, celui de regarder et d’entendre, que nous devons faire pour, enfin… devenir un plus plus républicains ! Lire la suite et partager »

Expositions, Manifestations, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ...

Ville africaine, ville humaine !

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ville-africaineAvec cette exposition documentaire qui investit différents lieux de la ville de Dijon jusqu’au 14 décembre avec des photos, des œuvres d’arts, des performances, des conférences, des rencontres, des sons, des gouts et des odeurs… Sébastien Godret, son concepteur a voulu montrer que la ville africaine, dans sa diversité, traduit autant qu’elle impose un autre regard sur l’espace et le monde, ainsi que sur les relations humaines en son sein.

Ville village, ville fractale, la ville Africaine, contrairement à celle issues d’une « planification » que l’on trouve en Europe, en Amérique ou en Asie, reflète une conception de l’espace et du temps qui lui est propre. Surtout, malgré le manque d’infrastructures notamment en ce qui concerne le système de distribution et de traitement de l’eau et la fourniture en électricité, cet urbanisme à taille humaine est riche d’enseignements pour tous ceux qui, en occident, réfléchissent à des modes de vie compatibles avec un développement soutenable à l’échelle de la planète.

Produite par Archi-DB, en collaboration avec Radiofonies Europe qui en a conçu l’environnement sonore, cette exposition vous fera voyager Lire la suite et partager »

Emissions en partenariat avec la revue "Hommes et Migrations", Radio : émissions 2013

Marocains du monde, pionniers d’une communauté transnationale ?

Téléchargez l’émission du 4 novembre avec Marie Poinsot, Rachid Alaoui, Sophie Pasquet, Leila Delezenne, Myriam Abouzaid, Macarena Nuno et Amal Chevreau

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maroc

photo : © Sophie Pasquet

Peut-on parler de diaspora marocaine ou de «communauté transnationale» pour qualifier la présence de plus de 3,5 millions de ressortissants marocains dans plus de 30 pays d’accueil ? En 2003 la revue a publié un dossier sur les « Marocains de France et d’Europe ». Dix ans après, ce dossier analyse les évolutions récentes de cette diaspora : sa mondialisation, sa féminisation croissante qui n’est plus le fait du regroupement familial, son vieillissement et son enracinement dans les sociétés d’accueil, les dynamiques associatives… Parallèlement, le Maroc est lui-même devenu un pays d’accueil et surtout de transit ; ce qui modifie le rapport au phénomène migratoire.

Il s’agit tout simplement d’apporter un éclairage nouveau sur l’évolution des migrations marocaines dans le monde, avec un regard sur l’aspect historique de ces nouvelles vagues d’immigration vers les pays du nord et leurs évolutions contemporaines qui nourrissent les échanges économiques et culturels des deux côtés de la Méditerranée.

Pour ce faire,  Rachid Alaoui, socio-économiste, coordinateur du dossier,nous expliquer l’histoire de ces migrations depuis la fin du XIXe siècle et notamment pourquoi l’on devrait plutôt parler de « communauté transnationale » et non de « diasporas ».

Sophie Pasquet, photographe indépendante, évoque son reportage sur les jeunes femmes Lire la suite et partager »

concert, Emissions en partenariat avec la Cimade, Expositions, Films, Radio : émissions 2013, Rencontres, débats ..., Théâtre

Migrant’scène 2013 : pleins feux sur les femmes migrantes !

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migrant-scene2013Organisé chaque année par la Cimade, le festival Migrant’ scène, se tient à la Maison des métallos du 15 novembre au 1er décembre.Cet évènement alliant création artistique et réflexion à travers des expositions, concert, représentations théâtrales, projections de films, performances et débats met cette année les femmes migrantes à l’honneur. Elles sont 100 millions dans le monde. Et, bien que  49% des migrants soient des femmes, celles ci sont largement invisibles. Or, souvent, contrairement aux idées reçues elle sont d’autant plus déterminées que le chemin migratoire a été éprouvant, d’autant plus actives qu’elles doivent prouver encore davantage que les hommes, d’autant plus fortes que leur situation et de femme et de migrante les rend plus vulnérables aux discriminations et injustices sociales. Elles existent et agissent pour et par elles-mêmes, tributaires de notre incapacité collective à penser la complexité et la diversité de leurs situations et parcours de vie privée et professionnelle ! Lire la suite et partager »