Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2015

Boobie Knight & the Soulciety : Soul Ain’t No New Thing (1972)

Ecoutez la chronique de Vincent Turban du 26 janvier
boobieUne fois n’est pas coutume, l’année 1972 s’avère comme un millésime d’exception dans l’univers de la musique soul-funk, pour preuve cette arme de destruction sonore sortie dans l’indifférence générale sur le label RCA, l’explosif « Soul Ain’t No New Thing » signé Boobie Knight & The Soulciety. Un album de gros funk qui tâche à la puissance et à l’énergie débordante.
L’investigateur de ce projet musical, le producteur Harvey Fuqua, ex chanteur des Moonglows, ayant travaillé jusqu’ ‘en 1971 pour le compte de Motown et possédant un C.V long comme l’histoire de la musique afro-américaine. Il signe sur RCA et s’occupera par la suite de 2 formations mythiques, New Birth et son backing-band The Nite-Liters, un collectif rassemblant 17 musiciens. Lire la suite et partager »

Livres, Radio : émissions 2015

Sur les toits d’Innsbruck : Valère Straraselki prend de la hauteur

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INNSBRUKRencontre avec Valère Staraselski dont le roman Sur les toits d’Innsbruck vient de paraitre aux éditions du Cherche Midi.

La montagne habite ce livre au plus intime de l’écriture, parfois accidentée du texte, les images surgissantes, comme un paysage apparaissant au yeux du marcheur au tournant d’un sentier. Calé sur le souffle de l’héroïne, le lecteur gravit la montagne, ressent l’effort, puis le plaisir de l’effort.

Mais ce serait mal connaitre Valère Staraselki que de penser qu’il va se contenter de nous faire vivre une belle ballade ! En effet, de la rencontre entre Katerine Wolf, jeune randonneuse autrichienne qui éprouve son corps dans les Alpes Autrichiennes et le français Louis Chastanier, Français, expert en bois, naitra un amour… Progressivement, au rythme de leurs pas et de leurs conversations passionnées. Mais bien plus que cette romance, c’est l’occasion pour l’auteur de développer, à travers les longs monologues de son personnage, une réflexion profonde sur la nature « là où règne l’ordre du monde » et sur la manière dont nos sociétés dites « modernes » courent à leur perte en l’exploitant de manière irresponsable.

Parmi les passages les plus forts de l’ouvrage, la mort d’un chevrette interroge sur la fragilité de l’existence et démontre l’incroyable empathie de Valère Staraselki avec les êtres humains comme avec les animaux, qui se traduit dans l’écriture par la transcription de détails qui révèlent un sens de l’observation presque intimidant.

On comprend alors que la liberté de pensée dont jamais il ne se départi, refusant les dogmes au profit d’une pensée nourrie de grands auteurs, mais toujours « indépendante », est fondée sur un amour vrai des hommes et le désir profond de parvenir à « faire société » sur des bases de justice et de coopération.

Valère Staraselski, écrivain, journaliste. Mai 2012. Salon d'Arras.Valère Staraselski est un écrivain et essayiste français, né le 18 janvier 1957 à Créteil, en Île-de-France.
Il commence à travailler très jeune et enchaîne différents Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2015

Ellington Fugi Jordan

Ecoutez la chronique de Vincent Turban du 19 janvier
fugiDécidemment, la culture soul-funk de la grande époque est un puits de découvertes sans fond, dans le sens où chaque découverte sonore vous assomme tel un boxeur groggy dans les cordes. C’est le cas avec cet album enregistré en 1969, mais seulement exhumé et publié des archives de Chess Records en 2005, par le label Tuffcity sous le titre « Mary don’t take me on no bad trip ».
Le responsable de cette gifle funk à coloration psychédélique et clairement influencé Jimi Hendrix se nomme Ellington Jordan, surnommé Fugi. Originaire de Californie, ce chanteur/compositeur et pianiste se fit connaître grâce à un tube écrit pour la grande Etta James en 1967 « I’d Rather Go Blind ». Lire la suite et partager »

Emissions en partenariat avec la revue "Hommes et Migrations", Radio : émissions 2015, Rencontres, débats ...

Les migrants à Paris : une topographie inattendue

Téléchargez l’émission du 5 janvier avec Marie Poinsot, Marie Chabrol et Serge Weber

Ecoutez l’émission du 5 janvier avec Marie Poinsot, Marie Chabrol et Serge Weber

 

chateau rougePour cette première émission de l’année 2015, en partenariat avec la revue Hommes et Migrations nous abordons la façon dont Paris compose avec les flux migratoires ? Comment la ville est-elle construite aussi par ces présences anciennes et nombreuses ? Curieusement, si Paris a de tout temps attiré des populations étrangères, aux profils et aux origines nationales très divers, qui ont largement contribué à son rayonnement, la question de leur ancrage territorial et économique est aujourd’hui moins connue. En croisant les processus de rénovation urbaine qui affecte de nombreux quartiers populaires parisiens depuis les années 1970, ceux de « gentrification » (ou embourgeoisement) qui s’en est suivie, avec la question d’un cosmopolitisme de plus en plus visible, c’est la particularité d’une équation parisienne de l’immigration qui se pose à nous.

Pour tenter de l’éclairer :  Serge Weber, géographe et Maître de conférences à l’université de Marne la Vallée détaille, en reprenant les résultats du recensement général de la population de 2008, nous présente une cartographie actualisée mettant en lumière la large palette des rapports entre logiques migratoires et résidentielles. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2015

Mowest Records (1971-1973) : l’accident industriel de La Motown

Ecoutez la chronique de Vincent Turban du 12 janvier
mowest1971, Berry Gordy Jr, le charismatique fondateur du célèbre label Motown Records, décide de couper les ponts avec Detroit en déménageant vers la Côte Ouest et Los Angeles. Progressivement, les infrastructures migrent vers la Californie, et en attendant l’établissement complet de la maison de disques, le grand patron ouvre une filiale à L.A afin de capter l’essence du son californien. C’est l’acte de naissance de Mowest Records.
Le but du manitou de la soul music est de repérer de nouveaux talents, tout en les confiant à une équipe de producteurs/arrangeurs de premier ordre tel Gene Page, Hal Davis, Willie Hutch pour citer les plus connus, et de musiciens, Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2015

Stone Flower Records (1969-1970)

Ecoutez la chronique de Vincent Turban du 5 janvier
Stone Flower RecordsAprès la sortie de l’album « Stand », suivi d’une prestation de premier ordre au célèbre festival de Woodstock, Sly & The Family Stone, joyeuse tribu multiraciale et mixte, porte étendards du groove et du funk devient le groupe le plus populaire du pays de l’Oncle Sam. Pourtant son leader, le génial Sly Stone décide de partir explorer des univers musicaux radicalement différents voire visionnaire pour son temps.
C’est l’acte de naissance du label Stone Flowers, crée en collaboration avec son manager David Kapralik, ce dernier obtient un deal de distribution avec la major Atlantic Records. La première production de la toute jeune structure est siglée Scepter Records Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Non classé, Radio : émissions 2015

Clarence Carter

Ecoutez la chronique de Vincent Turban du 8 décembre
clarence-carterUtilisant avec maestria le double sens, chers aux bluesmen, dans ses titres et traitant des sujets encore tabous comme l’adultère, le tout ponctué de rires sarcastiques devenus un de ses gimmicks vocaux les plus reconnaissables, Clarence Carter est un grand nom de la soul music qui mérite une reconnaissance digne de ce nom pour sa remarquable carrière débutée il y a de ça 52 ans.

Né Clarence George Carter le 14 Janvier 1936 à Montgomery, Alabama, il est aveugle depuis sa plus tendre enfance. Il suit sa scolarité dans divers établissements spécialisés et finit par décrocher en 1960 une licence en sciences musicales. Décidé à se lancer comme chanteur, il forme avec son ami Calvin Scott le duo vocal Clarence&Calvin qui finit par enregistrer pour Fairlane Records « I Wanna Dance But I Don’t Know How » en 1962. Lire la suite et partager »

Non classé

Pinar Selek « Mon procès sera une tribune pour relayer toutes les luttes pour la démocratie »

Téléchargez l’émission du 24 novembre avec Pinar Selek

Ecoutez l’émission du 24 novembre avec Pinar Selek
pinar selekAux prises avec les autorités de son pays depuis 16 ans dans une affaire judiciaire emblématique de la répression que subissent intellectuels, universitaires étudiants, artistes et journalistes en Turquie, la sociologue exilée en France éclaire le contexte dans lequel s’ouvre son nouveau procès le 5 décembre prochain. Ardente militante féministe, elle sera particulièrement mobilisée ce 25 novembre pour la journée internationale contre les violences faites aux femmes. Interview.

Après plus de 15 ans de bras de fer avec la justice de votre pays, trois acquittements (2006, 2008,2011), suivis d’une condamnation à perpétuité (2013), le tout placé sous le sceau de l’arbitraire, votre nouveau procès va s’ouvrir le 5 décembre, considérez vous cela comme une bonne nouvelle ?

Pinar Selek : Comme ce procès s’inscrit dans un contexte général de déni de justice en Turquie et que, bien malgré moi, je suis devenue une sorte de symbole de la résistance contre la persécution dont sont victimes de nombreux militants et intellectuels dans mon pays, je me dis qu’il s’agit d’un marathon et qu’il faut que je le courre jusqu’au bout et que je fasse tout pour le gagner.

Tous les militants pour la liberté sont menacés par la justice, donc le terrain judiciaire est devenu un lieu de manifestations et de lutte pour la démocratie. La bonne nouvelle c’est que mes avocats ont réussit à faire annuler le 11 juin 2014 la condamnation à perpétuité qui avait été prononcée contre moi en 2013. Concernant le procès lui-même, il va se tenir devant un nouveau tribunal, qui a annulé la demande d’extradition me concernant et affirmé que si je venais en Turquie, je ne serais pas arrêtée, mais je reste très méfiante. En tout cas, la visibilité que mes soutiens vont donner à ce procès est une bonne chose.

Vous allez faire de ce procès une tribune ?

Pinar Selek : Mes procès sont toujours des tribunes ! Déjà, avant que je nesois obligée de fuir mon pays, ma cause réunissait, au niveau national, des groupes de militants très hétéroclites allant des universitaires au Kurdes en passant par les enfants des rues ou encore les transsexuels ou les prostitué(e)s… Grace à toutes ces mobilisations, mon cas est devenu très médiatique, d’abord en Turquie, puis à l’international. Tous ces groupes différents me soutiennent car, en tant que Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2014

Mandrill

Ecoutez la chronique de Vincent Turban du 24 novembre
1379973_10151676091050642_1657040312_nCollectif de 7 musiciens aux origines panaméennes, cubaines, portoricaines et antillaises, jouant plus de 22 instruments différents (cuivres, claviers, guitares, conga, guiro, shekere, cowbell …), Mandrill fut au cours des années 70 un des groupes de funk les plus populaires de son temps.
Ils peuvent êtres considérés comme les précurseurs de la world music, grâce à leur cocktail explosif d’influences latino, jazz, rock, soul et funk, Mandrill est également le premier groupe à posséder une section cuivre et des percussions, contrairement à d’autres formations de la même époque.
Formé en 1968 à Bedford-Stuyvesant un quar Lire la suite et partager »

Films, Radio : émissions 2014

La Tunisie à l’épreuve de la démocratie

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Ecoutez l’émission du 3 octobre avec Christophe Cotteret

Democratie annee zeroDémocratie année zéro, le documentaire de Christophe Cotteret sorti en salle  le 5 novembre 2014 revient en détails sur les prémisses de la  révolution tunisienne de 2011, il analyse avec finesse les véritable causes de ce retournement final, qui a conduit à ce qu’à partir de décembre 2010 : « Ce n’était plus le peuple qui était sous surveillance, mais le pouvoir »

En réalité il a fallu bien plus d’un mois et un concours de circonstance favorable pour que cette  « société civile qui s’est opposée à la société politique toute entière » fasse fuir Ben Ali.

C’est à Redeyef, où tout avait commencé bien des années plus tôt que le réalisateur a tout d’abord posé sa caméra. Interrogeant les militants syndicaux qui ont accompagné le mouvement des mineurs dans le bassin minier de Gafsa en janvier 2008, rencontrant les jeunes qui ont fait la révolution de décembre 2010/janvier 2011, Christophe Cotteret et Amira Chebli rappellent dans la première partie intitulée « Résistance » l’histoire de cette révolte, en remontant plus loin que le rôle catalyseur de l’immolation de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid. Les témoignages vont alterner avec les images de téléphones portables partagées sur facebook, tous ces documents produits sur le vif dans l’immédiat et la nécessité, et qui ont mobilisé tout un pays en une accélération de l’Histoire qui a pris tout le monde par surprise.

Democratie Annee Zero_affiche

Comprendre pourquoi et comment la revendication sociale devint revendication politique et s’est faite révolutionnaire (conduisant à la fuite de Ben Ali le 14 janiver), où ce n’est plus seulement un dictateur qui doit dégager, mais tout un régime (Kasbah 1 et 2), permet de saisir ce qui se passe aujourd’hui à l’heure des première élections libre en Tunisie. Pays fier et digne qui, à jamais préfère subir la faim à l’humiliation.

Si ce film porte le titre de Démocratie année zéro, c’est bien qu’il perçoit la révolution tunisienne comme un nouveau départ, celui de la construction politique d’une communauté où parler et participer échappe à la soumission à la vérité d’un autre. C’est dans ces débats qu’elle construit son unité. Les récents événements, de l’adoption d’une Constitution ouverte à la défaite du parti islamiste aux élections législatives d’octobre 2014, confirment que le sang n’aura pas coulé pour rien.

EnnahdhaEn parallèle, on peut voir le documentaire « Ennahdha – Une histoire tunisienne« , du même réalisateur : Dans ce film, ce sont les principales figures du mouvement qui retracent son histoire, de sa naissance en 1978, en réaction à la dérive autocratique du Lire la suite et partager »