Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Machine Gun : l’arme de destruction sonore des Commodores !

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comodoresFormation purement funk à ses débuts, évoluant vers un son plus cross over à partir de 1976, The Commodores entrent au panthéon de la musique afro-américaine en 1974 en gravant un véritable uppercut musical pour le compte du label Motown, le terrible « Machine Gun »

En 1967 sur le campus de l’université de Tuskergee Alabama, Thomas Mc Clary (guitare) et Lionel Richie (voix et saxophone) des Mighty Mystics décident d’unir leurs efforts en compagnie de Milan Williams (claviers) et William King (trompette) des Jays. La fusion de ces 2 groupes sera l’acte de naissance des Commodores. Ces derniers se font les dents et décident de tenter leur chance à New-York au cours de l’été 1968 où ils font la connaissance de leur manager, Benjamin Ashburn. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban

Roy Lee Johnson & the Villagers : la quintessence du funk qui n’a pas suffit à sauver le label Stax

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johnsonEn ce début des années 70, le label Stax basé à Memphis Tennessee sous la direction de son nouveau Pdg Al Bell, décide de varier sa direction artistique et musicale en incorporant progressivement le funk, alors en plein boom. En 1973, un vétéran du blues et du rnb accompagné de 3 jeunes musiciens grave un disque à la sonorité oscillant entre Albert King et James Brown sous le nom de Roy Lee Johnson & The Villagers.

Né le 31 Décembre 1938 à Heard  County en Géorgie, Roy Lee débute sa carrière musicale au sein du groupe The Brassettes qui enregistre un single pour le label EBB en 1957. Son premier coup d’éclat viendra au début des années 60 car il rejoint la formation Doctor Feelgood & The Interns de Willie « Piano Red » Perryman qui obtiendra un gros succès grâce au titre « Mr Moonlight » avec Johnson au lead vocal Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Black Merda, les pionniers du Heavy Funk

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BlackMerdaposter1 Quatuor utilisant parfaitement les explorations sonores de Jimi hendrix et les riffs blues de Muddy Waters, Black Merda fut le fer de lance d’un mouvement appelé black rock,comprenant des formations comme Funkadelic ou The Bar-kays.
Originaires du Mississippi, les frères Hawkins (Anthony et Charles) et VC Lamont Veasey se lièrent d’amitié sur les bancs d’une école élémentaire située à Detroit au début des années 60 et firent la rencontre du batteur Tyrone Hite. A partir de ce moment et sous le nom de The Impacts, ils accompagnent des grands noms de la soul comme Wilson Pickett, The Spinners ou Gene Chandler, et en 1965 le chanteur Edwin Starr les embauchent comme groupe de tournée et se rebaptiseront the Soul Agents.
En 1967, délaissant progressivement les sonorités conventionnelles du rythm & blues suite à la découverte de Jimi Hendrix, Cream et the Who, la formation élargit son spectre musical en électrifiant fortement leur musique. De cette rencontre avec le rock, les Soul Agents graveront sur vinyle un cover de Foxy Lady, considéré comme leur premier enregistrement. Dans le même temps, ils intègrent des paroles engagées en rapport avec la politique raciale menée par l’Etat Américain et les exactions commis par le Ku Klux Clan. Toujours back band d’Edwin Starr qui accepte la nouvelle direction sonore prise par le quartet, ils se lancent pour de bon dans l’aventure funk rock psychédélique en 1968 et se baptisent Black Murder(ou Merda mot d’argot afro américain) suite à la suggestion du bassiste VC Veasey, désireux de montrer que la condition noire est pourrie au pays de l’Oncle Sam.
En 1969, Black Merda devient groupe de tournée pour les Temptations, mais se rend vite compte qu’ils ne sont plus sur la même longueur d’onde sur le plan musical. Malgré tout, le chanteur Eddie Kendricks se lie d’amitié pour eux, et par son intermédiaire, ils rencontrent un certain Ellington Jordan surnommé Fugi. Ils collaboreront sur les compositions  » Mary, don’t take me on no bad trip « ,  » Revelations  » et  » Red Moon  » pour le compte du label Cadet (une filiale du label Chess, basé à Chicago) et enregistrerons un album entier (resté inédit jusqu’en 2005), et sur seule recommandation de Fugi, ils rencontrent Marshall Chess, qui intéressé par la tessiture sonore de Black Merda, leur fait signer un contrat en 1970. Lire la suite et partager »

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Disparition de Raymond Daniel Manczarek Jr : l’âme des Doors s’est envolée…

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© Copyright 2013 CorbisCorporationMusicien au son si caractéristique, co-fondateur du groupe le plus atypique de l’histoire du rock, the Doors, Ray Manzarek vient malheureusement de nous quitter des suites d’un cancer des voies biliaires, à l’âge de 74 ans.

Né le 12 Février 1939 à Chicago dans une famille d’origine polonaise, le jeune Ray connait ses premiers émois musicaux en prenant des cours de piano classique ou il fait ses gammes. Ses influences premières seront bientôt combinées avec le jazz et le blues dont il est féru. Au début des années 60, il part étudier le cinéma à l’université d’UCLA, ou il côtoie un certain James Douglas Morrison. Dans le même temps, Ray joue avec ses frères Rick et Jim dans un groupe de surf music baptisé Rick and the Ravens.

Bien qu’ils se fréquentent peu, Morrison respectait Manzarek pour avoir refusé de censurer un film tourné avec sa future femme (Dorothy Fujikawa) qui apparaissait toute nue. 1965, scellera à jamais les vies des deux hommes. Jim rencontre Ray sur la plage de Venice Beach en Californie, et le reste appartient à l’histoire. Morrison récite un poème intitulé Moonlight Drive, Manzarek lui dit que ses vers sont les meilleures paroles de rock and roll qu’il ait jamais entendues, et propose dans la foulée de monter un groupe et de gagner des millions de dollars, ce à quoi Jim lui répondit qu’il songeait à ce projet depuis longtemps.

Au cours d’un cours de méditation transcendantale, Manzarek fait la rencontre du batteur John Densmore et du guitariste Robby Krieger. C’est l’acte de naissance des Doors dont le nom est tiré de l’ouvrage de l’écrivain Aldous Huxley, « les portes de la perception ». Lire la suite et partager »

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Mr Mojo Risin’ ou l’esprit de James Douglas Morrison

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The Doors

Pour célébrer le 40ème anniversaire de la sortie de L.A Woman, l’éditeur Eagle Rock nous gratifie d’un dvd sur la genèse de l’album testament du groupe le plus atypique de l’histoire du rock, The Doors.

Réalisé avec de brillantes interventions des trois Doors (Ray Manzarek , Robbie Krieger et John Densmore) , de Jac Holzman (Pdg du label Elektra), de Bruce Botnick (ingénieur du son) ; le documentaire « Mr Mojo Risin’ » (anagramme de Jim Morrison) nous explique avec précision et images d’archives à la clé la réalisation du chef d’œuvre du groupe de Los Angeles. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban

L’attentat de la Gare de bologne : autopsie d’un massacre.

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2-agosto-1980

 L’un des attentats les plus sanglants du XXème siècle eut lieu en Italie, les Années de Plomb. L’attaque de la gare de Bologne fait suite à une série d’évènements visant à   la déstabilisation du pouvoir de la démocratie italienne (attentat de la Piazza Fontana en 1969, enlèvement et assassinat du Président du Conseil Aldo Moro en 1978) mais le massacre de Bologne est le point d’orgue de l’horreur car des civils innocents payèrent de leur vie pour des desseins politiques.

En ce 2 Août 1980, le ciel est au beau fixe,une atmosphère de vacances flotte à la gare de Bologne, plaque tournante du trafic ferroviaire pour les villégiatures sur la Riviera Adriatique. En effet, les vacances débutent dans la péninsule Italienne. Dans ce climat d’insouciance, personne ne se doute qu’un drame terrible va se dérouler. Dans la salle d’attente des 2e classe,une valise contenant un engin explosif composé de TNT, de T4 et de Compound B est placé sous une banquette sans que personne ne s’en aperçoive.

À 10h25, une violente déflagration secoue le bâtiment et détruit pratiquement tout l’édifice, le toit s’est effondré, et le train Ancona-Chiasso-Bâle qui attendait à quai est soufflé et partiellement détruit à cause de l’onde de choc.

En un instant, tout bascule dans le sordide, les survivants et les blessés plus ou moins graves, victimes d’éclats de verre et autres s’extraient tant bien que mal des décombres fumantes, la panique s’installe et un silence de plomb recouvre la station de Bologne.

Les premières informations attribuent la catastrophe à l’explosion d’une chaudière. Les pompiers et les ambulances se dépêchent sur le lieu du carnage, des civils aident les secouristes à repérer les blessés et à sauver des vies au milieu d’un enchevêtrement de gravats et de tôles tordues.

Quelques heures plus tard, un premier appel téléphonique anonyme, suivi d’un second revendiquent l’attentat. au nom des NAR (Nuclei Armati Rivoluzionari ou Noyaux Armés Révolutionnaires), groupuscule terroriste d’obédience néo-fasciste, actif depuis Octobre 1977, ayant des connexions avec La Bande De La Magliana, financé par des hold-up et fondé par Valerio Fioravanti ex jeune espoir du cinéma italien. On apprendra par la suite que les Brigades Rouges ont aidé financièrement les NAR pour préparer l’attentat. Lire la suite et partager »

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900 dollars au service de Dieu : l’histoire incroyable de Be thankful for what you got.

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WDVN-NiceEn1972, en répondant naïvement  à une annonce publiée dans le magazine Billboard, un technicien travaillant pour le compte du gouvernement américain, membre des témoins de Jéhovah, se retrouve à prêcher la gloire du tout puissant et à vilipender toutes les âmes perdues, salies par le jeu, la vanité et l’alcool. Ce miracle musical a pour nom William DeVaughn.

Réunissant la somme de 900 Dollars afin de payer la session d’enregistrement  du studio Sigma à Philadelphie, « A Cadillac Don’t Come Easy », rebaptisé par la suite « Be Thankful For What You Got » est gravé pour l’éternité sur vinyle avec la crème des musiciens locaux, le groupe MFSB qui officie à cette époque pour le compte de l’empire Philadelphia International Records.

Section rythmique inouïe (Earl Young à la batterie, Ronnie Baker à la basse, Norman Harris à la guitare, Vince Montana au vibraphone et Larry Washington aux congas), paroles d’une sensibilité remarquable et atmosphère très « mellow groove », ce morceau est distribué par le label Roxbury  sera un énorme best seller au printemps 1974 avec plus de 2 millions d’exemplaires vendus (1er chart soul et 4éme du billboard hit). Dans la foulée et à la demande de sa maison de disque, DeVaughn enregistre l’album éponyme au cours de l’été. Lire la suite et partager »

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L’album « Skin I’m In » : un chef d’oeuvre (presque) inconnu des Chairmen Of The Board… à écouter d’urgence !

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cotbFormé sur casting en 1967 en tant que quatuor vocal comprenant les chanteurs Norman General Johnson, Danny Woods, Harrison Kennedy et Eddie Custis (parti en 1971 suite à des divergences artistiques), Chairmen Of  The Board est, en cette année 1974, un groupe mort depuis 2 ans, malgré une brève reformation de la dernière chance pour graver un opus à la tessiture sonore radicale, l’album Skin I’m In. Conçu dans une ambiance tendue malgré le support du producteur Jeffrey Owen,transfuge de Motown, du groupe Funkadelic pour la section rythmique (Billy Bass Nelson, Bernie Worrell, Tiki Fulwood & Donald Baldwin), les parties vocales sont enregistrées séparément. Johnson, floué  par des royalties impayées, mécontent de la direction artistique prise, ne se sent pas du tout concerné par le projet. Il prépare sa sortie pour lancer véritablement sa carrière solo et démarche Arista Records (le label Invictus était au bord du dépôt de bilan).

En dépit de ce climat, Bowen taille sur mesure un son magistral avec des éléments funk, rock et psychédéliques. Les influences de Norman Whitfield, de Jimi Hendrix et de George Clinton sont parfaitement assimilées.

Le lead vocal est quasiment absent mais Kennedy et Woods assurent à merveille. Ce dernier est tout simplement dément sur le morceau Finder’s Keepers, fruit de la collaboration Bowen-Johnson.

Soutenu par une basse-batterie impitoyable, dynamité par un clavinet omniprésent «à la superstition » ponctué en son milieu par un solo de trombone incroyable exécuté par Mcinley Jackson (Leader de l’orchestre maison the Politicians), ce titre prend la 7ème place des charts Rnb au début de l’été 1973. Les autres faits d’armes de l’album sont Everybody party all night , le titre éponyme Skin i’m in, le mid tempo Let’s have some fun, et la reprise d’un morceau composé par Sly Stone pour le groupe Abaco Dream en 1970, Life And Death, encadré par 2 séquences musicales ou se superposent envolées de synthé moog, nappes de melllotron et basse fuzzée. Un véritable feu d’artifice de soul psychédélique. Lire la suite et partager »

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James Jamerson, le père de la basse moderne

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jamersonMusicien de génie avec un sens du rythme et du groove incroyable, pilier du label légendaire Motown mais esprit tourmenté, James Jamerson, disparu il y a 28 ans, continue d’influencer tous les bassistes de la planète, et ce quels que soient leurs styles.
Né le 29 Janvier 1938 à Edisto Island, en Caroline Du Sud, le jeune James faisait déjà danser les fourmis avec un bâton et un élastique planté dans une fourmilière. Après l’école, Jamerson et ses camarades se réunissaient dans une maison désaffectée où trônait un piano et une contrebasse, c’est le début de l’apprentissage musical au sein du lycée de Northwestern.
Parti pour une vie meilleure dans le Michigan, il débarque avec sa mère à Detroit en 1954. Trouvant des engagements dans les clubs de jazz, il rencontre Berry Gordy, un ancien boxeur, débordant d’ambition et souhaitant créer une maison de disques..
C’est l’acte de naissance de Motown Records (contraction de Motor et Town) et Jamerson est l’un des premiers engagés avec le batteur Benny Benjamin (alias Papa Zita) et le pianiste Joe Hunter, en tant que musicien de studio. Ce noyau constitue les bases de l’orchestre maison, les Funk Brothers.
La grande évolution majeure pour Jamerson est l’adoption de la Basse Fender Precision au début de la décennie 1960. Restant fidèle à la contrebasse lors de ses premiers enregistrements, il passe progressivement à la basse électrique malgré le scepticisme de Lamont Dozier, auteur-compositeur formant le trio imparable avec les Frères Holland ( » je ne veux pas de cette merde  » déclara t’il avant de se raviser en entendant les qualités sonores de l’invention de Monsieur Leo Fender). Lire la suite et partager »

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La blaxploitation, ou l’art de se réapproprier son image !

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960_blaxploitationAu cœur de la décennie 60, la ségrégation raciale, les marches pour les droits civiques et la radicalisation politique de la communauté afro-américaine (Black Power, Black Muslims, Black Panthers) deviennent le creuset d’un genre cinématographique qui influencera des réalisateurs de renommée mondiale : la blaxploitation.
Depuis les débuts du cinéma, les noirs furent caricaturés, moqués, cantonnés dans des rôles de domestiques ou de paresseux. Pire, dans les années 20 et 30 on ne daigna même pas employer des comédiens noirs, préférant grimer des comédiens blancs au brou de noix et les mettre en scène de manière la plus caricaturale qui soit.
Les années 50 et 60 marquèrent une timide évolution avec des acteurs comme Harry Belafonte ou Sydney Poitier mais une fois de plus les rôles sont policés. Tant et si bien qu’à la fin des 60’s, il était temps de changer enfin de partition en radicalisant et en musclant l’industrie cinématographique.

C’est l’acte de naissance de la blaxploitation (contraction des mots « black » et « exploitation »).

L’un des tous premiers films de ce style naissant fut « Cotton Comes To Harlem » en 1970, mais le détonateur fut « Sweet Sweetback’s Baadasssss Song » réalisé par Melvin Van Peebles au début de 1971.Véritable uppercut cinématographique où pour la première fois un afro-américain tue un policier blanc. Lire la suite et partager »