Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Fresh : l’ultime baroud d’honneur de la Family Stone

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tumblr_mdna8b1CmO1qzhoqfo1_1280En 1972, l’excentrique Sylvester Stewart alias Sly Stone est à la tête d’un navire à la dérive. Sa formation, The Family Stone, une des plus populaires du pays,  est totalement mise KO par le comportement exécrable de son leader. Concerts manqués, fréquentations douteuses, sautes d’humeur, paranoïa et consommation industrielle de cocaïne et de PCP sont désormais monnaie courante dans la vie d’un des plus grands génies de la musique funk depuis 1970 et la sortie du sombre « There’s A Riot Goin’ On » l’année suivante. Totalement noyé dans ce brouillard narcotique et malsain, Stone trouve la force d’enregistrer ce qui sera considéré comme son dernier grand disque, l’album Fresh sorti en 1973 sur Epic. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban, Radio : émissions 2013

Sept Américains à Paris : le Lafayette Afro Rock Band

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LafayetteAfroRockBandFormation quasiment inconnue dans sa patrie d’origine mais source inépuisable de samples pour des artistes hip hop tels le Wu Tang Clan, LL Cool J ou Public Enemy, le Lafayette Afro Rock Band est devenu le digne représentant du funk hexagonal de 1971 à 1978. Formé à Roosevelt Long Island en 1970, cette hydre musicale à 8 têtes évolue sous le nom de Bobby Boyd Congress avant de migrer vers la France car la scène funk New Yorkaise est saturée en ce début des années 70. Installés dans le quartier de Barbès, ils se font remarquer par des prestations live de premier ordre et attirent l’œil du producteur Pierre Jaubert qui les prend sous son aile en devenant le groupe de son studio Parisound.

Sans doute influencé par l’atmosphère africaine de leur entourage, le groupe mixe avec soin les textures, les schémas de la musique afro et les influences jazz et funk américaines et se rebaptise Lafayette Afro Rock Band en 1972. Dans la foulée et sous le pseudonyme d’Ice, l’album Each Man Makes His Destiny est publié en France par le label Kendzie et sort aux USA distribué par Fantasy. Lire la suite et partager »

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Promised Heights : le Troisième Chef D’œuvre De Cymande

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CymandeFormation multiculturelle venant de divers pays des Caraïbes tels La Jamaïque, Guyana ou St Vincent, créateurs d’un genre musical appelé « nyah rock » mixant avec maestria le jazz, le funk, le nyahbingi et le rock, Cymande est pourtant un groupe des plus méconnus et les plus sous-estimés de la décennie 70.Samplé par tout une pléiade d’artistes hip-hop tels Mc Solaar, De La Soul ou les Fugees, ils réalisent en 1974 un troisième album pour le compte du label Janus, le génial « Promised Heights »

Venant d’Angleterre mais partis faire carrière aux Etats-Unis, l’aventure débute le 18 Octobre 1971 lorsque le producteur John Shroeder, travaillant en collaboration avec Chess, découvre ce talent brut qui remplace un groupe de rock au pied levé dans un club du quartier de Soho. Bluffé par le professionnalisme de Cymande, Shroeder les prend immédiatement sous son aile et obtient une signature de contrat 1 an plus tard sur Janus Records.

L’album éponyme est réalisé et le single « The Message » atterrit à la 20ème place du Billboard. Dès lors, la griffe sonore de Cymande détonne par rapport aux productions soul et funk de la même époque avec ce mix subtil de percussions tribales saupoudrées de cuivres rutilants, le tout soutenu par une section rythmique impitoyable et une voix chaude gorgée de groove. Les influences rastafari traditionnelles sont présentes car plusieurs membres se revendiquent fils du mouvement de Jah.

La même formule est appliquée l’année suivante sur l’album Second Time Round (1973) qui contient des joyaux comme « Fug » ou « Bird », mais le 3ème LP « Promised Heights » atteint un degré d’exécution et de maturité encore plus exacerbé Lire la suite et partager »

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Brother Soul : la Puissance de la Grosse Pomme

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Brother SoulVille incontournable de la scène funk des 70’s, reconnue pour sa tessiture sonore très urbaine et comptant en son sein des monuments du genre tels Mandrill, Brass Construction, Fatback Band, Creative Funk, Mother Night ou Cross Bronx Expressway pour les moins connus, New York City est un vivier de talents dont est issu la formation Brother Soul, originaire de Morrisania dans le Bronx.

Malheureusement peu connu, ce groupe n’a enregistré que 6 singles, extrêmement recherchés par les amateurs du genre pour divers labels entre 1972 et 1975. Formé à la fin de l’été 1969, le line-up est composé du bassiste-leader James Leroy Harris, des batteurs Philip White et Michael Baxter, des guitaristes Edgar Rodriguez (rythmique) et Emilio Aviles (lead), du claviériste Gregory Minifield, du percussionniste Raymond Ellington, des saxophonistes Steven White et Eddie Cotton et des trompettistes Donald Pinkney et George Ellington.

Brother Soul est un mix parfait entre les JB’s du Godfather Of Soul et Kool & The Gang selon Edgar Rodriguez, et la formation fait ses armes dans les lycées du quartier et les clubs qui sont légion dans cette partie de New York. Grâce à toute cette expérience acquise, le producteur Bill Moore les remarque et décide de les prendre sous son aile. D’abord comme backing band pour The 4th Kingdom puis comme artiste à part entière. Nous sommes alors en 1972 et le groupe enregistre « The Train Song » (Janion Records) qui passera totalement inaperçu. Lire la suite et partager »

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Buari 1975 : un voyage entre le Ghana et les USA

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r5878051141387063Musicien, chanteur, danseur, percussionniste  mais sportif accompli, Sidiku Buari est une sommité de la musique ghanéenne qui accédera à la gloire en réalisant l’incendiaire « Buari » en 1975 pour le compte du label RCA. Né à Accra dans les années 40, Sidiku devient un athlète capé d’une médaille d’argent sur 400m aux jeux panafricains de Dakar en 1963 et d’une médaille de bronze 2 ans plus tard en 1965 avec le relais 4x400m ghanéen à Brazzaville.

En 1966, il met de côté le sport pour un temps en partant étudier aux Etats-Unis, puis étudie la musique à la New York School Of Music et les arts de la décoration intérieure à Chicago. Il retourne néanmoins à ses premiers amours en pratiquant le baseball mais de manière non professionnelle.

Le virus de la musique étant en lui, Buari passe à la vitesse supérieure en 1975 en proposant un album mixant l’énergie brute du funk aux rythmes africains , le tout assuré par des musiciens hors pairs tels Bernard « Pretty » Purdie à la batterie, Gordon Edwards à la basse ou Paul Griffin aux claviers.

Les missiles musicaux sont nombreux comme « Karam Bani », « Iro Le Pa » ou « Advice From Father », et on peut considérer cet opus comme un des meilleurs disques d’afro funk de la décennie. Par la suite, il sortira 2 autres albums « Disco Soccer » (1977) et « Revolution » (1979), puis retournera dans son pays natal en 1984 pour ouvrir un club et dénicher de nouveaux talents. Lire la suite et partager »

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Undisputed Truth : le laboratoire d’idées De Norman Whitfield

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Undisputed TruthQualifiés par leur label et par leur producteur de groupe expérimental, cantonné aux premières parties des grands noms de la Motown, Undisputed Truth ne mérite pas d’être dénigré de la sorte, bien au contraire.

A la fin des Années 60, Norman Whitfield, génial producteur des Tempations radicalise à jamais le son de la vénérable firme de Detroit Michigan en proposant sa vision de la soul en incorporant des éléments psychédéliques issus  du rock. C’est l’acte de  naissance de la « Soul Cosmique » qui grâce au succès de « Cloud Nine » prend son envol et balaie tout sur son passage.

Mais désireux de pousser ses expérimentations sonores, Whitfield, tel un savant fou, a besoin de cobayes. C’est pourquoi il convoque le groupe Undisputed Truth, Lire la suite et partager »

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Wilson Pickett : Escapade à Philadelphie !

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wilson_pickett_1970_02_12Chanteur au tempérament ombrageux, colérique et violent, mais véritable show man capable de mettre à genoux le public grâce à ses capacités vocales hors du commun caractérisé par des hurlements suraigus et à une énergie débordante, « The Wicked Pickett » est encore au sommet des charts en 1970 lorsqu’il décide d’enregistrer un album fabuleux, intitulé tout simplement « Wilson Pickett In Philadelphia ».

 Quatrième d’une famille comptant 11 enfants, Wilson voit le jour à Prattville en Alabama le 18 Mars 1941. Elevé à la dure par une mère qui le bat régulièrement, il trouve refuge dans la musique gospel comme choriste dans une église baptiste et décide de suivre son père à Detroit en 1955. C’est dans cette ville qu’il constitue son premier groupe The Violinaires. 1961, son camarade de classe Willie Schofield lui propose de se joindre aux Falcons, un ensemble vocal à l’excellente réputation incorporant en son sein Lire la suite et partager »

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War : Les années Burdon

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EricBurdonWarMixant avec talent le jazz, le funk, les rythmes latinos et le reggae, War fut une des formations les plus populaires des années 70 avec une pléthore de hits, accueillant en son sein Eric Burdon pendant une courte durée, allant de 1969 à 1971.

1962, deux étudiants originaires du quartier de Compton –South Central, Howard Scott (guitare) et Harold Brown (batterie) lancent un groupe appelé The Creators qui va évoluer avec l’arrivée du bassiste Morris BB Dickerson, du saxophoniste Charles Miller et du clavier Lonnie Jordan en 1965. The Creators font leurs armes dans divers clubs de Los Angeles et des environs et gravent leur premier morceau « Burn Baby Burn » pour le compte du label Dore.

En parallèle, le groupe backe Jay Contreli (saxophoniste et ex-membre de Love), s’enrichit de nouveaux membres, l’harmoniciste danois Lee Oskar et le percussionniste Papa Dee Allen et se rebaptise The Nightshift en 1968. Soudain tout s’accélère au cours de l’année suivante, car le producteur Jerry Goldstein organise une rencontre avec un de ses artistes, l’ex chanteur des Animals Eric Burdon, alors en perte de vitesse. Lire la suite et partager »

Chroniques de Vincent Turban

Dennis Coffey, un voyage dans la soul psychédélique

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Dennis+Coffey++The+Detroit+Guitar+Band+Dennis+Coffey++the+Detroit+GuiGuitariste hors pair et investigateur de l’évolution sonore du label Motown, amorcé par le génial Norman Whitfield à la fin des années 60, Dennis Coffey est pourtant méconnu du grand public, malgré des collaborations prestigieuses. Né à Detroit le 11 novembre 1940, Dennis Coffey apprend la guitare à l’âge de 13ans. Deux ans plus tard, en 1955, il participe à sa première session studio sur le titre « I’m gone » du chanteur Vic Gallon, puis au début des 60’s il rejoint la formation The Royaltones.

Guitariste confirmé doublé d’une bonne réputation d’arrangeur, Coffey travaille pour des labels indépendants comme Ric Tic et backe des gloires de la scène soul de Motor city comme JJ Barnes. 1968, il devient officiellement membre des légendaires Funk Brothers et enregistre un nombre incalculable de sessions, allant des Jackson 5 à Marvin Gaye. Lire la suite et partager »

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Mandré, l’homme qui venait de l’espace !

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michaelandrelewisSorcier de l’électronique, virtuose des synthétiseurs et précurseur du duo Daft Punk, Mandré alias Michael André Lewis est un multi instrumentiste de talent, mais monstrueusement sous-estimé. Pourtant, il fut avec Stevie Wonder l’un des premiers à incorporer les instruments de Robert Moog dans la musique afro-américaine du début des années 70.

Né le 7 Décembre 1948 dans le Nebraska, fils d’un saxophoniste ayant fait ses armes au sein du Count Basie Band, de Fats Domino et de la chanteuse Etta James, le jeune Lewis découvre ses premiers émois musicaux à l’âge de 6 ans au sein des Be Bop’s avec son ami d’enfance Buddy Miles (futur batteur de Jimi Hendrix). Il se fera un nom avec le « Mike Lewis Quartet » qu’il fonde à l’âge de 15 ans, et partagera l’affiche avec des pointures du jazz comme Jimmy Smith ou Jimmy McGriff.

Sa carrière prend de l’ampleur à partir de 1970. Il rejoint à ce  moment-là Buddy Miles et collabore sur son album « Them Changes » pour le compte du label Mercury. De plus, Michael participe à des sessions studios pour les Who ou Patti Labelle. Au cours d’une tournée avec Miles, il fait la connaissance de sa future femme, l’ex Ikettes Paulette Parker alias  Maxayn Lewis, puis fonde dans la foulée le groupe Maxayn en 1972 avec lequel il enregistrera 3 albums pour le compte du label Capricorn jusqu’en 1974. Lire la suite et partager »